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De l’incarnation de Jésus-Christ

Boehme : De la pure virginité

Jacob Boehme

terça-feira 26 de agosto de 2014

Extrait de « De l’incarnation de Jésus-Christ   ».

CHAPITRE XII. De la pure virginité ; comment nous, pauvres enfants d’Eve, nous devons, de la pure et virginale chasteté, être conçus dans l’incarnation de Christ   et naître de nouveau en Dieu, autrement nous ne verrons pas Dieu.

7. Nous considérons le premier Adam   comme suit : Il avait été imaginé de l’essence? et substantialité de la lumière ; mais parce qu’il devait devenir une créature et être une ressemblance parfaite de Dieu, selon tout son être, selon tous les trois principes, il fut saisi (rassemblé) par le Verbe fiât dans tout l’être des trois principes et form?é en créature. Les trois principes étaient à la vérité libres en lui, reposant l’un dans l’autre, chacun dans son ordre ; c’était une entière, parfaite ressemblance de Dieu, selon et de l’être de tous les êtres ; mais il nous faut reconnaître que le troisième principe? ou la source de ce monde? était devenu, par l’embrasement de Lucifer, tout à fait furieux, altéré (soif) et mauvais, et que cette source a eu? immédiatement soif en Adam   de l’autre principe ou de la matière céleste, d’où naquit en Adam   la passion?. Car la source du pur amour, émanant du Saint-Esprit?, avait défendu cela ; mais lorsque l’amour entra dans la source terrestre, pour étancher la soif de celle-ci, le pur, immatériel amour reçut la passion désireuse, terrestre et corrompue. Ici s’éteignit l’autre principe, non comme une mort, non qu’il soit devenu un rien ; mais il fut saisi par la furieuse soif, et comme Dieu est lumière, la pure source d’amour se trouva enfermée dans la mort, hors de la lumière divine : ici l’image? l’ut altérée et prisonnière de la fureur de Dieu, le propre amour perdit sa puissance, car il fut enfermé dans la terrestréité corrompue et l’aima.

8. De cette image dut donc être fait une femme, et les deux teintures, savoir l’essence de feu et l’essence aqueuse de la matrice, divisées en un homme? et une femme, afin que l’amour pût pourtant se mouvoir ainsi en deux sources différentes, qu’une teinture aimât et désirât l’autre, et qu’elle se mêlassent, pour la conservation et la multiplication de l’espèce.

9. Mais la race humaine, ainsi établie dans la source terrestre, ne pouvait ni connaître ni voir Dieu, car le pur amour sans tache était captif de la source terrestre altérée (soif) et se trouvait pris dans la soif de la fureur de l’éternelle nature? que Lucifer avait allumée, la fureur ayant attiré à soi l’amour avec la terrestréité. Or, dans cet amour captif gisait la chasteté virginale de la sagesse divine, qui, avec l’autre principe, avec la céleste substantialité, plutôt l’esprit de leur douce substantialité, avait été incorporée à Adam   par l’insufflation du Saint-Esprit.

10. Maintenant, il n’y avait plus aucun remède, si non que la divinité se mut dans la vierge divine, selon l’autre principe, dans la virginité renfermée dans la mort, et qu’une autre image sortit de la première. Il nous est connu et assez compréhensible que la première image devait être livrée à la fureur pour apaiser sa soif, et être détruite dans le feu essentiel, bien que l’essence ne passe ni ne meure, pour quelle cause Dieu a fixé un jour où l’essence du vieil et premier Adam   sera par lui passée au travers du feu, pour qu’elle soit délivrée de la vanité, ainsi que de la passion du diable et de la colère de l’éternelle nature.

11. Nous comprenons en outre comment Dieu a ramené en nous la vie de son saint Être, savoir en se mouvant de son propre cour ou parole et puissance de la vie divine, dans la virginité enfermée dans la mort, c’est-à-dire dans le vrai pur amour; en allumant de nouveau cet amour et en introduisant sa céleste substantialité, avec la pure virginité, dans la virginité renfermée dans la mort : de la céleste virginité et de celle renfermée dans la mort et la colère, il a engendré une nouvelle image.

12. Nous comprenons, en troisième lieu, que cette nouvelle image a dû, par la mort et la fureur du feu, être introduite de nouveau dans la céleste, divine substantialité, dans le Saint-Ternaire; car la passion terrestre que le diable avait possédée, devait demeurer dans le feu de la colère et fut donnée au démon pour son aliment; il doit être prince là-dedans, selon la source de la fureur de l’éternelle nature; car Satan est l’aliment de la fureur, et la fureur celui de Satan.


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