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Tchoang-Tzeu: Pas de contraires dans le Principe

domingo 16 de novembro de 2008

E. — Vous dites, m’objecte-t-on, qu’il n’y a pas de distinctions. Passe pour les termes assez semblables ; mettons que la distinction entre ceux-là n’est qu’apparente. Mais les termes absolument opposés, ceux-là comment pouvez-vous les réduire à la simple? unité? ? Ainsi, comment concilier ces termes : origine? de l’être, être sans origine, origine de l’être sans origine ; et ceux-ci : être et néant, être avant le néant, néant avant l’être. Ces termes s’excluent ; c’est oui ou non. — Je réponds : ces termes ne s’excluent, que si on les envisage comme existants. Antérieurement au devenir, dans l’unité du principe? primordial, il n’y a pas d’opposition. Envisagés dans cette position, un poil n’est pas petit, une montagne n’est pas grande ; un mort?-né n’est pas jeune, un centenaire n’est pas âgé. Le ciel?, la terre?, et moi?, sommes du même? âge. Tous les êtres, et moi, sommes un dans l’origine. Puisque tout est un objectivement et en réalité?, pourquoi distinguer des entités par? des mots?, lesquels n’expriment que des appréhensions subjectives et imaginaires? Si vous commencez à nommer et à compter?, vous ne vous arrêterez plus, la série? des vues subjectives étant? infinie. — Avant le temps, tout était un, dans le principe fermé comme un pli scellé. Il n’y avait alors, en fait de termes, qu’un verbe? général. Tout ce qui fut ajouté depuis, est subjectif, imaginaire?. Telles, la différence entre la droite et la gauche, les distinctions, les oppositions, les devoirs. Autant d’êtres de raison?, qu’on désigne par des mots auxquels rien? ne répond dans la réalité. Aussi le Sage? étudie-t-il tout dans le monde? matériel? et dans le monde des idées, mais sans se prononcer sur rien, pour ne pas ajouter une vue? subjective de plus, à celles qui ont déjà été formulées. Il se tait recueilli, tandis que le vulgaire pérore, non pour la vérité?, mais pour la montre, dit? l’adage. — Que peut-on dire de l’être universel, sinon qu’il est ? Est-ce affirmer quelque chose?, que de dire, l’être est ? Est-ce affirmer quelque chose, que de dire, l’humanité? est humaine, la modestie est modeste, la bravoure est brave? Ne sont-ce pas là des phrases vides qui ne signifient rien ?... Si l’on pouvait distinguer dans le principe, et lui appliquer des attributs, il ne serait pas le principe universel. Savoir? s’arrêter là où l’intelligence? et la parole font défaut, voilà la sagesse. A quoi bon chercher des termes impossibles pour exprimer un être ineffable ? Celui qui comprend qu’il a tout en un, a conquis le trésor céleste, inépuisable, mais aussi inscrutable. Il a l’illumination compréhensive, qui éclaire l’ensemble sans faire? paraître de détails. C’est cette lumière?, supérieure à celle de dix soleils, que jadis Chounn vantait au vieux Yao. (Tchoang-tzeu, 2.)


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