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ENÉADAS

Plotino - Tratado 46,10 (I, 4, 10) — Independência da intelecção

Enéada I, 4, 10

quinta-feira 9 de junho de 2022, por Cardoso de Castro

Capítulo 10: Excursus destinado a mostrar a independência da intelecção a respeito da representação e das atividades em relação à consciência.

Igal

10 Pero acaso pasa inadvertido para nosotros porque no se ocupa de ninguno de los sensibles. Nos parece, en efecto, que actúa a través de la sensitividad como medianera al nivel de los sensibles y con los sensibles por objeto. Pero ¿por qué la inteligencia no ha de actuar por sí misma? ¿Por qué no también el alma intelectiva  , la que es anterior a la sensación y, en general, a la percepción consciente? El acto anterior a la percepción consciente debe existir, puesto que «pensar y ser son la misma cosa». Y parece que la percepción consciente se da y se origina cuando el pensamiento reflexiona, o sea, cuando el principio que actúa según la vida propia del alma es rebotado, por así decirlo, cual en la superficie lisa, bruñida y en calma de un espejo. Del mismo modo, pues, que la imagen se produce en las superficies de este tipo cuando está presente un espejo, pero, cuando no está presente o no está en ese estado, aun entonces está presente en acto el objeto cuya imagen sería posible, así también, cuando está en calma en el alma lo que en nosotros es como un espejo en que se reflejan las especies de la razón y de la inteligencia, esas especies aparecen reflejadas, y se conoce de modo cuasi sensible, junto con la cognición anterior, que la inteligencia y la razón están actuando. Pero si, por la perturbación de la armonía del cuerpo se rompe ese espejo, la razón y la inteligencia piensan sin imagen, y entonces el pensamiento tiene lugar sin representación imaginativa.

De donde cabe colegir lo siguiente: que el pensamiento suele ir acompañado de una representación imaginativa, sin que el pensamiento sea una representación imaginativa. Es posible comprobar, por otra parte, que, aun estando despiertos, muchos de nuestros actos nobles tanto especulativos como prácticos, cuando pensamos y cuando obramos, no comportan el que seamos conscientes de ellos: el que está leyendo no es necesariamente consciente de que está leyendo, sobre todo cuando lee con intensidad; ni el que obra valerosamente, de que obra valerosamente ni de que actúa, en cuanto actúa, en virtud del valor, y así en mil casos más; tanto es así que la reflexión consciente tiene peligro de desvirtuar los actos de los que se es consciente, mientras que, cuando los actos están solos, entonces son puros y son más activos y vitales; es más, cuando los hombres buenos se hallan en tal estado, su vida es más intensa, porque no está derramada en la sensibilidad, sino ensimismada y concentrada en un mismo punto.

Bouillet

[10] Si l’activité de l’intelligence nous reste cachée, c’est sans doute parce qu’elle n’est pas sentie : car ce n’est que par l’intermédiaire du sentiment que cette activité peut se manifester ; mais pourquoi [même sans être sentie], l’intelligence cesserait-elle d’agir? Pourquoi de son côté l’âme ne pourrait-elle tourner vers elle son activité avant de l’avoir sentie on perçue? Il faut bien qu’il y ait quelque acte antérieur à la perception, puisque [pour l’intelligence] penser et exister sont identiques. La perception paraît ne pouvoir naître que lorsque la pensée se replie sur elle-même; et que le principe dont l’activité constitue la vie de l’âme retourne pour ainsi dire en arrière et se réfléchit, comme l’image d’un objet placé devant un miroir se reflète dans sa surface polie et brillante. De même que, si le miroir est placé en face de l’objet, il se forme une image, et que, si le miroir est éloigné ou qu’il soit mal disposé, il n’y a plus d’image bien que l’objet lumineux continue d’agir; de même, quand la faculté de l’âme qui nous représente les images de la raison discursive et de l’intelligence est dans un état convenable de calme, nous en avons l’intuition, la connaissance en quelque sorte sensible, avec la connaissance antérieure de l’activité de l’intelligence et de la raison discursive; mais quand ce principe est agité par un trouble survenu dans l’harmonie des organes, la raison discursive et l’intelligence continuent d’agir sans qu’il y ait d’image, et la pensée ne se réfléchit pas dans l’imagination. Aussi faut-il admettre que la pensée est accompagnée d’une image sans cependant en être une elle-même. Il nous arrive souvent, pendant que nous sommes éveillés, de faire des choses louables, de méditer et d’agir, sans avoir conscience de ces opérations au moment où nous les produisons. Quand, par exemple, on fait une lecture, on n’a pas nécessairement conscience de l’action de lire, surtout si l’on est fort attentif à ce qu’on lit. Celui qui exécute un acte de courage ne pense pas non plus, pendant qu’il agit, qu’il agit avec courage. Il en est de même dans une foule d’autres cas; de sorte qu’il semble que la conscience qu’on a d’un acte en affaiblisse l’énergie, et que, quand l’acte est seul [sans conscience], il soit dans son état de pureté et ait plus de force et de vie. Quand des hommes vertueux sont dans cet état [où il y a absence de conscience, leur vie est plus intense parce qu’au lieu de se mêler au sentiment elle se concentre en elle-même.

Bréhier

10. Cette action lui échappe sans doute, parce qu’elle ne se rapporte pas à un objet sensible ; car ce n’est que par l’intermédiaire de la sensation qu’il peut rapporter son activité à des objets intellectuels. Mais pourquoi l’intelligence et l’âme intellectuelle n’agiraient-elles pas par elles-mêmes, puisqu’elles sont antérieures à la sensation et à l’impression qu’on en a ? Il faut bien alors qu’il y ait un acte antérieur à cette impression, puisque, pour l’intelligence, penser est la même chose qu’exister. L’impression en a lieu, semblet-il, lorsque la pensée se replie sur elle-même et lorsque l’être en action dans la vie de l’âme est en quelque sorte renvoyé en sens inverse ; telle l’image dans un miroir, quand sa surface polie et brillante est immobile ; le miroir est là, une image se produit ; s’il n’y en a pas ou s’il n’est pas immobile, l’objet qui pourrait s’y refléter n’en est pas moins actuel. Il en est de même dans l’âme ; si cette partie de nous-même dans laquelle apparaissent les reflets de la raison et de l’intelligence n’est point agitée, ces reflets y sont visibles ; alors non seulement l’intelligence et la raison connaissent, mais en outre l’on a comme une connaissance sensible de cette action. Mais si ce miroir est en pièces à cause d’un trouble survenu dans l’harmonie du corps, la raison et l’intelligence agissent sans s’y refléter, et il y a alors une pensée sans image (d’ailleurs on ne pourrait concevoir que la pensée est accompagnée de l’image, si la pensée était elle-même une image). On peut trouver, même dans la veille, des activités, des méditations et des actions très belles que la conscience n’accompagne pas au moment même où nous méditons ou agissons : ainsi celui qui lit n’a pas nécessairement conscience qu’il lit, surtout s’il lit avec attention ; celui qui agit avec courage n’a pas conscience qu’il agit courageusement, tant qu’il exécute son acte ; et il y a mille autres faits du même genre. C’est à tel point que la conscience paraît affaiblir les actes qu’elle accompagne ; tout seuls, ces actes ont plus de pureté, de force et de vie ; oui, dans l’état d’inconscience, les êtres parvenus à la sagesse ont une vie plus intense ; cette vie ne se disperse pas dans les sensations et se rassemble en elle-même et au même point.

Guthrie

INTELLIGENCE IS NOT DEPENDENT ON CONSCIOUSNESS.

10. The reason that intelligence remains hidden is just because it is not felt; only by the means of this feeling can this activity be felt; but why should intelligence cease to act (merely because it was not felt) ? On the other hand, why could the soul not have turned her activity towards intelligence before having felt or perceived it? Since (for intelligence) thinking and existence are identical, perception must have been preceded by some actualization. It seems impossible for perception to arise except when thought reflects upon itself, and when the principle whose activity constitutes the life of the soul, so to speak, turns backwards, and reflects, as the image of an object placed before a brilliant polished mirror reflects itself therein. Likewise, if the mirror be placed opposite the object, there is no more image; and if the mirror be withdrawn or badly adjusted, there is no more image, though the luminous object continue to act. Likewise, when that faculty of the soul which represents to us the images of discursive reason and of intelligence is in a suitable condition of calm, we get an intuition—that is, a somewhat sensual perception thereof—with the prior knowledge of the activity of the intelligence, and of discursive reason. When, however, this image is troubled by an agitation in the mutual harmony of the organs, the discursive reason, and the intelligence continue to act without any image, and the thought does not reflect in the imagination. Therefore we shall have to insist that thought is accompanied by an image without, nevertheless, being one itself. While we are awake, it often happens to us to perform praiseworthy things, to meditate and to act, without being conscious of these operations at the moment that we produce them. When for instance we read something, we are not necessarily self-conscious that we are reading, especially if our attention be fully centered on what we read. Neither is a brave man who is performing a courageous deed, self-conscious of his bravery. There are many other such cases. It would therefore seem that the consciousness of any deed weakens its energy, and that when the action is alone (without that consciousness) it is in a purer, livelier and more vital condition. When virtuous men are in that condition (of absence of self-consciousness), their life is more intense because it concentrates in itself instead of mingling with feeling.

MacKenna

10. Perhaps the reason this continuous activity remains unperceived is that it has no touch whatever with things of sense. No doubt action upon material things, or action dictated by them, must proceed through the sensitive faculty which exists for that use: but why should there not be an immediate activity of the Intellectual-Principle and of the soul that attends it, the soul that antedates sensation or any perception? For, if Intellection and Authentic-Existence are identical, this "Earlier-than-perception" must be a thing having Act.

Let us explain the conditions under which we become conscious of this Intellective-Act.

When the Intellect is in upward orientation that [lower part of it] which contains [or, corresponds to] the life of the Soul, is, so to speak, flung down again and becomes like the reflection resting on the smooth and shining surface of a mirror; in this illustration, when the mirror is in place the image appears but, though the mirror be absent or out of gear, all that would have acted and produced an image still exists; so in the case of the Soul; when there is peace in that within us which is capable of reflecting the images of the Rational and Intellectual-Principles these images appear. Then, side by side with the primal knowledge of the activity of the Rational and the Intellectual-Principles, we have also as it were a sense-perception of their operation.

When, on the contrary, the mirror within is shattered through some disturbance of the harmony of the body, Reason and the Intellectual-Principle act unpictured: Intellection is unattended by imagination.

In sum we may safely gather that while the Intellective-Act may be attended by the Imaging Principle, it is not to be confounded with it.

And even in our conscious life we can point to many noble activities, of mind and of hand alike, which at the time in no way compel our consciousness. A reader will often be quite unconscious when he is most intent: in a feat of courage there can be no sense either of the brave action or of the fact that all that is done conforms to the rules of courage. And so in cases beyond number.

So that it would even seem that consciousness tends to blunt the activities upon which it is exercised, and that in the degree in which these pass unobserved they are purer and have more effect, more vitality, and that, consequently, the Sage arrived at this state has the truer fulness of life, life not spilled out in sensation but gathered closely within itself.