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Coomaraswamy : le « moi »

lundi 21 mai 2018

Français

Notre moi? humain? est une association (sambhūtih, συνουσία, κοινωνία) de souffles ou de respirations (prāṇāḥ, αίσθήσεις, Jaiminīya Upaniṣad Brāhmana IV.7.4, voir II.4.5), ou troupe-d’étants-élémentaires (bhūtagana) ; et en tant que tel « moi-d’éléments » (bhūtātman) à distinguer logiquement mais pas vraiment de « son Soi et son Duc immortels » (netṛ [1] = ήγεμών), Agent immanent (kartṛ) et Donneur d’être (prabhūh, Maitri Upaniṣad III. 2, 3, IV.2, 3, VI.7), « l’Homme Intérieur de ces étants-élémentaux » (bhūtānām antah puruṣaḥ, Aṇguttara-Nikāya III.2.4) ; ces deux êtres sont les natures passibles et impassibles d’une seule essence. Les « étants élémentaires » (bhūtāḥ, bhūtāni) sont ainsi appelés en référence à l’Être ou au Grand Être (mahābhūtaḥ), Brahma, Soi (ātman?), Personne (puruṣaḥ), Souffle (prāṇāḥ), Prajāpati, Agni ou Indra, etc. [2], de qui ou quoi toutes « nos » puissances d’expression, de perception, de pensée et d’action? [3] sont apparues comme des respirations ou « souffles » (prāṇāḥ) ou « rayons » = « rênes » (raśmayah), Bṛhadāraṇyaka II.1.20 11,4,12, IV.5,11 ; Maitri Upaniṣad VI.32, etc. La désignation « Étant » (bhūtāḥ, plus littéralement « est devenu ») est « à-cause-de-la-manifestation » (udbhūtatvāt) de l’Un qui se fait multiple (Maitri Upaniṣad V. 2) [4]. Les pouvoirs de l’âme ainsi étendus par le Prabhūh et le Vibhūh sont donc appelés « essences distributives (vibhūtayah). » L’opération de ces pouvoirs en nous est ce que nous appelons notre conscience? (caitanyam, samjñānam, vijñānam), c.-à-d. , la vie consciente? en termes de sujet et d’objet?. Cette conscience, avec laquelle toute responsabilité éthique est liée, naît à notre naissance et cesse lorsque « nous » mourons (Bṛhadāraṇyaka IV.4.12-14, Ecclésiaste 9:5) ; mais cette conscience et sa responsabilité corrélative ne sont que des modes particuliers d’être, non des fins en eux-mêmes, mais des moyens à une fin au-delà d’eux-mêmes. Notre vie, avec tous ses pouvoirs, est un don (Mathnawī 1.245).

Español

Nuestro sí mismo humano es una asociación (sambhūtih, συγγένεια, συνουσία, κοινωνία) de soplos o espiraciones (prānāḥ, αισθήσεις, Jaiminīya Upaniṣad Brāhmana IV.7.4 ; cf. II.4.5), o una hueste de seres elementales (bhūtagana) ; y como tal un « sí mismo-elemental » (bhūtātman) que ha de ser? distinguido, lógica? pero no realmente, de « su Sí mismo y Duque inmortal » (netṛ [5] = ήγεμών), Agente? inmanente (kartṛ) y Dador del ser (prabhūh, Maitri Upaniṣad III.2, 3, IV.2, 3, VI.7), el « Hombre Interior de estos seres elementales » (bhūtānām antah puruṣaḥ, Aitareya Āraṇyaka III.2.4) ; estos dos sí mismos son las naturalezas pasible e impasible de una única esencia. Los « seres elementales » (bhūtāh, bhūtāni) se llaman así con referencia al Ser o Gran Ser (mahābhūtali), Brahma, Sí mismo (ātman), Persona? (puruṣaḥ), o Soplo (prāṇaḥ), Prajāpati, Agni o Indra, etc., de quien todos estos poderes « nuestros » de expresión, percepción, pensamiento y acción [6] han salido como espiraciones o « soplos » (prāṇaḥ) o « rayos » = « riendas » (raśmayaḥ), Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad II.1.20, II.4.12, IV.5.11 ; Maitri Upaniṣad VI.32, etc. La designación de « Ser » (bhūtāḥ, más literalmente « ha-devenido ») es « a causa?-de-la-salida » (udbhūtatvāt ) del Uno? que se hace a sí mismo muchos (Maitri Upaniṣad V.2) [7]. Los poderes del alma?, extendidos así por el Prabhūh y Vibhūh, se llaman, por consiguiente, « esencias distributivas (vibhūtayah) ». La operación de estos poderes en nosotros es lo que llamamos nuestra consciencia (caitanyam, samjñānam, vijñānam), es decir, la vida? consciente en los términos de sujeto y objeto. Esta consciencia, a la cual está ligada toda la responsabilidad ética?, surge en nuestro nacimiento y cesa cuando « nosotros » morimos (Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad IV.4.12-14, Eclesiastés 9:5) ; pero esta consciencia, y su responsabilidad correlativa, son solo modos de ser particulares ; no fines en sí mismas, sino medios hacia un fin más allá de sí mismas. Nuestra vida, con todos sus poderes, es un don (Atharva Veda Samhitā II.17) o un préstamo (Mathnawī, I.245).


Voir en ligne : SELECTED PAPERS - METAPHYSICS


[1De nī, conduire. Prāṇāḥ est proprement pra-an, expirer, mais est aussi relié herméneutiquement avec pra-nt, pour mener, dans une métaphore étroitement liée à l’irrigation, comme dans The Hymns of the Ṛgveda II.12.7, où Indra est apām netr, et dans Jaiminīya Upaniṣad Brāhmana I.58.4.

[3Un, deux, trois, cinq, sept, neuf, dix ou indéfiniment nombreux (voir Jaiminīya Upaniṣad Brāhmana II.6, etc.).

[4Dans Aitareya Āraṇyaka II.1.7 et Bhagavad Gītā X.40, décrits comme "puissances" ; et dans Les Hymnes de la Ṛgveda I.166.11, ce qui revient à la même chose (comme on le verra plus loin), Maruts, vibhvo vibhūtayah.
C’est par ce devenir distributif (vibhutva, vibhūti-yoga) que le Soi est omniprésent (sarvagatah, Śvetāsvatara Upaniṣad III.21, Praśna Upaniṣad III.12, Īśā Upaniṣad IV) et par le fait même omniscient (Maitri Upaniṣad VI. 7) ou synoptique (vimanā ... saṃdṛk, Les Hymnes de la Ṛgveda X.82.2, voir Nirukta X.26), et providentiel (prajñaḥ) en ce que toute son expérience est ex tempore, pas plus datée qu’elle n’est placé. Tout ceci est à la base des doctrines indiennes et platoniciennes du Souvenir et de la Providence, et inséparables de celle du Seul Transmigrant.

[5De nī, conducir. Prāṇaḥ es propiamente de pra-an, soplar, pero también está conectado hermenéuticamente con pra-ni, llevar adelante, en una metáfora estrechamente conectada con la irrigación, como en Ṛg Veda Samhitā II.12.7, donde Indra es apāṃ netṛ, y en Jaiminīya Upaniṣad Brāhmana I.58.4.

[6Uno, dos, tres, cinco, siete, nueve, diez, o indefinidamente numerosos (cf. Jaiminīya Upaniṣad Brāhmana II.6, etc.).

[7In Aitareya Āraṇyaka II.1.7 and Bhagavad Gītā X.40, described as “powers” ; and in The Hymns of the Ṛgveda I.166.11, what amounts to the same thing (as will later appear), Maruts, vibhvo vibhūtayah.

It is by this distributive becoming (vibhutva, vibhūti-yoga) that the Self is omnipresent (sarvagatah, Śvetāsvatara Upaniṣad III.21, cf. Praśna Upaniṣad III.12, Īśā Upaniṣad IV) and by the same token omniscient (Maitri Upaniṣad VI.7) or synoptic (vimanā . . . saṃdṛk, The Hymns of the Ṛgveda X.82.2 ; cf. Nirukta X.26), and providential (prajñaḥ) in that its whole experience is ex tempore, no more dated than it is placed. All this is the basis of the Indian and Platonic doctrines of Recollection and Providence, and inseparable from that of the Only Transmigrant.