Página inicial > Glossário > natureza

natureza

domingo 17 de outubro de 2021

Plotin   joue ici sur l’indétermination du terme de « nature ». Soit la nature est celle de l’être vivant, c’est-à-dire du composé âme-corps : dès lors les désirs « conformes à la nature » ne se règlent pas sur la raison droite, mais sur la nécessité physique qui gouverne les corps (par exemple le désir de manger est dû à une nécessité corporelle et non à un décret de la raison) ; soit la nature désigne l’âme seule, et les désirs se règlent sur cette dernière indépendamment du corps, mais il faudra alors exclure de « ce qui dépend de nous » tout ce qui a trait au rapport de l’âme et du corps. Les mouvements du corps par exemple échappent dans cette perspective à « ce qui dépend de nous » strictement compris. D’où la conclusion de Plotin   : « beaucoup de choses dont on affirme à présent qu’elles dépendent de nous seront en fait hors de notre portée » (15-16). Plotino - Tratado 39,2 (VI, 8, 2) — A que faculdade da alma reportar o que depende de nós?


Il s’agit bien sûr de nouveau pour Plotin   de contester (traité 28  , chap. 10) que l’on puisse concevoir l’activité de l’âme à la manière d’une délibération humaine hésitante qui réfléchirait à ce qu’elle doit faire. L’âme du monde, tout comme l’Intellect dont elle provient, agit de toute nécessité et sans connaître le changement. À la différence du médecin qui agit de l’extérieur et qui connaît la perplexité, la nature, dit Plotin   à la manière d’Aristote  , agit sans délibération et depuis le principe de la vie. Mais si la définition de la nature est introduite à la manière d’Aristote  , elle se développe de façon à servir une thèse étrangère à l’aristotélisme : selon Plotin  , la nature produit sans changement, elle est une image immobile de la réflexion. L’argument est celui qui occupe l’essentiel des chapitres 11 à 12 du traité 28  , dans lesquels Plotin   établit que la nature produit les corps en les façonnant et qu’il est finalement possible de défendre une définition de la nature qui la décrirait comme une puissance à la fois propre au corps et intérieure à lui, mais à la condition préalable d’avoir expliqué que ce qui dans les corps est à la fois cause de leur détermination et principe de leurs différents mouvements n’est pas matériel. Appliqué aux corps, le terme « nature » est leur détermination et leur configuration rationnelles. La nature nomme de la sorte une activité et le résultat de cette activité : l’activité de la puissance ultime de l’âme et le résultat, dans les corps, de cette activité. La phúsis plotinienne est une natura naturans, un processus qui ne cesse de se réaliser en engendrant dans les corps une image, une trace ou un reflet de son activité. [BPT27-29  :31]
LÉXICO: natureza e congêneres