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Boehme: Breves passagens notáveis

quinta-feira 14 de outubro de 2021

XII, 1. Que la fontaine découverte dans le cœur de Jésus-Christ   soit notre rafraîchissement, qu’elle nous ouvre ce cœur afin que nous vivions de sa force, que nous nous réjouissions en lui et que, en lui unis, nous nous aimions, nous nous connaissions et que nous pénétrions en une même volonté. (Epistolæ Theosophicæ)


Saint-Martin

XX, 51. La chair signifie : 1. la génération la plus extérieure, qui est la maison de la mort ; 2. La seconde génération dans l’homme?, ou le sidérique, dans lequel est la vie, et où l’amour et la colère combattent l’un l’autre.

52. Et l’homme peut porter jusque-là la connaissance? de lui-même : car l’engendrement sidérique enfante la vie dans la plus extérieure génération, c’est-à-dire dans la chair morte?. (Jacob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

50. [Note three sorts of births or genitures in man?]

The flesh signifieth, 1. The outward birth or geniture, which is the house of death. 2. The second birth or geniture in man is the astral, in which the life standeth, and wherein love and wrath wrestle the one with the other; and thus far man himself knoweth himself; for the astral birth generateth the life in the outermost, that is, in the dead flesh. 3. The third birth is generated between the astral and the outermost, and that is called the animated or soulish birth or geniture, or the soul, and is as large as the whole man.

51. And that birth or geniture the outward man neither knoweth nor comprehendeth; neither doth the astral comprehend it, for every qualifying or fountain spirit? comprehendeth only its innate or instant root, which signifieth or resembleth the heaven.


Saint-Martin

XIX, 108. Lorsque votre lumière est éteinte, alors vous êtes dans les ténèbres ; mais la colère de Dieu est cachée dans les ténèbres : lorsque vous la réveillez, alors elle brûle en vous.

109. Dans une pierre il y a aussi du feu ; toutefois si l’on? ne frappe pas dessus, le feu demeure caché ; mais lorsqu’on frappe dessus, alors le feu jaillit. S’il y a auprès quelque chose? d’inflammable, cela brûle, et il en résulte un grand feu. Il en est aussi de même de l’homme, lorsqu’il allume le feu de la colère qui est dans son repos. (Jacob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

132. For when thy light? is extinguished, then thou standest in the darkness, and in the darkness the wrath of God is hidden, and so if thou awakenest it, then it burneth in thee.

133. There is fire even in a stone, and if you do not strike upon the stone, the fire remaineth hidden, but if you strike it, then the fire springs forth; and then, if any combustible matter be near it, that matter will take fire and burn, and so it cometh to be a huge fire; and thus it is with man also, when he kindleth the resting wrath-fire, which otherwise is at rest.


Saint-Martin

XIX, 106. Aussi vous voyez comment la colère de Dieu repose et demeure cachée dans la génération la plus extérieure de la nature?, et ne peut pas s’éveiller à moins que les hommes ne la réveillent eux-mêmes, en inqualifiant par leur engendrement charnel avec la colère, dans l’engendrement le plus extérieur de la nature.

107. C’est pourquoi si quelqu’un devait être condamné à la damnation de l’enfer, il ne faudrait pas dire que Dieu en fût l’auteur, ou qu’il l’eût voulu ; mais que l’homme a éveillé lui-même en soi le feu de la colère, qui, lorsqu’il est allumé, inqualifie ensuite avec la colère de Dieu, et le feu infernal, comme ne faisant qu’un [1]. (Jacob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

130. Thou seest also how the wrath of God lieth hid and resteth in the outermost birth of nature, and cannot be awakened, unless men themselves rouse or awaken it, who with their fleshly birth or geniture qualify, operate or unite with the wrath in the outermost birth of nature.

131. Therefore if any one should be damned into hell, he ought not to say that God hath done it, or that God willeth it to be so; but man awakeneth or stirreth up the wrath-fire in himself, which, if it groweth burning, afterwards qualifieth, mixeth or uniteth with God’s wrath and the hellish fire, as one thing.


Saint-Martin

XIX, 99. Et quoique le démon ne puisse pas me dérober la lumière ; cependant il me la couvre souvent, avec l’engendrement le plus extérieur et charnel, en sorte? que l’engendrement est dans l’angoisse comme s’il était prisonnier.

100. C’est de lui seul que viennent ces coups, par le moyen desquels le grain de sénevé est recouvert : ce qui a fait dire aussi au saint apôtre Paul, qu’il recevait de grands assauts dans sa chair, et qu’il avait prié le seigneur   de l’en délivrer, sur quoi le seigneur   lui avait répondu que sa grâce lui suffisait (2 Cor. 12. 7-9). (Jacob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

122. And though the devil cannot take the light from me, yet he often hideth or eclipseth it with the outward and fleshly birth or geniture, so that the astral birth or geniture is in anxiety, and in a strait, as if it were captivated or imprisoned.

123. These are only his blows and strokes, whereby the mustard - seed is overwhelmed, covered and obscured: Concerning which also the holy Apostle Paul saith, [Cor. xii. 7-9] that a great thorn was given him in his flesh, and he besought the Lord earnestly to take it from him, whereupon the Lord answered, Let my grace be sufficient for thee.


Saint-Martin

Peut-être pensez-vous que j’écrive terrestrement ? Si vous parveniez à cette clarté, vous ne diriez pas qu’elle est terrestre. Quoique je n’emploie qu’un langage? terrestre, cependant il y a dedans une véritable intelligence? céleste que, dans ma génération la plus extérieure, je ne pourrais ni écrire ni prononcer. (Jacob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

Or dost thou think? my writing is too earthly?

64. If thou wert come to this window, thou wouldst not then say that it is earthly: And though I must indeed use the earthly tongue?, yet there is a true heavenly understanding? couched under it, which in my outermost birth I am? not able to express, either in writing or in speaking.


Saint-Martin

52. La porte de la divinité n’est pas différente, ni plus resplendissante dans le ciel supérieur que dans ce monde? ; et où pourrait-il y avoir une plus grande joie? que dans un lieu où, à tous les moments, il arrive au Christ   de beaux et chers nouveau-nés, et des anges? qui, au travers de la mort, sont lancés dans la vie ? (Sans doute? ils y font les récits de nombreux combats.) Et où pourrait-il y avoir une plus grande joie que là où la vie est engendrée sans interruption, au milieu? de la mort ? (Jacob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

60. The gate of the Deity in the upper heaven is no other, also no brighter, than it is in this world: And where can there be greater joy than in that place, where every hour and moment there cometh to Christ   beautiful, loving, dear, new-born children and angels, who are pressed or penetrated through death into life?

61. Doubtless they will have to tell of many fights: and where can there be greater joy, than where, in the midst or centre of death, life is generated continually?


Saint-Martin

C’est pourquoi, vous, fils de l’homme, ne soyez pas timide et découragé, lorsque, dans votre zèle et dans votre ardeur, vous semez la semence de vos larmes. Ce n’est pas sur la terre que vous les semez, mais dans le ciel : car vous semez dans votre génération sidérique, mais vous moissonnerez dans l’animique, et vous en aurez la possession et la jouissance dans le royaume céleste. (Jacob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

44. Therefore, thou child of man, be not discouraged, be not so timorous and despondent; for if thou sowest in thy zeal and earnest sincerity the seed of thy tears, thou dost not sow it in earth, but in heaven; for in thy astral birth thou sowest, and in thy animated or soulish birth thou reapest, and in the kingdom of heaven thou possessest and enjoyest it.


Saint-Martin

XIX, 18. Mais l’esprit animique qui inqualifie [2] avec Dieu [3], les saisit bien. Pour le corps animal?, il n’en a que la lueur, comme quand il fait des éclairs ; car tel est l’état de l’enfantement le plus intérieur de l’âme, quand, à travers de la génération la plus extérieure, elle se porte dans l’ascension de l’esprit saint, et traverse les portes de l’enfer. Mais à l’instant elle est renfermée derechef par l’engendrement le plus intérieur ; car la colère de Dieu la verrouille aussitôt, et la tient prisonnière dans sa puissance. (Jakob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

19. But the animated or soulish spirit, which qualifieth or uniteth with God, that comprehends it well; but the bestial body attains only a glimpse thereof, just as if it lightened: For thus presenteth itself the innermost birth or geniture of the soul, when it teareth through the outermost birth or geniture in the elevation of the Holy Ghost, and so breaketh through the gates of hell; but the outermost birth presently shuts again; for the wrath of God bolteth up the firmament, and holds it captive in its power.


Saint-Martin

XI, 79. ... l’âme, quand elle perce en avant dans son combat [4] ; elle contemple la divinité comme un éclair, mais la source de péché la recouvre bien vite : car le vieil Adam   appartient à la terre, et ne peut point aller avec cette chair dans la divinité. (Jakob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

146. So it goes also in the soul, when it presseth or breaks quite through in its flight or combat, then it beholdeth the Deity, as a flash of lightning; but the source, quality? or fountain of sins covereth it suddenly again: For the Old Adam   belongeth to the earth, and doth not, with this flesh, belong to the Deity.


Saint-Martin

XI, 72. Et quand même un ange du ciel me dirait ceci, je ne pourrais cependant pas le croire ; encore moins le comprendre. Car je douterais toujours si les choses se passent ainsi. Mais comme le soleil? lui-même se lève dans mon esprit, c’est pour cela que je suis sûr de la chose, et je vois moi?-même l’origine? et la génération des saints anges et de toutes choses, soit dans le ciel, soit dans ce monde. Car l’âme sainte ne fait qu’un même esprit avec Dieu ; quoiqu’elle ne soit qu’une créature, elle est cependant semblable aux anges, et même l’âme de l’homme voit beaucoup plus profondément que les anges. Les anges ne voient que jusque dans la pompe céleste ; mais l’âme voit le céleste et l’infernal, car elle vit entre l’un et l’autre. (Jakob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

136. Though an angel from heaven should tell this (knowledge) to me, yet for all that I could not believe it; much less lay hold on it, for I should always doubt whether it were certainly so or no: But the sun itself ariseth in my spirit, and therefore I am most sure of it, and I myself do see the proceeding and birth of the holy angels, and of all things both in heaven and in this world.

137. For the holy soul is one spirit with God; though indeed it is a creature, yet it is like to the angels: Also the soul of man seeth much deeper than the angels; for the angels see only to [5] the heavenly pomp, but the soul seeth both the heavenly and the hellish, for it liveth between both.


Saint-Martin

XI, 69. Car l’homme, aussi bien que les anges, est produit de toutes les puissances de Dieu [6], de tous les sept esprits de Dieu. Mais comme il est corrompu maintenant, la génération divine ne bouillonne pas toujours en lui, non plus que dans tous les hommes ; et quand même elle bouillonnerait en lui, la sublime? lumière ne brille pas à l’instant dans tous pour cela, et si elle y brille la nature corrompue ne la saisit cependant pas : car l’esprit saint ne se laisse pas saisir ni retenir dans la chair pécheresse ; mais il monte comme un éclair, comme le feu de la pierre quand on la frappe. (Jacob Boehme  , Aurore)

John Sparrow

For man is made out of all the powers of God, out of all the seven spirits of God, as the angels also are. But now seeing man is corrupted, therefore the divine birth doth not always spring, qualify or operate in him; no, nor in all men either: And though indeed it springeth in him, yet the high light doth not presently shine in all men; and though indeed it doth shine, yet it is incomprehensible to the corrupted nature. For the Holy Ghost will not be caught, held or retained in the sinful flesh, but riseth up like a flash of lightning, as fire flashes and sparkles out of a stone, when a man strikes fire upon it.


Français

Car j’ai vu et j’ai connu l’essence? de tous les êtres, le fondement et le néant [7]. Et aussi la naissance de la Sainte Trinité et l’origine et l’état premier (Urstand) de ce monde et de toutes les créatures dans la Sagesse divine. J’ai connu et j’ai vu en moi-même les trois mondes : le monde divin, angélique ou paradisiaque, le monde des ténèbres, fondement de la nature ignée, et ce monde extérieur et visible comme créature engendrée ou exprimée par les deux mondes spirituels intérieurs. J’ai vu et j’ai connu toute l’essence, dans le mal? et dans le bien?, comment l’un est fondé sur l’autre et en provient, comme la mère d’une accouchée. Non seulement, j’en ai été émerveillé, mais encore rempli de joie. (Jacob Boehme  , Epistolæ Theosophicæ)

English

For I saw and knew the Being? of all Beings, the Byss (the ground or original foundation), and Abyss? (that which is without ground, or bottomless and fathomless); also the birth [or eternal generation] of the holy Trinity; the descent, and original of this world, and of all creatures, through the divine wisdom; I knew and saw in myself all the three worlds; namely, the divine, angelical, and paradisiacal [ world ] and then the dark world; being the original of nature to the fire: And then thirdly, the external, and visible world, being a procreation, or extern birth; or as a substance expressed, or spoken forth, from both the internal and spiritual worlds; and I saw, and knew the whole Being [or working essence] in the evil, and in the good; and the mutual original, and existence? of each of them; and likewise how the pregnant mother (genetrix or fruitful bearing womb of eternity) brought forth, so that I did not only greatly wonder at it, but did also exceedingly rejoice.


Français

Je n’ai jamais désiré connaître quelque chose du Mystère divin. Je comprenais encore moins de quelle façon je pouvais le chercher ou le trouver. Je n’en savais pas plus que de simples? laïcs. J’ai uniquement cherché le cœur de Jésus-Christ   pour y trouver refuge devant la terrible colère de Dieu [8] et les attaques du diable. Et j’ai prié ardemment Dieu de me donner son Esprit saint et la grâce de me bénir, de me conduire, de m’enlever ce qui pouvait m’éloigner de lui, de me rendre entièrement à lui de façon que je ne vive point suivant ma volonté, mais selon la sienne ; j’ai prié pour que lui seul me dirige et que je puisse être son enfant dans son fils Jésus-Christ  . (Epistolæ Theosophicæ)

J. Ellison

For I never desired to know anything of the Divine Mystery, much less understood I the way how to seek or find it; I knew nothing of it, as it is the condition of poor lay-men in their simplicity, I sought only after the heart of Jesus Christ  , that I might hide myself therein from the wrathful anger of God. and the violent assaults of the devil; and I besought the Lord earnestly for His holy spirit, and His grace, that He would be pleased to bless and guide me in Him; and take that away from me, which did turn me away from Him, and I resigned myself wholly to Him, that I might not live to my own will, but to His; and that He only might lead and direct me: to the end, that I might be His child in His Son Jesus Christ  .



Ver online : JACOB BOEHME


[1« L’état de l’enfer est bien loin d’être tel que Babel l’enseigne, lorsqu’elle dit que le démon frappe et martyrise les âmes ; elle parle tout à fait en aveugle. Le démon n’est point en discorde avec ses enfants. (...) Chacun a son propre enfer, et n’est atteint par aucune autre chose que son propre poison. » (Psychologia Vera, XVIII, 20.)

[2« Le mot inqualifier, qui est de mon auteur (Saint-Martin), signifie le concours actif et simultané de diverses facultés, d’où résulte pour elles une imprégnation respective. » Saint-Martin dans son « Avertissement », Aurore, t. I, p. 26.

[3Traduction de Sparrow : The animated or soulish spirit, winch unfolds its powers and unites with God...

[5"see only to" (sehen allein bis in), " see only into," i.e. as far as into.

[6Ces puissances, Boehme les appelle qualités, sources-esprits, esprits de Dieu, esprits de la nature, etc.

[7« Dann ich sahe und erkante das Wesen aller Wesen, den Grund und Ungrund. » « L’Ungrund de Jacob Boehme, écrit très justement Alexandre Koyré, est l’Absolu absolument indéterminé, l’Absolu libre de toute détermination. Sa notion correspond assez exactement à celle du Rien divin de la mystique allemande classique » (La Philosophie de Jacob Boehme, p. 281).

[8« Tu sais que Dieu lui-même est tout, et qu’il n’y a que trois principes ou trois engendrements qui sont la diversité de son essence ; autrement, tous les êtres ne seraient qu’un seul être, et tout serait absolument Dieu pur. Si cela était, tout ne serait qu’une agréable douceur. Mais où le mouvement, le royaume, la puissance et la souveraineté ? C’est pourquoi nous avons souvent dit que la colère est une racine de la vie, et que quand elle est sans lumière, elle n’est pas Dieu, mais feu infernal ; mais si la lumière brille dans cette racine, elle devient paradis et royaume de joie. » De Tribus Principiis, xxv, 78