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hautos

domingo 17 de outubro de 2021

On rend ainsi par « soi » hautós, qui est employé par Plotin   de façon substantivée, comme l’avait fait Platon   dans l’Alcibiade alors qu’il se demandait ce qu’était au juste le « soi-même » lorsqu’on cherchait à obéir à l’injonction delphique à se « connaître soi-même ». Le soi en l’homme, c’est l’âme. Plotin   énumère ici deux possibles définitions du rapport de l’âme et du corps. La seconde est donc celle de l’Alcibiade (le corps est l’instrument de cet usager qu’est l’âme) ; la première est celle d’Aristote   (qui soutient, notamment dans le traité De l’âme, II, 1  , 412a6-22, que le corps est à l’âme ce que la matière est à la forme). Les deux définitions conduisent bien à la même conclusion, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de les confronter pour l’instant. Voir aussi Alexandre d’Aphrodise  , De anima, Suppl. Aristot., II, 1  , p. 2.1-2 et Aristote  , Métaphysique, Z, 10, 1035b14-16 ; H, 3, 1043b3-4. Plotino - Tratado 2,1 (IV,7,1) - somos inteira ou parcialmente imortais?


Le soi n’étant pas un moi, toute caractérisation de son fond comme certitude de soi étant exclue, le fond du soi n’étant pas un sujet, il apparaît donc que ce soi, une fois fondé en son être propre, risque fortement de ne plus être littéralement un soi, de voir son nom s’effacer au gré du dégagement de sa possibilité, d’être repris par ce dont il est la problématique manifestation, c’est-à-dire de perdre son nom au fur et à mesure que se gagnera la pensée de son être. En tant que fonction ontologique omnipersonnelle, le soi devra nécessairement voir évoluer sa propre dénomination que le langage courant utilise sans penser à ce qu’il implique. La fonction « soi » semble bien destinée déjà, sur la base de ce que nous connaissons de son comportement essentiel, à voir le problème qu’elle incarne faire évoluer la notion elle-même à mesure que ce problème avancera sur la voie de sa résolution. Le soi dissimule trop d’implicites, dont nous avons à présent déjà idée, pour ne pas se dilater en ceux-ci afin, précisément, de mieux gagner son essence : par le dégagement de la pensée de son origine, le soi n’est pas voué à se dissoudre mais à se reconquérir en vérité et à voir ainsi évoluer sa propre conscience et, partant, son propre nom. Le soi est une activité, un agir, un sensible non sensible, un étant non ontique, une présence non donnée comme un déjà-là-sous-la-main ; quand on dit « le soi », il ne faut pas penserà une chose disponible qu’on pourrait [72] saisir comme telle et prendre en main au sens propre, il faut au contraire penser à un acte en propre. Nous sommes de toute façon confrontés d’emblée à la difficile et toujours insatisfaisante nominalisation d’un processus multiforme. Quand on entend le mot « soi », il faut d’ores et déjà avoir en tête la vibration de ce procès – de même que lorsqu’on parle du boire, du manger, du devenir, etc. (sous-entendu l’acte de boire, l’acte de manger, l’acte de devenir). [Caron  ; PEOS  :71-72]
LÉXICO: hautos