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Liturgie cosmique

von Balthasar : Liturgie cosmique

Hans Urs von Balthasar

sábado 2 de agosto de 2014

Extrait de « Liturgie cosmique »

Pour ce travail? valent les mêmes directives que celles que nous avons exposées dans la préface du volume? sur Grégoire : ce que nous voudrions, c’est préparer une mise en valeur? du fonds? si riche, mais malheureusement encore en friche, de la pensée? patristique. Ce but ne saurait être atteint par? un pur enthousiasme? superficiel. Il y faut une étude approfondie, sereine et patiente. A mesure? qu’avance cette étude, l’idée qu’on se faisait des Pères se transforme. Ils apparaissent à la fois grandis et diminués, plus proches? et plus lointains qu’au premier? abord. Diminués, parce qu’en dépit de leur fécondité, ils ne sont que le commencement? de l’histoire? de la pensée chrétienne, parce qu’aussi l’essentiel de ce qui, par la suite, fut reconnu d’importance fondamentale n’y est contenu qu’à l’état embryonnaire ou bien reste confus, ou encore n’est présenté que sous un faux jour. Ils apparaissent plus lointains parce que la situation des Pères en leur temps était complètement différente de celle où nous nous trouvons. Ils se trouvaient, tout au moins en tant que penseurs, devant un hellénisme spiritualisé tandis que nous avons affaire à un naturalisme? terrestre?. Du même? coup, aucune parcelle de la pensée patristique ne peut être transposée telle quelle dans notre temps. D’ailleurs la Tradition? peut-elle jamais nous dispenser de nous engager totalement, nous épargner l’effort? personnel et créateur? ? Il faut au contraire que, à partir de fondements demeurés si vivants, tout soit assimilé et reçoive une nouvelle empreinte.

Les Pères nous apparaissent grandis dans l’étude qu’on en fait parce que c’est seulement lorsqu’on a pénétré avec amour? leurs écrits que se dessinent leurs vrais horizons? et ceux de la théologie ; les images?, plates jusqu’alors, prennent un relief insoupçonné et livrent des figures et des destinées d’une étrange grandeur?. Ils nous paraissent enfin plus proches parce que ce n’est qu’à une certaine profondeur et en elle que nous prenons conscience? que le combat qu’ils menaient est celui que nous menons. Certains problèmes? de la philosophie? existentielle par exemple? ne se dressent-ils pas en face de Grégoire de Nysse ? Tout aussi directement, d’autres problèmes posés par l’idéalisme? allemand renvoient à Maxime le Confesseur, tandis que certaines questions du catholicisme d’aujourd’hui reçoivent d’Origène une exhortante lumière?.


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