Página inicial > Oriente > Gurdjieff: la mémoire

RÉCITS DE BELZÉBUTH À SON PETIT-FILS

Gurdjieff: la mémoire

Chapitre XLVIII

segunda-feira 28 de maio de 2018

Salzmann & Tracol

Toute la vie? intérieure de l’homme? ordinaire n’est rien? de plus qu’un « contact automatisé » entre deux ou trois séries d’associations faites d’impressions? antérieurement perçues et fixées en chacune de ses trois localisations de nature? diverse, ou « cerveaux », sous l’action? d’une impulsion quelconque surgissant en lui par? hasard.

Lorsque ces associations réapparaissent, c’est-à-dire lorsqu’il se fait une répétition d’impressions correspondantes, l’on constate que sous l’influence de quelque choc accidentel?, extérieur? ou intérieur?, elles déclenchent dans une autre localisation la répétition d’impressions de même? nature.

Toutes les particularités de la conception que se fait du monde? un homme ordinaire et les traits caractéristiques de son individualité? résultent et dépendent à la fois de l’ordre? dans lequel les impulsions apparaissent en lui au moment où il perçoit de nouvelles impressions et de l’automatisme par lequel se déclenche le processus de répétition de ces impressions.

Et cela explique, comme l’homme ordinaire lui-même peut toujours l’observer?, l’incohérence des diverses associations, n’ayant entre elles rien de commun, qui se déroulent simultanément en lui dans son état passif.

Ces impressions sont perçues dans la présence générale de l’homme grâce aux trois sortes d’appareils récepteurs des sept « vibrations planétaires centres-de-gravité » qui se trouvent en lui comme en tout animal?.

La structure? de ces appareils de perception? est la même dans toutes les parties du mécanisme.

Ils consistent en des dispositifs rappelant des « rouleaux » ou des disques de cire vierge pour phonographes ; sur ces rouleaux toutes les impressions reçues s’enregistrent dès la naissance, et même plus tôt, dès la période de formation dans le sein de la mère.

En outre, les divers appareils constituant ce mécanisme général possèdent un certain dispositif automatique, grâce auquel toute impression nouvelle se trouve enregistrée d’une part parallèlement aux impressions similaires antérieures, et d’autre part dans un ordre chronologique.

Ainsi toute impression vécue s’inscrit en plusieurs endroits et sur plusieurs rouleaux, où elle se conservera dans toute son intégrité.

Ces impressions gravées ont la propriété, chaque fois qu’elles entrent en contact avec des vibrations de même nature et de même qualité?, de « s’animer » d’elles-mêmes ; elles sont alors le lieu? d’une action semblable à celle qui a provoqué leur première apparition.

C’est cette répétition d’impressions antérieurement perçues qui engendre ce que l’on appelle une « association » ; et ceux des éléments de cette répétition qui tombent dans le champ? de l’attention de l’homme conditionnent ce que l’on appelle la « mémoire? ».

La mémoire d’un homme ordinaire, comparée à celle d’un homme harmonieusement développé, est on ne peut plus mal? adaptée à l’utilisation de sa réserve d’impressions au cours de sa vie responsable.

A l’aide de sa mémoire, l’homme ordinaire ne peut retrouver et utiliser qu’une part infime de sa réserve totale d’impressions, tandis que la mémoire d’un vrai homme tient compte de toutes les impressions sans exception, à quelque moment qu’elles aient perçues.

De multiples expériences ont été faites, établissant avec une exactitude incontestable que tout homme se trouvant dans certains états, correspondant par exemple à un certain degré d’hypnose, peut se souvenir des moindres choses? qui lui sont arrivées ; il peut se rappeler tous les détails environnants, et les visages et les voix de toutes les personnes? de son entourage, depuis les premiers jours de sa vie, lorsqu’il était encore, au dire des gens, un être inconscient?.

Lorsqu’un homme est dans un de ces états, on peut artificiellement mettre en marche même les rouleaux cachés dans les coins les plus obscurs de son mécanisme. Mais il arrive aussi que ces rouleaux se mettent en marche d’eux-mêmes, sous l’influence d’un choc, manifeste ou non, provoqué par une émotion quelconque ; et devant l’homme apparaissent alors soudain des scènes oubliées depuis longtemps, des images?, des visages, et ainsi de suite.

Orage et alii

The whole psychic inner life of the average man is nothing but an "automatized contact" of two or three series of associations previously perceived by him of impressions fixed under the action of some impulse then arisen in him in all the three heterogeneous localizations? or "brains" contained in him. When the associations begin? to act anew, that is to say, when the repetition of corresponding impressions appears, they begin to constate, under the influence of some inner or outer accidental shock, that in another localization, the homogeneous impressions evoked by them begin to be repeated.

All the particularities of the world view of the ordinary man and the characteristic features of his individuality ensue, and depend on the sequence of the impulse proceeding in him at the moment of the perception of new impressions and also on the automatism established for the arising of the process? of the repetition of those impressions.

And it is this that explains the incongruity, always observed even by the average man during his passive state, in the several associations having nothing in common?, which simultaneously flow within him.

The said impressions in the common presence of a man are perceived owing to the three, as it were, apparatuses in him — as there are apparatuses in general in the presences of all animals — acting as perceivers for all the seven what are called "planetary-gravity-center-vibrations".

The structure of these perceptive apparatuses is the same in all the parts of the mechanism.

They consist in adaptations recalling clean? wax phonograph disks; on these disks, or, as they might otherwise be called, "reels", all the impressions received begin to be recorded from the first? days after the appearance of a man in the world, and even before, during the period of his formation in his mother’s womb.

And the separate apparatuses constituting this general mechanism possess also a certain automatically acting adaptation, owing to which newly arriving impressions, in addition to being? recorded alongside those previously perceived and similar? to them, are also recorded alongside those impressions perceived simultaneously with these latter.

Thus every impression experienced is inscribed in several places and on several reels, and there, on these reels, it is preserved unchanged.

These impressed perceptions have such a property that from contact with homogeneous vibrations of the same quality, they, so to say, "rouse themselves", and there is then repeated in them an action similar to the action which evoked their first arising.

And it is this repetition of previously perceived impressions engendering what is called association, and the parts of this repetition which enter the field of a man’s attention, that together condition what is termed "memory".

The memory of the average man, in comparison with the memory of a man harmoniously perfected, is a very very imperfect adaptation for his utilization, during his responsible life, of his previously perceived store of impressions.

With the aid of memory, the average man from among impressions previously perceived, can make use of and, so to say, keep track of, only a very small part of his whole store of impressions, whereas the memory proper to the real? man keeps track of all his impressions without exception, whenever they may have been perceived.

Many experiments have been made, and it has been established with indubitable exactitude, that every man in definite states, as for example, in the state of a certain stage of hypnotism, can remember to the most minute particular? everything? that has ever happened to him; he can remember all the details of the surroundings and the faces and voices of the people around him, even those of the first days of his life, when he was still, according to people’s notions, an unconscious being.

When a man is in one of these states, it is possible artificially, to make? even the reels hidden in the most obscure? corners of the mechanism start working; but it often happens that these reels begin to unwind of themselves under the influence of some overt or hidden shock evoked by some experiencing, whereupon there suddenly rise up before the man long-forgotten? scenes, picturings, faces, and so on.


Ver online : RÉCITS DE BELZÉBUTH À SON PETIT-FILS


VOIR AUSSI: Raffaele Torella: a memória segundo Utpaladeva