PhiloSophia

PHILO = Apreço + SOPHIA = Compreensão

Version imprimable de cet article Version imprimable

Accueil > Ocidente > Raymond Abellio (1907-1986) > Abellio (SA) – dispor em estrutura

La structure absolue

Abellio (SA) – dispor em estrutura

Introduction

dimanche 12 septembre 2021

ABELLIO, Raymond. La structure absolue. Paris : Gallimard, 1965, p. 20-21

Pour essayer alors de comprendre comment s’impose la présence positive de l’intuition (ou, ce qui revient au même, de la perception) et déterminer quels rapports dynamiques s’établissent par elle entre « sujet » et « objet? », je cherchai à mettre cette perception en « structure », mais non pas seulement en structure bipolaire sujet-objet, ce qui ne donne rien de plus que cette dualité ouverte, car ces deux concepts, dans cette bipolarité simple, sont des essences ultimes et irréductibles. Comment procéder ? En refusant de considérer ces concepts comme « isolables en eux-mêmes ». Il fallait que l’un et l’autre apparussent comme pôles dans leur champ universel respectif. Or il était clair, par exemple, qu’un objet « isolé » quelconque ne peut apparaître que s’il s’enlève sur le fond indistinct du monde?. Il y a une dualité du côté du perçu, et le monde tout entier constitue le second pôle de cette dualité. Mais il en est de même du côté du percevant. Le sujet ne saurait être réduit à son organe des sens : son oil voit, mais c’est son corps tout entier qui perçoit, la perception est globaliste et intègre la sensation « locale », la multiplicité des sens se dialectise et s’intégre dans le Sens. En d’autres termes, l’organe des sens s’enlève sur le corps tout entier comme l’objet sur le fond du monde. Finalement, ce n’est pas seulement à un rapport qu’on? a affaire mais à deux, c’est-à-dire à une proportion. Ce fait est capital?, car, à bien regarder, ce n’est pas le rapport « isolé » qui est l’élément de base du mouvement dialectique, mais la proportion. Ce n’est pas pour rien que Platon faisait de la « médiation », c’est-à-dire de la proportion, la trame du Logos?. Dans nos sciences humaines modernes, on se borne encore à prendre pour élément structural la dualité bipolaire dite couple d’oppositions, c’est-à-dire un rapport. A lui seul ce fait explique que ces sciences n’arrivent pas à se développer dialectiquement. Si leurs « structures » se mettent en mouvement, c’est à la façon d’un couple de forces mécaniques qui n’affronterait pas de couple antagoniste : cette rotation est vide?, elle ne produit aucun travail. Il en est de même dans ce qu’on appelle le raisonnement « par analogie? », que les ésotéristes veulent opposer au raisonnement logico-déductif : l’analogie rapproche deux mots, mais elle ne produit jamais que des images poétiques plus ou moins brillantes mais incoordonnées, qu’on ne peut mettre en discours, un miroitement de points de lumière? vibrant séparément sur la profondeur unie de la mer.

J’arrivai ainsi à la première règle de la structuration : Dans un champ donné, la première « phase » de la structuration consiste à reconnaître quatre pôles répartis en deux couples antagonistes, qui engagent le mouvement dialectique par deux rotations en sens inverses. Cette règle, tout le présent ouvrage essaiera d’en montrer l’universalité. La deuxième « phase » est d’ailleurs synchrone à la première. En effet, les deux rotations en sens inverses appellent la présence d’un axe de rotation lui-même bipolaire qui marque l’ « évolution » ou plutôt l’ouverture du système dans les deux sens opposés de la différenciation et de l’intégration également croissantes du champ. Aucun champ ne pouvant être considéré comme clos, il est nécessaire? que la structure serve en quelque sorte? de charnière commune à tous les champs « successifs » de plus en plus étendus et de plus en plus intégrants, avant d’être, à la « fin » du processus, la structure unique et unifiante de l’univers, c’est-à-dire du champ de tous les champs. C’est donc finalement un ensemble de six pôles dialectiquement liés qui constitue la structure absolue immobile et immuable dont nous voulons retrouver la présence à tous les « niveaux » et dans tous les « ordres » de la manifestation. Aussi l’appelons-nous couramment structure sénaire ou plus simplement le sénaire. Des deux dernières polarités, nous verrons que l’une « descend » et s’enracine dans la multiplicité, l’autre « monte » vers l’unité. Dans le langage? des théologiens, la première indique l’incarnation, la seconde l’assomption. Il nous a paru commode d’employer à ce sujet une représentation géométrique : la structure absolue prend ainsi la forme d’une sphère dont les quatre premières polarités, disposées en croix, occupent le cercle équatorial, cependant que les deux dernières figurent l’axe vertical de la rotation d’ensemble. On sait que les ésotéristes usent et abusent de ces représentations géométriques, notamment des triangles et des croix, qui ne valent évidemment que par leur contenu symbolique et surtout par la mise en mouvement dialectique de leurs polarités.