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| + | Desde a época de Descartes, um novo personagem ocupa a cena filosófica: | ||
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| + | A linguagem comum conhece dois usos da palavra francesa " | ||
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| + | Desde o século XVII, a linguagem dos filósofos acrescentou um novo significado a esses dois usos: designar, como substantivo, | ||
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| + | Portanto, haveria operações nas quais o sujeito só poderia ser identificado como um eu, seja como o de alguém ou como o eu sem mais. Mas então caímos em um embaraço, porque temos a impressão de que o sistema comum de pessoas gramaticais não nos permite localizar esse eu no lugar que deveria ser o seu. Era preciso que se encontrasse ao mesmo tempo na terceira pessoa (para que se pudesse dizer "o eu") e na primeira (posto que toda a ideia é explicar o que faz que eu sou eu). | ||
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| + | A questão do sujeito — ou seja, a pergunta " | ||
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| + | Suponha que a resposta à nossa pergunta sobre a identidade de alguém seja "Isto é eu". Quais são as transformações pelas quais a filosofia do eu consegue trocar essa resposta "Isto é eu" em uma resposta que menciona um ser chamado o eu? | ||
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| + | <tabbox Original> | ||
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| + | Depuis l’époque de Descartes, un nouveau personnage occupe la scène philosophique : le moi (tandis que d’autres personnages s’éclipsent, | ||
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| + | Le langage ordinaire connaît deux emplois du mot français « moi ». Comme pronom personnel de la première personne du singulier, il peut aussi bien servir de complément à un verbe (« parle-moi de lui ! ») que renforcer en apposition le sujet de la phrase (« moi je pense », ego cogito). Par ailleurs, il peut perdre son statut pronominal (et donc sa fonction référentielle) pour devenir un adjectif désignant une qualité de présence à soi (comme lorsqu’on dit après un accès de fureur : « Je n’étais plus moi-même »). | ||
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| + | Depuis le XVIIe siècle, la langue des philosophes ajoute à ces deux emplois une nouvelle signification : désigner, à titre de substantif, le sujet de certains actes remarquables. Car c’est assurément d’un sujet au sens d’un agent que l’on peut dire des choses telles que : « le Moi se pose absolument », « le moi n’existe pour lui-même qu’en tant qu’il se connaît, et ne se connaît qu’en tant qu’il agit » (et l’on pourrait multiplier les exemples d’opérations attribuées à un sujet — le moi — dont le philosophe entreprend de décrire l’activité, | ||
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| + | Il y aurait donc des opérations dont le sujet ne pourrait être identifié que comme un moi, que ce soit comme le moi de quelqu’un ou comme le moi sans plus. Mais nous tombons alors dans un embarras, car nous avons l’impression que le système ordinaire des personnes grammaticales ne nous permet pas de situer ce moi à la place qui doit être la sienne. Il faudrait qu’il se trouve à la fois à la troisième personne (pour qu’on puisse dire « le moi ») et à la première (puisque toute l’idée est d’expliquer ce qui fait que je suis moi). | ||
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| + | La question du sujet — à savoir la question « Qui ? » quand on la pose à des fins d’identification — peut-elle être posée autrement qu’à la troisième personne ? Nous demandons : qui est cette personne ? qui a peint ce tableau ? qui gardera la clé de la maison ? À chaque fois, si on connaît la réponse, on la donne en identifiant quelqu’un. Et si nous posons la question d’identité à la deuxième personne (« Qui es-tu ? »), nous attendons une réponse qui nous permette de parler de notre interlocuteur à la troisième personne en le nommant. | ||
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| + | Supposons que la réponse à notre question sur l’identité de quelqu’un soit « C’est moi ». Quelles sont les transformations par lesquelles la philosophie du moi parvient à échanger cette réponse « C’est moi » en une réponse mentionnant un être qui s’appelle le moi ? | ||
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