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Silburn & Padoux (LT:42-43) – la quintuple activité de Shiva

quarta-feira 18 de abril de 2018

      

Une page que Lilian Silburn   avait écrite naguère quand elle pensait, déjà, à publier une traduction des cinq   premiers chapitres du   , montre bien comment se déroule, au plan divin et sur celui de l’être humain, cette quintuple activité de Śiva :

« Paramaśiva, Conscience absolue, existerait seul, en lui-même, si, en [43] manière de jeu, en une vibration subtile et innée de sa conscience, il ne s’adonnait perpétuellement aux cinq activités propres à sa divinité. Ainsi, il fait émaner l’univers objectif, le maintient en existence et le résorbe en lui-même. En outre, quand, revêtant l’aspect d’un être limité, il cache sa véritable nature, son énergie obscurcissante est à l’œuvre. Enfin, si cet être reprend conscience de sa nature divine, cette révélation est due à sa grâce. Mais, en dépit de cette quintuple manifestation, jamais Śiva ne dévie de son essence, de la plénitude du libre Je (pūrnāhantā). Śiva se lie et se trompe ainsi volontairement lui-même, par jeu, afin d’engendrer la multiplicité... Il s’enroule et s’empêtre dans la toile d’araignée qu’il a tissée, mais aussi c’est sur lui-même et sur nul autre qu’il laisse tomber l’énergie révélatrice de soi, la grâce, et reconnaît son être véritable en déchirant la toile ténue tissée par d’innombrables illusions.
 
Comme cette quintuple activité se déroule constamment en chaque être, il suffirait d’en saisir le sens profond pour accéder à la Conscience ultime. Kşemarāja, dans le Pratyabhijñāhŗdaya (10, comm.), précise ainsi de son côté : Śiva émet et résorbe le monde en déployant sa propre nature. Il en fait de même sur le plan du samsāra lorsqu’il pénètre dans la sphère du corps, du souffle et des organes. Son acte émetteur correspond alors chez l’individu à l’aperception d’objets définis   en un espace et en un temps particuliers. L’acte préservateur devient rétention, jouissance de l’objet perçu avec continuité. L’acte résorbateur prend place chez l’individu qui absorbe en sa propre conscience perception et jouissance. L’obnubilation (vilaya) [1], par laquelle, sur le plan cosmique, Śiva se révèle comme différent de l’univers et cache son propre soi, a pour pendant chez l’individu l’état d’impression latente : les résidus du monde objectif bien que profondément enfouis en lui restent prêts à ressurgir. Enfin, par sa grâce (anugraha), Śiva manifeste toute chose comme imprégnée de la Lumière consciente et identique à elle et, sous l’angle individuel, objets et moyens de connaissance s’identifient en une suprême connaissance qui, affranchie de ses modalités, ne fait qu’un avec celui qui connaît. La grandeur du Seigneur resplendit pour qui s’efforce assidûment au cours de ses propres expériences de se saisir comme l’auteur de cette quintuple activité. Prenant alors conscience de l’univers en tant que déploiement de la nature essentielle de la Conscience, il se libère en cette vie même. »

Ver online : Lilian Silburn


[1C’est-à-dire le voilement, tirodhāna.