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Coomaraswamy : l’opinion et la vérité

dimanche 13 mai 2018

Gérard Leconte

La distinction védantine et bouddhiste entre la connaissance? empirique, valable pour des fins pratiques, et qui est aléatoire, et la vérité des principes premiers, qui est intellectuellement évidente et certaine, est comparable à celle qui existe entre l’ « opinion » et la « vérité » dans la philosophie grecque — l’opinion se rapporte à « ce qui commence et périt », et la vérité à « ce qui est toujours et ne devient pas ». Cette distinction qui survit dans les deux formes d’intention selon Leibniz?, l’une donnant « la vérité du fait » et l’autre « la vérité de la raison », confirme apparemment ce que dit Démocrite au sujet des « deux formes de connaissance, respectivement bâtarde et légitime, la première atteinte par les sens, et la seconde intelligible, la raison étant le critère » (Sextus Empiricus, Adversus Dogmaticos, I, 138). Le « pragmatisme » moderne, bien entendu, ne s’occupe que de la « bâtarde » vérité des faits, selon laquelle, par exemple, nous nous attendons (bien que nous ne sachions pas) à ce que le soleil se lève demain, et nous agissons en conséquence. De là, également, la conception moderne de l’art comme une simple expérience esthétique?.

Original

The Vedantic and Buddhist distinction of empirical knowledge, valid for practical purposes, and probable, from the intellectually valid and axiomatic truth of first principles is the same as that of “opinion” from “truth” in Greek philosophy ; opinion corresponding to becoming, and truth to being (Parmenides, Diogenes Laertius 9.22, Diels frs. 1,8 ; and Plato, Timaeus 28,29) ; opinion having to do with “that which begins and perishes” and truth with “that which ever is, and does not begin” ; the distinction, surviving in Leibnitz’ two forms of intuition, one giving “the truth of fact”, the other “the truth of reason”, is virtually, and perhaps actually, a restatement of Democritus, who recognized “two forms of knowledge, respectively bastard and legitimate, the former reached by the senses, the former reached by the· senses, the latter intelligible, reason being the criterion”. (Sextus Empiricus, Adv. Dogm. 1. 138 f.). Modern “pragmatism”, of course, deals only with the “bastard” truth of facts, according to which, for example, we expect (though we do not know) that the sun will rise tomorrow, and act accordingly. Hence, also, the modern concept of art as a merely aesthetic experience.


Voir en ligne : TIME AND ETERNITY