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Silburn : l’advaya et l’advaita

samedi 21 avril 2018

De là vient une autre différence non moins importante et qui concerne l’advaya. Chez Śañkara, partisan de l’advaita?, sous sa forme la plus rigoureuse, l’Un-sans-second, seul réel, pure indifférenciation (nirvikalpa) exclut toute tendance à la dualité, au lieu que l’advaya du Trika?, se présentant comme le Tout unique dont rien n’est exclu, englobe advaita et dvaita ; et si le différencié (vikalpa) se déploie, c’est toujours à l’intérieur même de l’indifférencié (nirvikalpa). Tel est le thème sous-jacent à ces hymnes parce qu’il constitue l’expérience la plus haute à laquelle Abhinavagupta? ait accédé ; il donne parfaite satisfaction? à l’esprit? et restitue à l’expression jivānmukti son sens profond de ‘liberté vécue en pleine multiplicité’. On le retrouve dans la Bodhapancadaśikā qui, dès les premiers mots, célèbre le Tout : Cet Un dont l’essence est l’immuable Lumière? de toutes les clartés et de toutes les ténèbres aussi, et en qui ténèbres et clartés résident, est le Dieu souverain même, nature? innée de tous les êtres (1). Cette essence contient le lien et la libération (14) ainsi que les trois énergies : [8] volonté, connaissance? et activité? dont elle est la source indifférenciée (15). Sous l’angle de la félicité, le Bhairavastava expose au verset 6 une idée similaire. L’Anuttarāşţikā enseigne que, même différenciée, l’illusion? n’est autre que la Conscience?-sans-second (3) ; et plus loin elle insiste : tout ici-bas, éternel et transitoire, ce qui est pollué par l’illusion et ce qui est pur dans le Soi apparaît glorieux dans le miroir de la Conscience dès que l’on a reconnu le Soi (8). La Paramārthadvādaśikā précise que la Conscience renferme le conscient comme l’inconscient, Śiva étant le suprême firmament, réceptacle de l’alternative : dualisme et non-dualisme, et vide? lumineux qui éclaire les distinctions d’existence? et d’inexistence. Du point de vue de l’adoration, le Mahopadeśavimśatika ne dit pas autre chose? : « En qui Tu es toi et moi? je suis? moi, en qui Toi seul es, et moi je ne suis pas, et en qui il n’y a ni Toi ni moi, à Celui-là je rends hommage » (2). Du point de vue de l’activité on y trouve encore : « Tu te révèles à Ton gré comme un acteur assumant les rôles qui lui sont propres : veille, rêve, sommeil profond, mais en réalité? Tu ne joues aucun rôle » (10).


Voir en ligne : HYMNES DE ABHINAVAGUPTA