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Masui : la vie intérieure

jeudi 26 juillet 2018

La vie intérieure est une expression un peu vague qui nécessiterait une définition?. Nous n’entendons pas l’employer en opposition à la vie extérieure comme on oppose introverti à extraverti. Nous n’entendons pas davantage la limiter à la seule vie religieuse.

Toute connaissance? extérieure trouve son terme à l’intérieur, dans l’esprit? construisant le monde? à son image. Tout s’assimile et se résout dans le creuset de l’âme, là où s’opère l’identification entre le sujet et l’objet?. Le but ultime de la vie intérieure est la reconnaissance (si difficile à saisir par l’extraverti) de l’identité entre le fond de notre être (le soi) et l’Être, le Soi : l’Un-Tout. Sous des formes mitigées ou radicales, c’est toujours cette cohésion entre les deux natures, reconnues semblables, que l’on trouve au terme de la vie intérieure parfaitement accomplie. « Dieu doit être si près de moi, dit Eckhart, et moi si près de lui, que ce moi et ce Lui ne fassent qu’un seul, ne deviennent et ne soient qu’un seul, car tant que ce Lui et ce moi, c’est-à-dire Dieu et l’âme, ne sont pas un unique ici et maintenant, ce moi ne pourra jamais opérer ni devenir un avec ce Lui ».

La vie intérieure est aussi riche et aussi variée que la vie extérieure. Elle comporte une multitude de degrés et on pourrait dresser un volumineux atlas où voisineraient des régions teintées d’une infinité de couleurs. Elle peut se subir passivement, on peut la vouloir de toutes ses forces. C’est une musique? qui s’élève d’un jardin lorsque, disponible, notre âme n’attendait rien. C’est l’ouverture forcée des portes scellées du labyrinthe de l’être.

Mais dans tous les cas c’est une insertion du sujet dans l’objet de la connaissance et, de proche en proche la culmination dans le Sans Nom, l’Informé, le Supra-Humain?, l’Universel.

« Le passage de l’« extérieur » à l’« intérieur », c ’est le passage de la multiplicité à l’unité, de la circonférence au centre, au point unique d’où il est possible à l’être humain, restauré dans les prérogatives de l’« état primordial », de s’élever aux états supérieurs et par la réalisation totale de sa véritable essence, d’être enfin effectivement et actuellement ce qu’il est potentiellement de toute éternité ».


Voir en ligne : JACQUES MASUI - YOGA