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De l’incarnation de Jésus-Christ

Boehme : De la pure virginité

Jacob Boehme

terça-feira 26 de agosto de 2014

Extrait de « De l’incarnation de Jésus-Christ   ».

CHAPITRE XII. De la pure virginité ; comment nous, pauvres enfants d’Eve, nous devons, de la pure et virginale chasteté, être conçus dans l’incarnation de Christ   et naître de nouveau en Dieu, autrement nous ne verrons pas Dieu.

19. C’est pourquoi il est dit : Veillez, priez, soyez sobres, menez une vie tempérante; car Satan, votre adversaire, tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer (I Pierre V : 8). Ne recherchez donc pas l’avarice, l’argent, le bien?, la puissance et les honneurs, car en Christ   nous ne sommes pas de ce monde?. Christ   alla au Père soit dans l’Être divin, afin que, de nos cours, de nos sens et de notre volonté, nous le suivissions; alors il sera avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Math. XXVI11: 20); mais non dans la source de ce monde. Nous devons sortir de la source de ce monde, de l’homme? terrestre, et abandonner notre volonté à la volonté de Christ  , introduire notre imagination? et notre désir en lui; alors nous devenons enceintes dans sa virginité qu’il a de nouveau animée en nous et recevons la parole qui se mut en lui, dans notre virginité enfermée dans la mort : nous naissons de nouveau en Christ   en nous-mêmes. Car de même que la mort pénétra en nous tous par Adam  , de même pénétra en nous tous, par Christ  , le Verbe de la vie : la motion? de la divinité dans l’incarnation de Christ   subsiste encore et est ouverte à tous les hommes ; il ne manque que la volonté d’entrer, l’homme se laisse retenir par le démon. Christ   ne peut avant quitter son siège et faire son entrée en nous, lorsque nous renaissons en lui, car l’Être divin, dans lequel il naquit, renferme en tout espace et en tout lieu l’autre principe?. Partout où l’on? peut dire Dieu est là présent, on peut dire de même là est aussi présente l’incarnation de Christ   ; car elle s’est manifestée en Marie et inqualifie ainsi en arrière d’elle jusqu’à Adam  , et devant soi jusqu’au dernier homme.

20. Maintenant, la raison? dit : la foi l’atteint seule. Oui, certes, dans la vraie foi commence la grossesse, car la foi est esprit? et désire la substance, et la substance est sans cela en tous les hommes ; il ne manque autre chose?, sinon qu’elle saisisse l’esprit de la foi ; et s’il est saisi, le beau? lys fleurit et croît ; non-seulement un esprit, mais encore l’image? virginale passe de la mort à la vie. La verge d’Aaron, qui est sèche, verdit de l’aride mort et prend corps de cette mort : de la virginité demi-morte?, la belle et nouvelle vie virginale. La verge sèche d’Aaron signifiait cela; de même le vieux Zacharie, Abraham et sa vieille Sara ; lesquels, selon le monde extérieur, étaient tous comme demi-morts et stériles. Mais la promesse, dans la nouvelle naissance, devait le faire, la vie devait verdir de la mort. Non le vieil Adam   qui était terrestre, doit être seigneur ; non plus Esaü, le premier né, auquel cependant l’héritage aurait appartenu si Adam   avait subsisté ; mais l’autre Adam  , Christ  , qui verdit du premier par la mort, doit demeurer Seigneur. Non l’homme ou la femme doit posséder le royaume de Dieu, mais la vierge qui est engendrée de la mort de l’homme et de la femme, doit être reine des cieux. Un sexe, non deux, un arbre, non plusieurs. Christ   fut le tronc, parce qu’il fut la racine du nouveau corps qui verdit de la mort; qu’il tira de la mort, comme une belle branche, la vierge demi-tuée. Nous tous sommes les branches et reposons tous sur un tronc qui est Christ  .

21. Ainsi, nous sommes les branches de Christ  , ses rameaux, ses enfants, et Dieu est à nous tous et aussi le Père de Christ  ; nous vivons, nous nous mouvons et nous reposons en lui ; mais en tant que nous naissons de nouveau ; car c’est dans l’esprit de Christ   que nous renaissons. Lequel, en Marie, en l’humanité morte, devint un homme vivant, sans l’attouchement d’un homme. C’est lui aussi qui, en nous-mêmes, dans notre virginité morte, devint un nouvel homme. Il ne manque désormais qu’une chose, c’est que nous jetions le vieil Adam   ou l’enveloppe dans la mort, que la source de la vie terrestre s’en aille de nous et qu’ainsi nous sortions du domaine du diable.

22. Et pas même cela, car le vieil Adam   ne doit pas être ainsi totalement rejeté, mais seulement l’enveloppe, la couverture dans laquelle la semence est cachée ; l’homme nouveau doit, de la vieille essence?, verdir dans la motion divine, comme une tige hors du grain, ainsi que nous l’enseigne Christ  . C’est pourquoi l’essence doit être jetée dans la colère divine, être persécutée, tourmentée, méprisée et succomber sous la croix ; car c’est du feu de la colère divine que le nouvel homme doit, verdir; il doit être éprouvé par le feu ; nous étions échus à l’essence de la colère, mais l’amour de Dieu se plaça dans la colère et l’éteignit dans le sang de la substantialité céleste dans la mort de Christ  ; ainsi la colère retint l’enveloppe ou l’homme corrompu, entendez la source terrestre, et l’amour retint l’homme nouveau; c’est pourquoi nul homme ne doit plus répandre de sang céleste, mais le terrestre, mortel seulement. Christ   uniquement, conçu sans homme et femme, pouvait le faire; car dans sa céleste substantialité ne se trouvait point de sang terrestre ; il répandit son sang céleste parmi le terrestre, afin de nous délivrer, nous autres pauvres hommes terrestres, de la fureur; son sang céleste dut, lors de sa crucifixion, se mêler avec le terrestre pour que la turba, dans la terrestréité en nous, qui nous tenait captifs, fut noyée et la colère éteinte par l’amour du sang céleste. Il abandonna, pour nous, sa vie à la mort, alla pour nous en enfer, dans la source de feu du Père, et de l’enfer, de nouveau en Dieu, pour briser la mort, noyer la colère et nous frayer le chemin. Lorsque Christ   fut suspendu à la croix et y mourut, nous y fûmes suspendus avec lui et en lui-, et mourûmes en lui; nous ressuscitâmes aussi avec lui et vivons éternellement en lui, comme un membre au corps. C’est ainsi que la semence de la femme a écrasé la tête du serpent : Christ   l’a fait en nous et nous en lui : l’essence divine et l’essence humaine l’ont fait.

23. Il ne s’agit plus maintenant, pour nous, que de le suivre : Christ   a bien brisé la mort et éteint la colère; mais si nous voulons devenir semblables à son image, nous devons le suivre aussi dans sa mort, charger sa croix sur nous, nous laisser persécuter, mépriser, moquer et tuer. Car la vieille enveloppe appartient à la colère de Dieu ; elle doit être balayée, parce que non le vieil homme, mais le nouveau doit vivre en nous ; l’ancien est abandonné à la colère ; car de la colère fleurit le nouveau, comme la lumière luit du feu. Le vieil Adam   doit ainsi servir de bois pour le feu, afin que le nouveau verdisse dans la lumière du feu, car il faut qu’il subsiste dans le feu. Rien de ce qui ne peut résister au feu et qui n’en tire pas son origine? n’est éternel.

24. Notre âme est née du feu divin et le corps du feu de la lumière ; entends cependant toujours, quant au corps, une substantialité passive, qui n’est pas esprit, mais un feu essentiel ; l’esprit est beaucoup plus élevé, car son origine est le feu de la fureur, de la source de la fureur, et sa vraie vie ou corps, qu’il a en lui, est la lumière de la douceur ; cela demeure dans le feu et donne au feu sa douce nourriture ou amour; sans quoi, le feu ne subsisterait pas, il veut avoir à dévorer. Car Dieu le Père dit : je suis? un Dieu colérique, jaloux, furieux, un feu dévorant (Deut., IV : 24); et se nomme pourtant aussi un Dieu miséricordieux, aimant (I, Job, IV : 8), selon sa lumière, selon son cour. C’est pourquoi il dit : je suis miséricordieux, car dans la lumière naît l’eau d’éternelle vie qui éteint le feu et la fureur du Père.


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