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Torella : la conscience

jeudi 21 juin 2018

Français

S’il y avait une réelle différence de nature? entre la conscience? et les choses, le phénomène de la connaissance? serait impossible, parce que les choses, qu’elles aient ou non une forme concrète (les atomes), ne peuvent devenir l’objet? de la conscience (IV.30). Aucune relation entre les choses elles-mêmes ne serait possible, si elles ne partageaient pas un même principe (V. 1) ; ce principe est précisément la conscience, qui existe également en toutes choses (V. 12). « Être » est, en réalité, uni à la manifestation de la conscience (cidvyaktiyogitā, voir IV.29 et IV.7ab). Ainsi tout est omniprésent, incorporel et doté de volonté, comme la conscience (V.4). Si les choses peuvent être efficaces, c’est parce qu’elles « veulent » une action? particulière qui leur est propre (V. 16,37). Et s’ils le veulent, ils doivent aussi le connaître, en d’autres termes être conscients - d’abord et avant tout, d’eux-mêmes. Tout est dans toutes les conditions [1] Se connaissant eux-mêmes (V. 105ab). Et ce soi-même, continue Somānanda dans un crescendo visionnaire, est le même que le mien, comme celui d’autres sujets : « Le pot sait par moi-même. Je sais par son soi ; je sais par le soi de Sadāśiva, Sadāśiva sait par moi-même ... » (V. 106 ab AB
Aitareya Brāhmana
Aitareya Brahmana
Rigveda Brahmanas : The Aitareya and Kausitaki Brāhmanas of the Rigveda, cd. A. B. Keith, Cambridge, Mass., 1920 (HOS XXV).
) Toutes choses ont l’essence de tous les autres, parce que chaque chose? a la forme-nature de toutes choses. avec la variété des formes, j’ai la nature du vase, le vase a la miennne, en se connaissant par les choses différentes, Śiva Shiva
Śiva
le Seigneur
Śiva e Śakti, Deus e seu Poder, formam uma unidade sem dualidade.
réside de manière autonome, étant constitué par la manifestation de la conscience et différencié dans les diverses différenciations (V. 109). Une fois qu’il a été établi que tout a la nature de Śiva, la question de l’unité et de la multiplicité de l’univers devient inutile, de même que la question de sa réalité-vérité, même en ce qui concerne la soi-disant cognition « erronée » il n’y a pas de fausseté réelle (mithyātva), parce que même aux yeux d’un opposé, elle a, de toute façon, une sorte d’efficacité (IV, 18-20). Bien que le monde? de l’expérience ordinaire (vyavahāra) soit irréel, la réponse est que le Seigneur est aussi manifeste dans l’irréalité [2] (III.77). Mais quelle est alors la nature des choses manifestées, qui d’une part sont limitées et, d’autre part, jouissent d’un état d’expansion, s’unissant à la pacification suprême de Śiva (V.6) ? Comme tout ce qui existe, ce sont des états dans lesquels Śiva se manifeste librement (IV.47). Il est vrai qu’ils ont du pouvoir, ils sont śakta, mais, comme le montre aussi l’expérience quotidienne, avoir du pouvoir ou pouvoir faire quelque chose ne signifie pas être indépendant [3]. S’ils sont śaktis, Śiva est le possesseur de ces śaktis, bien qu’étant inséparable d’eux ; il est le seul vrai śakta d’une manière aussi infinie que ses pouvoirs (IV.4-5). Si ce sont des états (avasthā bhāva), il est leur substratum [4].

Original

If there were a real diffence in nature between consciousness and things, the phenomenon? of knowledge would be impossible, because things, whether they have a concrete form or not (atoms), cannot become the object of consciousness (IV.30). No relation between things themselves would be possible, if they did not share one and the same principle (V. 1) ; this principle is precisely consciousness, which exists equally in all things (V. 12). ‘Being’ is, actually, being united with the manifestation of consciousness (cidvyaktiyogitā ; cf. IV.29 ; IV.7ab). Thus everything is pervasive, incorporeal and endowed with will, like consciousness (V.4). If things can be efficient, it is because they ‘want’ one particular action that is peculiar to them (V. 16,37). And if they want it, they must also know it, in other words be conscious - first and foremost, of themselves. All things are in all conditions [5] knowing their own self (V. 105ab). And that self, continues Somānanda in a visionary crescendo, is the same as mine, as that of other subjects : “The jar knows by my own self. I know by its self ; I know by the self of Sadāśiva, Sadāśiva knows by my self ..." (V. 106 ab). All things have the essence of all others, because every thing has the form-nature of all things. Everything is in everything, with the various configuration of forms. I have the nature of the jar, the jar has mine. In knowing himself through the different things, Śiva resides autonomously, being constituted by the manifestation of consciousness and differentiated in the manifold differentiations (V. 107cd-109). Once it has been established that everything has the nature of Śiva, the question of the unity and multiplicity of the universe becomes pointless, and so does the question of its reality-truth ; even as regards the so-called ‘erroneous’ cognition there is no real falsity (mithyātva), because even in the eyes of the opponent it has, anyhow, some kind of efficiency (IV. 18-20). Though the world of ordinary experience (vyavahāra) is said to be unreal, the reply is that the Lord is also manifest in unreality [6] (III.77). But what is then the nature of manifested things, which on the one hand are limited and, on the other, enjoy a state of expansion, being united with the supreme pacification of Śiva (V.6) ? Like everything that exists, they are states in which Śiva freely manifests himself (IV.47). It is true that they have power, they are śakta, but, as everyday experience also shows, having power, or being able to do something, does not mean being independent [7]. If they are śaktis, Śiva is the possessor of these śaktis, though being inseparable from them ; he is the only real śakta in ways as infinite as his powers (IV.4-5). If they are states (avasthā. bhāva), he is their substratum [8].


Voir en ligne : THE ĪŚVARAPRATYABHIJÑĀKĀRIKĀ OF UTPALADEVA WITH THE AUTHOR’S VRTTI


[1Le sujet ne peut pas être insensible même en ce qui concerne le simple « étant » ou « position » (V. 14).

[2Et aussi dans la douleur (V.9).

[3Si les choses étaient en elles-mêmes totalement indépendantes, l’unification (anusamdhāna) de leurs cognitions serait impossible (Śivadṛṣṭi vṛtti p.147).

[4Cf. (punition sur la racine bhū-) IV.51ab tasmād svayaṃ svabhāvena bhāvair bhāvī bhaved bhavah.

[5The subject cannot be insentient even with regard to the mere ‘being’ or ‘standing’ (V. 14).

[6And also in pain (V.9).

[7If things were in themselves totally independent, the unification (anusamdhāna) of their cognitions would be impossible (Śivadṛṣṭi vṛtti p. 147).

[8Cf. (punning on the root bhū-) IV.51ab tasmād svayaṃ svabhāvena bhāvair bhāvī bhaved bhavah.