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Torella : l’objet dans la mémoire

lundi 28 mai 2018

Français

[...] l’éclat de l’objet? dans la mémoire ne doit pas être considéré comme un fait mécanique ou autonome, mais doit être inscrit dans le contexte plus large représenté par l’action? libre d’une conscience? unitaire et suprême. Comme le dit Abhinavagupta? (p.31, 11.17-19), c’est seulement au principe de la Conscience, se manifestant comme la conscience de soi interne de tous les actes cognitifs, qu’appartient le pouvoir d’obscurcir librement une forme et d’en souligner une autre, pour les connecter ou les séparer. Pour exprimer cela en termes grammaticaux : le Je suprême en tant qu’agent causal (hetu, prayojaka) est l’ultime responsable du rayonnement de l’objet, le « fait » briller. En raison de sa nature? complexe (en fait, on? ne peut induire une certaine action dans une autre qu’à condition que le sujet induit ait la capacité intrinsèque d’effectuer une telle action), le modèle de la forme causative est également appliqué pour rendre compte du statut paradoxal de sujets limités dans leur délicat équilibre entre l’autonomie et l’hétéronomie par rapport à la Conscience suprême [1].

Original

[...] the shining of the object in memory is not to be viewed as a mechanical or autonomous fact but is to be inscribed within the wider context represented by the free agency of an unitary, supreme consciousness. As Abhinavagupta puts it (p. 31, ll. 17-19), it is only to the Consciousness-principle, manifesting itself as the inner self-consciousness of all cognitive acts, that pertains the power to freely obscure one form and highlight another, to connect them or separate them. To express this in grammatical terms : the supreme I as the causal agent (hetu, prayojaka) is the ultimate responsible for the shining of the object, ‘causes’ it to shine. Due to its complex nature (in fact, one can induce a certain action in another only on condition that the induced subject has the intrinsic capacity to perform such action), the model of the causative form is also applied to account for the paradoxical status? of limited subjects in their delicate balance between autonomy and heteronomy with respect to supreme Consciousness [2].


Voir en ligne : Studies on Utpaladeva’s Īśvarapratyabhijña-vivṛti Part II : What is Memory ?


[1TORELLA, R. (1987), “Examples of the Influence of Sanskrit Grammar on Indian Philosophy,” East and West 37, pp. 151-164.

[2TORELLA, R. (1987), “Examples of the Influence of Sanskrit Grammar on Indian Philosophy,” East and West 37, pp. 151-164.