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Schubert Naturphilosophie

domingo 20 de março de 2022

      

Excertos do segundo tomo do livro "Le Romantisme  "

Gottfried Heinrich Schubert   (1780-1860) a publié en 1808 un traité intitulé Aperçus sur le côté nocturne de la science de la nature, un des textes majeurs de l’épistémologie romantique, qui reprend des thèmes déjà développés dans ses Ahndungen einer allgemeinen Geschichte des Seeles (1806-1807). L’histoire de la vie se confond avec l’histoire de l’âme, animatrice du Cosmos en évolution progressive. Un chapitre des Aperçus, consacré à « ce qu’on est convenu d’appeler la nature inorganique », montre que la nature prétendument sans vie est travaillée du dedans par un devenir qui bientôt s’accomplira dans les formes végétales ou animales. Werner a montré que les couches sédimentaires récentes sont formées en grande partie par des calcaires, résidus d’animaux fossiles ; ce même calcaire est l’un des éléments constituants des vivants actuels. « Le feldspath est, dans le granit, le représentant de l’hiéroglyphe prophétique des animaux récents ». Les minéraux sont étroitement associés à l’histoire de la vie, et Schubert caractérise à plusieurs reprises le granit de roche « romantique ». Les formes du relief, en particulier dans les montagnes, annoncent les configurations des êtres vivants; les piliers rocheux soumis à la loi de la pesanteur symbolisent le magnétisme universel et la loi de polarité ; « ainsi trouvons-nous dans les structures les plus massives l’annonciation des approches du monde organique, la colonnade des troncs d’arbres et les premières formes par lesquelles s’exprime l’animalité (...) En général, le passage de l’ordre minéral dans l’ordre végétal et animal   doit être cherché dans les métaux » [1]. La cristallisation du grenat, du rubis, du phosphore, du soufre annonce déjà la structure cellulaire des tissus vivants. « Le règne des métaux dans son ensemble paraît se situer à la frontière des deux mondes; né de la décadence, corruption et destruction de l’inorganique, il paraît porter en soi le germe de la nouvelle ère organique. La Nature renaît de sa tombe et d’un état qui ressemble à la putréfaction sous les espèces du monde organique ; la cause de son renouveau est celle même qui a suscité la déchéance du monde inorganique. Ainsi se dresse joyeusement une ère nouvelle sur les décombres de l’ancienne ! » (65).

La géologie, convertie en géognosie ou en géosofia, se présente comme une étape initiale dans l’odyssée de la vie, qui progresse par aspiration de l’inférieur par le supérieur. Le domaine minéral se définit comme l’une des inscriptions premières de la vie universelle. Dès avant s’affirme la priorité de l’esprit  , qui suscite l’initiative vitale de la lumière, fondement   de la vie organique, conjointement avec les forces cosmiques de l’électricité, du magnétisme terrestre et de la gravitation. Un même processus   global se trouve à l’ouvre « depuis les mouvements vitaux (Lebensbewegungen) de l’aimant jusqu’à ceux de l’animal ». Schubert estime, comme Oken, que la vie est sortie de la mer, sous la forme d’organismes élémentaires, disparus par la suite. Les premières décennies du XIXe siècle voient affluer les informations relatives aux fossiles ; les Naturphilosophen utilisent les données de la paléontologie, en voie de constitution, en particulier grâce aux efforts de Cuvier (1769-1832), qui prolonge vers les origines de l’histoire de la vie sur la terre les méthodes de l’anatomie comparée. Le savoir romantique, dans une période de transition, ne néglige pas, bien au contraire, les progrès de la connaissance.



[1G. H. von Schubert, Ansichten von der Nachtseite der Naturwissenschaft, VII (1808); 3e éd., Dresde, 1827, p. 151.