PhiloSophia

PHILO = Apreço + SOPHIA = Compreensão

Página inicial > Oriente > Xivaísmo de Caxemira > Padou: hŗdaya - le coeur

Padou: hŗdaya - le coeur

segunda-feira 23 de abril de 2018

hŗdaya : Abhinavagupta   mentionne le cœur dès l’introduction de ses deux commentaires sur la P.T.   C’est qu’il s’agit là d’une notion très importante dans le śivaīsme du Cachemire, et plus spécialement dans le système pratyabhijñā qui est celui d’Utpaladeva  . Il est en outre particulièrement normal? d’y faire allusion ici puisque l’enseignement secret de la P.T.   est celui du « germe du cœur» (hrdayabīja), SAUH.

Le Cœur, c’est le centre même de Śiva, du principe? transcendant. C’est le lieu de repos du Seigneur, la fulguration de la Conscience?, antérieure à toute manifestation. On? le trouve défini de la façon [66] suivante par Utpaladeva   dans les I.P.K. (1.5.14) : «Cette fulguration, réalité infinie, qui est au-delà de l’espace et du temps, c’est l’essence? de toute chose? et on l’appelle Cœur du Suprême Seigneur». Abhinavagupta  , dans son commentaire (I.P.v.   1.5.14, vol. I, p. 263) l’assimile en outre à parā vāk, la Parole suprême, source et fondement de l’Énergie de la Parole.

Dans le P.T.v.   (p. 61), Abhinavagupta   définit le Cœur comme «le soi de la Conscience» (samvidātma hŗt), c’est-à-dire ce qui lui est le plus intérieur, car c’est la Conscience qui prend conscience d’elle-même, qui est vivante et source de toute énergie. C’est aussi dans le cœur — non pas dans l’organe de ce nom situé dans sa poitrine, mais dans le centre même de sa conscience et de sa vie spirituelle, dans ce lieu à la fois vibrant et parfaitement immobile — que le yogin s’identifiera à samvid par une intuition? compréhensive (hŗdayamgamatā). Les auteurs du Trika? voient dans cette notion fondamentale du système pratyabhijnā la raison? de la supériorité de ce système sur les autres, car il assure ainsi la pénétration dans l’intériorité la plus profonde, qui est conscience lumineuse et vivante.

De même que tout repose dans la Conscience, tout repose aussi dans le Cœur.

Sans vouloir remonter jusqu’au Rg-Yeda (sur lequel cf. l’étude de L. Renou dans «Études sur le vocabulaire du Rg-Veda», Ire série, pp. 60-61), on notera que les valeurs du terme hŗd ou hŗdaya, telles que nous les trouvons ici, se rencontrent déjà dans les Upaniśad anciennes, où il est à la fois l’organe physique, la réalité la plus haute, le brahman? (par ex. BĀ. Up. III.9, 19-25, ou encore IV, 1, 7, où le cœur est le réceptacle, le lieu de repos de toutes les créatures : hrdayam ... sarvesām bhūtānām pratisthā), une caverne secrète et le centre de l’intuition de la réalité. (Sur les sens de ce mot? dans le Veda et les Upaniśad, on pourra se reporter à l’édition de la Mahānārāyana Up. de J. Varenne, vol. 2, pp. 5862 ; ou encore à J. Gonda, The vision of the Vedic Poets, chapitre XII : Some notes on the function of the « heart ».)


Ver online : LA PARĀTRĪŚIKĀLAGHUVṚTTI DE ABHINAVAGUPTA