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De l’incarnation de Jésus-Christ

Boehme : De la vierge Marie et de l’incarnation de Jésus-Christ, fils de Dieu.

Jacob Boehme

vendredi 1er août 2014

10. Sachez encore ceci : Nous comprenons que le cour de Dieu est demeuré en repos dès l’éternité ; niais par le mouvement et l’entrée dans la substantialité, il est devenu manifeste partout, bien que cependant en Dieu il n’y ait ni espace ni limite, sinon dans la créature de Christ seulement ; là s’est manifestée toute la Sainte-Trinité en une créature, et ainsi, par la créature, aussi dans toute l’étendue du ciel. Il est allé (Christ), et nous a préparé le lieu où nous devons voir par sa lumière?, habiter dans sa substantialité et manger de sa céleste substantialité ; sa substantialité remplit le ciel et le paradis. Si, dans l’origine?, nous avons été créés de la divine’ substantialité, pourquoi ne pourrions-nous pas aussi habiter en elle ? Tout comme l’air et l’eau remplissent ce monde? et que nous en jouissons tous, ainsi existe dans le mystère la substantialité divine, dont nous jouissons si nous portons sérieusement notre imagination en elle et lui abandonnons notre volonté. C’est là la chair et le sang de Christ dans la puissance divine ; car la chair et le sang de la créature de Christ se trouvent là ; c’est un être, une puissance, un esprit?, un Dieu, une plénitude, sans nulle circonscription en aucun lieu, mais dans son principe. Un homme?-porc dira bien : hé ! comment le mangerons-nous donc ? 0 âne, arrive d’abord là, afin que tu puisses l’atteindre, car tu ne le mangeras pas avec la bouche extérieure ; il est d’un principe plus profond et cependant l’extérieur. Il a été dans la vierge Marie et aussi, après sa naissance, dans ce monde ; au dernier jour, il apparaîtra, dans les trois principes, à tous les hommes et à tous les démons.

11. Il s’est vraiment revêtu de la source terrestre ; mais à sa mort, lorsqu’il vainquit la mort, la source divine engloutit la source terrestre et lui enleva le régime, non comme si Christ eût déposé quelque chose?, car la source externe fut vaincue et comme engloutie, en sorte que sa vie actuelle est une vie en Dieu. Ainsi devait être Adam, mais il ne résista pas. Le Verbe dut donc devenir homme et s’incorporer dans la substance, afin que nous reçussions de la force, que nous pussions vivre en Dieu.

12. Christ a donc rapporté ce qu’Adam avait perdu et bien au delà, car le Verbe est devenu homme partout ; entends : il est manifeste partout dans la substantialité divine, dans laquelle gît notre éternelle humanité ; car dans l’éternité nous devons vivre dans cette même substance corporelle dans laquelle existe la vierge divine : nous devons revêtir cette vierge, car Christ l’a revêtue. Il est devenu homme dans la vierge céleste et aussi dans la vierge terrestre, bien que celle-ci ne fût pas une vraie vierge. Mais la vierge céleste, divine, la rendit vierge lors de la bénédiction, c’est-à-dire lors de la manifestation du Verbe et de l’alliance ; car en Marie, la portion de substantialité qu’elle avait héritée d’Adam et qu’Adam avait rendue terrestre, fut bénie ; ainsi le terrestre seulement mourut en elle, l’autre portion vécut éternellement et redevint chaste et pure vierge, non dans la mort, mais dans la bénédiction ; lorsque Dieu se manifesta en elle, elle revêtit la belle? image divine et devint une vierge virile selon la partie céleste.

13. Christ naquit donc d’une vierge vraiment pure, chaste et céleste, car elle reçut, lors de la bénédiction, le limbe divin dans sa matrice, dans sa semence ; rien d’étranger cependant, mais le limbe divin s’ouvrit en elle, dans la puissance divine : ce limbe qui en Adam était mort, redevint vivant par la motion divine : l’essence divine dans le Verbe de la vie entra dans son limbe et dans ce limbe fut ouvert le centre de l’âme, en sorte que Marie devint enceinte d’une âme et aussi d’un esprit, à la fois célestement et terrestrement ; ce fut là une vraie image de Dieu, une ressemblance selon et de la Sainte-Trinité dans tous les trois principes.


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