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Jean Klein : Le corps est un objet de notre conscience

mercredi 20 juin 2018

Français

Q. Vous dites qu’il n’y a pas de sortie phénoménale hors de la cage de l’ego, mais pouvons-nous parvenir à l’état de relaxation profonde en travaillant d’abord sur le corps plutôt que d’attendre un aperçu ? Que pouvons-nous faire au niveau du corps pour nous aider à perdre l’idée d’être une entité individuelle ?

Jean Klein : Le corps est un objet? de notre conscience? ; il est senti ; cela se passe dans notre conscience. Le corps est en nous, mais nous ne sommes pas dans le corps. Si nous étions nous ne pouvions pas être conscients de cela.

Prenons un exemple. Vous vous sentez glacial. En ce moment, vous êtes identifié à la perception. Vous êtes perdu dans la sensation. Très rapidement, vous pensez ou dites : « Je suis? glacé » et la perception est perdue dans le concept. Vous êtes maintenant en défense, et vous essayez d’échapper au froid d’une manière ou d’une autre. Mais dès que vous ressentez le froid comme un objet en dehors du "je"?, par exemple, "Voici une masse de froid", vous n’échappez plus à la perception et la sensation vit dans votre conscience. Vous savez que vous n’avez pas froid, seul un objet est froid, il n’y a donc plus le réflexe de se défendre contre le froid. Lorsque votre observation est libre de toute anticipation, la sensation peut être ressentie et explorée et traitée comme un fait.

De même, lorsque nous faisons le travail sur le corps, la sensation est ressentie et explorée dans notre conscience. Il y a un espace entre "je" et la sensation. Vous n’êtes plus attaché à cela, l’objet. Le but du travail sur le corps est de nous faire prendre conscience de cet espace entre le "je" et l’objet, un espace habituellement exigu. Cet espace entre l’objet et le « je » est toujours dans la dualité, mais il arrive un moment où l’espace est ressenti comme notre nature? réelle, nous y demeurons, et l’objet, la sensation, apparaît en lui.

Il y a un certain nombre de postures qui sont des archétypes. Par archétype, je veux dire un rassemblement dans une pose de plusieurs poses du corps, une concentration dans une pose de plusieurs niveaux du corps. L’un de ces archétypes est la pose morte (savasana). La valeur de cette pose est que l’on peut ressentir et articuler tout le corps. La masse corporelle a son contact sur le sol. Que signifie "contact" ici ? Généralement notre contact avec le sol est passif. Mais quand nous voyons qu’il y a un contact et un contre contact, c’est-à-dire que le corps et le sol sont entrelacés - le corps va dans le sol et le sol dans le corps - quand cela arrive, il n’y a plus de résistance ou d’opposition. Ensuite, il y a l’harmonisation de l’énergie. Notre corps n’est plus ressenti comme séparé de l’énergie globale, mais il est intégré dans le sol vivant et le sol est intégré dans notre corps.

Original

Q. You say there is no phenomenal way out of the cage of the ego, but can we come to the deep relaxed state by first working on the body rather than waiting for an insight ? What can we do on the body level to help us lose the idea of being an individual entity ?

Jean Klein : The body is an object of our awareness ; it is sensed ; it takes place in our awareness. The body is in us, but we are not in the body. If we were we could not be aware of it.

Let us take an example. You feel icy cold. In this moment you are identified with the perception. You are lost in the sensation. Very quickly you think or say, “I am icy cold,” and the perception is lost in the concept. You are now in defence, and you try to escape the cold in one way or another. But the moment you feel the cold as an object apart from “I,” for example, “Here is a mass of cold,” you are no longer escaping the perception and the sensation lives in your awareness. You know you are not cold, only an object is cold, so there is no longer the reflex to defend “yourself” against the cold. When your observation is free from any anticipation, the sensation can be felt and explored and dealt with as a fact.

Likewise, when we do the bodywork the sensation is felt and explored in our awareness. There is space between “I” and the sensation. You are no longer stuck to it, the object. The goal of the bodywork is to make us aware of this space between the “I” and the object, a space that is habitually cramped. This space between object and “I” is still in duality, but there comes a moment when the space is felt as our real nature, we abide in it, and the object, the sensation, appears in it.

There are a certain number of postures which are archetypes. By archetype I mean a gathering in one pose of many poses of the body, a concentration in one pose of many levels of the body. One of these archetypes is the dead pose (savasana). The value of this pose is that one can feel and articulate the whole body. The body mass has its contact on the ground. What does “contact” mean here ? Generally our contact with the ground is passive. But when we see that there is a contact and a counter-contact, that is, body and ground are interwoven—the body goes in the ground and the ground goes in the body—when this happens, there is no longer resistance or opposition. Then there is harmonisation of energy. Our body is no longer felt as separate from global energy, but is integrated in the living ground and the ground is integrated in our body.


Voir en ligne : THE BOOK OF LISTENING