Página inicial > Glossário > essência

essência

domingo 13 de fevereiro de 2022

Comme celle l’être avec lequel elle entretient d’étroits rapports, la définition de l’essence tombe dans un cercle logique dès lors que définir, c’est déterminer l’essence de quelque chose. Définir l’essence de l’essence présuppose la saisie préalable de ce qu’il faut chercher.

Le concept d’essence fait partie d’un groupe de déplacements constitué aussi, en dehors du concept d’être, par ceux d’existence, de nature et de substance auxquels tantôt il se substitue, tantôt il s’oppose.

Le mot latin « essentia » dont nous avons tiré le nôtre était déjà une construction à partir de termes et d’expressions grecs qui n’en étaient pas l’exact équivalent. Pourtant Thomas d’Aquin   écrivait dans son traité L’Être et l’Essence qu’ousia pour les Grecs « est l’équivalent de l’essence pour nous ». Or il se trouve que ousia, d’abord utilisé en grec dans les composés parousia (présence) et apousia (absence) a également été traduit en latin par substantia, laquelle est la transcription du grec hupostasis « ce qui se tient dessous ». Platon   avait utilisé ce mot d’ousia pour désigner l’Idée, et Aristote   pour désigner la substance. Sénèque dit de essentia qu’il est un néologisme indispensable pour rendre ce mot grec. Mais le terme ne s’imposera qu’avec saint Augustin   et il ne sera pas retenu par Boèce comme traduction d’ousia, pourtant formé sur le même modèle (participe présent substantivé du verbe « être », esse en latin, eïnaï en grec) : c’est celui de substance qui sera choisi. Boèce réserve le terme d’essentia aux universaux. Les implications en seront considérables : l’essence ne désigne pas la chose comme substrat mais la nature de la chose ; elle correspond à ce qu’Aristote   appelait substance seconde, prédicable de plusieurs individus (comme « homme » à propos de Socrate  ) plutôt qu’à la substance première (Socrate   comme individu concret). [ECTP  ]


When οὐσία was later translated as “essence,” which is still done today to an exceptional extent and is recalled more or less explicitly, one had to be clear about what was understood in using the determinations “essence,” “intuition of essence,” “essential context”; one must be clear as to whether or not one wants to exhibit beings with the same sense of being meant by the Greeks. If that is not the case, what one means by being must be exhibited; to the extent that this does not happen, all intuition of essences is suspended, which indeed is the case. The Greek being-concept did not fall from the sky, but had its definite ground. [Heidegger  , GA18  :40]
« L’essence d’une chose [selon Aristote  ] se compose de tout ce qui s’en affirme universellement et sans quoi elle ne peut être conçue, c’est-à-dire, de ses attributs nécessaires. » (M. Ravaisson, t.1, p. 520.) [Bouillet  ]
LÉXICO: essência; v. quididade, ousia