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LA VOIE MÉTAPHYSIQUE

Matgioi (VM:28-31) – Deus

III OS GRAFISMOS DE DEUS

terça-feira 23 de novembro de 2021, por Cardoso de Castro

MATGIOI  . La Voie métaphysique. Paris: Éditions traditionnelles, 1980, p. 28-31

original

La différence entre les conceptions, occidentale et orientale, de Dieu et de l’origine des Dieux, et de l’idée de Dieu, est primordiale et absolue. En Occident, nos langues alphabétiques donnent, à notre sujet d’études, le nom de quatre lettres, Dieu, qui est d’un concrétisme merveilleux et si précis, qu’on en voit partout les bornes ; et, insatisfaits encore de cette désignation, les occidentaux l’illustrent par un vieillard barbu tenant en main une poignée d’éclairs, ou par un triangle, au milieu duquel il y a un œil. Ici, ce que nous appelons Dieu n’a pas de nom ; il est représenté par un caractère appelé Thien (qui, en langage mandarin parlé, se traduit : ciel) ; ce caractère suppose et comprend une quantité de propriétés spéciales, non pas au ciel, mais à ce qui est dans le ciel ou derrière le ciel. Ainsi le Dieu des Jaunes, dans son appellation, n’est pas un nom particulier : c’est une idée générale. Et cependant, Fohi, le premier mage historique de la Chine, jugea que cette « idée générale » était tout à fait insuffisante, injuste, et génératrice d’erreur ; et il remplaça le caractère par un dessin géométrique, inspécialisé, aussi généralisé que possible, et dont la forme serait représentative des raisonnements qu’on peut faire pour approcher d’une idée qu’on ne saurait concevoir ; ainsi ce dessin géométrique prend la valeur d’un arcane métaphysique.

L’ambition de l’Occidental est d’être compris : l’ambition de l’Oriental est d’être vrai : en théogonie comme en métaphysique, comme en toute science transcendantale, ces deux ambitions sont exclusives l’une de l’autre. Nous ne pouvons saisir le vrai que s’il est entouré et comme emmailloté d’erreurs. Notre devoir est de toujours distinguer cette erreur, inconsciente et nécessaire, de la vérité qu’elle recouvre : il est aussi d’en diminuer l’épaisseur et la quantité, afin que, à travers cette enveloppe de plus en plus amincie, la vérité éclate enfin.

C’est dans cet état d’esprit que les mages Jaunes ont construit les graphiques de Dieu. Ces graphiques portent le générique déterminatif de « Perfection ». On énumère deux perfections, (et par suite, deux graphiques de Dieu) : la perfection active et la perfection passive [1]. Mais il n’y a, en réalité qu’une seule perfection ; et lavons de suite la métaphysique Chinoise du reproche de dualisme que lui font, à cette occasion, des esprits insuffisamment documentés.

Il n’y a qu’une seule perfection, qu’une seule idée de Dieu, qu’une seule « cause initiale de toutes choses », Cette perfection, dite « active », est génératrice et réservoir potentiel de toute activité ; mais elle n’agit point. Elle est et demeure en soi, sans manifestation possible ; elle est donc inintelligible à l’homme, en l’état présent du composé humain.

Lorsque cette perfection s’est manifestée, elle a, sans cesser d’être elle-même, subi la modification qui la rend intelligible à l’ esprit humain ; peu importe que cette manifestation soit un acte simple de volonté, ou une action véritable ; du fait même que la perfection a agi, elle est propre à entrer dans la conceptualité ; et elle se dénomme alors la perfection passive (Khouèn). La Perfection est une et inintelligible à l’homme : pour qu’on puisse en parler, il faut qu’elle devienne, ou du moins qu’on suppose quelle peut devenir intelligible. Et ainsi on la représente par deux graphiques différents. Mais il n’y a tout de même qu’une seule et unique perfection, et qu’une seule cause initiale.

Retenons bien que notre esprit ne saisit que le nombre, qu’il n’est pas apte à saisir l’Unité, et moins encore le zéro, qui est l’unité avant toute manifestation. Retenons aussi qu’on ne peut dire qu’il y a dualisme que là où il y a deux principes contraires ou différents ; et que deux ou cent aspects d’un seul principe ne sauraient constituer ni dualisme ni multiplicité. — Ici, comme partout ailleurs, le Grand Principe est un, et c’est pour situer son unité non manifestée au-dessus de toutes les tentatives possibles de l’intelligence humaine, que le sage propose, à notre contemplation et à notre étude, non pas le principe en soi, qui ne saurait être nommé seulement sans être défiguré, mais, l’aspect du Grand Principe, manifesté et reflété dans la conscience humaine.

Je suis obligé d’insister là-dessus d’une sorte presque excessive, et je recommencerai à le faire pour l’In-yang, ou symbole du Grand-Extrême. Car il est étonnant et presque ridicule de voir des esprits excellents faire, à un système de métaphysique, ou à une tradition occulte, le reproche d’un dualisme, qui n’y a été introduit qu’à cause de l’imperfection actuelle de la mentalité humaine, et pour se laisser approcher de cette mentalité. Il y a un reproche à faire, en effet : mais c’est à eux-mêmes que ces excellents esprits doivent l’adresser, en se gourmandant d’être encore demeurés des hommes. Il faut nous y résigner : nous ne saurons jamais, comme hommes, la vérité, et ce que nous croyons la vérité n’est pas la vérité, précisément parce que nous comprenons qu’elle l’est ou qu’elle peut l’être [2]. C’est donc avec une précaution infinie, que la Tradition comporte un aspect de la vérité — ou de Dieu — capable enfin d’être saisi par notre intelligence. Et afin que cet aspect ne soit pas prononcé (et ne donne pas lieu, par suite, à une phrase fausse ou à des interprétations mensongères), cet aspect n’est pas un caractère, n’est même pas une idée : c’est un dessin. Tel est l’arcane, linéaire et métaphysique, de la Perfection Passive (Khouen).

Et, pour pénétrer à fond cette question et n’y plus revenir, cet aspect n’est pas un reflet. La perfection passive n’est pas un reflet de la perfection active, comme serait, dans l’eau, le reflet d’un astre, c’est-à-dire la moitié d’une fiction. La Perfection passive est absolument une entité, une entité identique, ou mieux, qui doit être identique à l’ entité de la Perfection active, sauf par cette circonstance, que nous pouvons approcher d’elle. Autrement dit, la Perfection active, saisie par notre entendement imparfait, voilà la Perfection passive ; cependant elle demeure la Perfection, et c’est en cela qu’éclate sa mystérieuse réalité abstraite.

Si nous transposons la vérité numérale dans le plan divin (ou métaphysique transcendantal), nous pouvons dire que la Perfection passive est à la Perfection active comme le un est au zéro, lesquels, tout en étant des chiffres différents, ne sont qu’un seul nombre, et le premier des nombres et le seul nombre.

tradução

A diferença entre as concepções, ocidental e oriental, de Deus e da origem dos deuses, e da ideia de Deus, é primordial e absoluta. No Ocidente, nossas línguas alfabéticas dão ao nosso tema de estudos o nome de quatro letras, Deus, que é de um concretismo maravilhoso e tão preciso, que vemos por toda parte seus limites; e, ainda insatisfeitos com esta designação, os ocidentais a ilustram por meio de um ancião barbudo tendo nas mãos um leque de raios, ou por um triângulo em cujo centro está um olho. Aqui, o que chamamos Deus não possui um nome; ele é representado por um caracter denominado Tien (que, em mandarim falado traduz-se por: céu); este caracter supõe e compreende uma quantidade de propriedades específicas, não do céu, mas daquilo que está no céu e além do céu. Assim, o Deus dos amarelos, em sua denominação, não tem um nome particular; é uma ideia geral. E no entanto Fo Hi, o primeiro sábio histórico da China, julgou que esta “ideia geral” era insuficiente, injusta e geradora de erro; e ele substituiu o caracter por um desenho geométrico, inespecífico, tão generalizado quanto possível, e cuja forma seria representativa dos raciocínios necessários para a aproximação a uma ideia que não é possível conceber; assim este desenho geométrico tomou o valor de um arcano metafísico.

A ambição do ocidental é de ser compreendido; a ambição do oriental é de ser verdadeiro; em teogonia   como em metafísica, como em toda ciência transcendental, estas duas ambições são excludentes. Não podemos captar a verdade se estamos cercados e como que embrulhados em erros. Nosso dever é o de sempre distinguir este erro, inconsciente e necessário, da verdade que ele recobre; e também o de diminuir sua espessura e a quantidade, a fim de que, através deste envelope cada vez mais delgado, a verdade resplandeça enfim.

Foi neste estado de espírito que os magos amarelos construíram os grafismos de Deus. Estes grafismos carregam a denominação genérica de “Perfeição”. São enumeradas duas perfeições (e portanto dois grafismos de Deus): a perfeição ativa e a perfeição passiva [3]. Mas não existe, em realidade, senão uma única perfeição; e livremos desde já a metafísica chinesa da acusação de dualismo que lhe foi feita, a respeito, por espíritos insuficientemente documentados.

Não existe mais do que uma única perfeição, uma só ideia de Deus, uma só “causa inicial de todas as coisas”, Esta perfeição, chamada de “ativa”, é geratriz e reservatório potencial de toda atividade; mas ela não age. Ela é e permanece em si, sem manifestação possível; ela é assim ininteligível ao homem, no estado presente do composto humano.

Quando esta perfeição manifestou-se, ela sofreu, sem cessar de ser ela mesma, a modificação que a tornou inteligível ao espírito humano; pouco importa que esta manifestação seja um ato simples de vontade, ou uma ação verdadeira; pelo fato mesmo que a perfeição agiu, ela é apropriada a entrar na conceptualidade; e ela se denomina então a “perfeição passiva” (Khouen). A Perfeição é uma e ininteligível ao homem: para que se possa falar dela, é preciso que ela se torne, ou ao menos que se possa supor que ela possa se tornar inteligível. E assim se a representa por dois grafismos diferentes. Mas não há todavia senão uma só e única perfeição, e senão uma só causa inicial.

Guardemos bem que nosso espírito não apreende senão o número, que ele não é apto apreender a Unidade, e menos ainda o zero, que é a unidade antes de qualquer manifestação. Guardemos também que não se pode dizer que haja dualismo senão aí onde há dois princípios contrários ou diferentes; e que dois ou cem aspectos de um mesmo princípio não podem constituir nem dualismo nem multiplicidade. — Aqui, como em toda parte, o Grande Princípio é um, e é para situar sua unidade não-manifestada acima de todas as tentativas possíveis da inteligência humana, que o sábio propõe, para nossa contemplação e nosso estudo, não o princípio em si – que não poderia sequer ser nomeado sem ser desfigurado –, mas o aspecto do Grande Princípio, manifestado e refletido na consciência humana.

Sou obrigado a insistir nisto posto de maneira quase excessiva, e recomeçarei a feazê-lo pelo Yin-Yang, ou símbolo do Grande Extremo. Pois é espantoso e quase ridículo ver espíritos excelentes, diante de um sistema metafísico ou de uma tradição oculta, acusarem-na de um dualismo que só foi introduzido nela pela imperfeição atual da mentalidade humana, e para se deixar aproximar desta mentalidade. Há uma reprovação a fazer, com efeito: mas é a eles mesmos que estes excelentes espíritos devem dirigi-la, repreendendo-se por ainda permanecerem homens. É preciso aí nos resignar: jamais saberemos, como homens, a verdade, e isto que cremos verdade não é a verdade, exatamente porque compreendemos que ela o é, ou que ela pode sê-lo [4]. É assim com uma precaução infinita, que a Tradição comporta um aspecto da verdade – ou de Deus – capaz enfim ser apreendida por nossa inteligência. E a fim de que este aspecto não seja pronunciado (e não dê lugar, portanto, a uma frase falsa ou a interpretações errôneas), este aspecto não é um caracter, nem mesmo uma ideia: é um desenho. Este é o arcano, linear e metafísico, da Perfeição Passiva (Khouen).

E, para penetrarmos a fundo esta questão e não voltarmos mais a ela, este aspecto não é um reflexo. A Perfeição Passiva não é um reflexo da Perfeição Ativa, como seria, na água, o reflexo de um astro, ou seja a metade de uma ficção. A Perfeição Passiva é de modo absoluto uma entidade idêntica, ou melhor, que deve ser idêntica à entidade da Perfeição Ativa, salvo por esta circunstância, que é o podermos nos aproximar dela. Dito de outra maneira, a Perfeição Ativa, captada pelo nosso entendimento imperfeito, torna-se a Perfeição Passiva; entretanto ela permanece a Perfeição, e é aí que aparece sua misteriosa realidade abstrata.

Se transpusemos a verdade numérica para o plano divino (ou metafísico transcendental), podemos dizer que a Perfeição Passiva está para a Perfeição Ativa assim como o um está para o zero, sendo que ambos, mesmo sendo cifras diferentes, não passam do mesmo número, o primeiro dos números e o único número.


Ver online : LA VOIE MÉTAPHYSIQUE


[1Khièn et Khouèn. Ces deux termes généralisateurs sont employés pour désigner l’idée de Dieu ; nous continuons à la rendre par Perfection, terme inférieur. Mais nous répugnons à charger la métaphysique transcendantale d’une nouvelle terminologie, nous rappelant que les terminologies sont des sujets de discussions, d’erreurs, et de discrédit ; ceux qui les créent, pour les besoins apparents de leurs démonstrations, en hérissent incompréhensiblement leurs textes, et s’y attachent avec tant d’amour que souvent ces terminologies, arides et inutiles, finissent par constituer l’unique nouveauté du système proposé.

[2Car, si la vérité est parfaite et que nous ayons la vérité, nous participons à la perfection, et nous sommes des dieux : cette supposition paraît ridicule ; ou bien, si nous sommes imparfaits et si nous possédons la vérité, c’est alors que la vérité n’est point parfaite ; et cette fois, la supposition est vraiment ridicule.

[3Khien e Khouen. Estes dois termos generalizadores são empregados para designar a ideia de Deus; continuamos a rendê-la por Perfeição, termo inferior. Mas não queremos carregar a metafísica transcendental com uma nova terminologia, lembrando que as terminologias são objeto de discussões, erros e descrédito; aqueles que as criam, pela necessidade aparente de suas demonstrações, lotam com elas seus textos de forma incompreensível, e agarram-se a elas com tanto amor que muitas vezes estas terminologias, áridas e inúteis, acabam por ser a única novidade do sistema proposto.

[4Pois, se a verdade é perfeita e nós temos a verdade, nós participamos à perfeição, e somos deuses; esta suposição parece ridícula; ou bem, se somos imperfeitos e se possuímos a verdade, é enão que a verdade não é perfeita; e, desta vez, a suposição é verdadeiramente ridícula.