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Dyczkowski : la cognition

mercredi 2 mai 2018

Français

La cognition serait impossible si la conscience? en était incapable. Cette capacité est la conscience réflective [awareness] qu’elle a d’elle-même en tant que conscience du « Je » pur. Quand elle est conditionnée par l’objet? de la connaissance?, lui-même conditionnée par les forces et les lois qui régissent l’univers physique (qui sont tous des aspects du pouvoir de Māyā?), elle fonctionne comme la cognition, la mémoire et toutes les autres fonctions de l’esprit?. La cognition, en d’autres termes, est la conscience réflective du « je » limitée par les affections qui lui sont imposées par la variété des manifestations extérieures [72] générées par cette conscience du « je » elle-même. Libéré de toute association avec des objets extérieurs, l’individu partage la béatitude? de Dieu, expérience qu’il apprécie au repos dans sa propre nature?. Cette conscience de soi heureuse (vimarśa) est la condition constante du sujet, même lorsqu’il perçoit le monde? et y réagit. C’est l’activité? intérieure du principe de Spanda, qui est la merveille inspirée (camatkāra) de la conscience à partir de laquelle les puissances de la volonté, de la connaissance et de l’action? coulent comme des phases dans son rythme vibratoire (spanda).

Normalement, le sujet individuel ne reconnaît pas la nature créatrice de ce flux de conscience (jnānadhārā) vers et depuis l’objet dans l’acte de connaissance. Il ignore qu’il façonne à partir de sa propre conscience les diverses formes qui peuplent son champ objectif de conscience. Au niveau universel de la subjectivité, cependant, ce mouvement de l’intérieur vers l’extérieur et en retour est expérimenté dans la conscience comme la venue à l’existence? et la destruction de l’univers entier. Par conséquent, la conscience réflexive (vimarśa) est caractérisée comme l’action (kriyā) qui est le flux du devenir, alors que la lumière? (prakāśa) est la connaissance (jnāna) ou l’être passif. En d’autres termes, la conscience est l’acte créateur de faire connaître la réalité?, tandis que la Lumière est l’actualité de sa connaissance. Ce dernier sans le premier serait un principe inactif, un état de potentiel pur qui ne pourrait jamais s’actualiser en un acte de conscience. De ce point de vue, les deux aspects de la conscience sont :

Karma Vimarśa. Quand l’acte de conscience est dirigé vers l’extérieur et coïncide avec le déploiement (vikāsa) de l’expansion de l’univers (prapanca) hors de l’absolu?.

Kriyā Vimarśa. Quand cette activité est encore illimitée et infinie, complètement intériorisée dans l’absolu comme son agence (kartṛtva), non perturbée par tout but d’action (kārya) comme la pure vibration ou frémissement (saṃrambha) de la conscience.

La shivaïste rejette la vision du vedântin selon laquelle la connaissance est incommensurable avec l’action. La connaissance et l’action constituent ensemble la base de la vie quotidienne et de la vie de tous les êtres vivants. L’un n’est jamais sans l’autre ; ils fonctionnent main dans la main. Au niveau universel, le pouvoir d’action évolue à partir du plérome de la conscience, tandis que le pouvoir de la connaissance les rend manifestes. Au niveau individuel, ils représentent les pôles objectifs et subjectifs de toute activité sensible. En tant que conscience intérieure que « je suis? » (ahaṃ), la connaissance est le référent stable de toutes les actions. Il persiste indivis dans toutes les actions, aussi diverses soient-elles. Si ce n’était pas le cas, alors courir, par exemple, serait impossible, et nous ne serions pas en mesure de comprendre une phrase prononcée à la hâte.

[73] Tandis que notre propre conscience de soi (svasaṃvedana?) nous informe de son existence, l’action, ainsi éclairée par la connaissance, est la conscience que « j’agis ». Ensemble, ils sont la conscience pure du « je » (ahaṃ) en tant que subjectivité consciente? et agissante qui est la nature interne de Spanda de la conscience.

Original

Cognition would be impossible if consciousness were incapable of it. This capacity is the reflective awareness it has of itself as pure ‘I’ consciousness. When it is conditioned by the object of knowledge, which is in its turn conditioned by the forces and laws that govern the physical universe (all of which are aspects of the power of Māyā), it operates as cognition, memory and all the other functions of the mind. Cognition, in other words, is the reflective awareness of ‘I’ limited by the affections imposed upon it by the variety of external manifestations [72] generated by this ‘I’ consciousness itself. Freed from all association with outer objects, the individual shares in God’s bliss, which is the experience He enjoys at rest in His own nature. This blissful selfawareness (vimarśa) is the abiding condition of the subject even while he perceives the world and reacts to it. It is the inner activity of the Spanda principle, which is the inspired wonder (camatkāra) of consciousness from which the powers of will, knowledge and action flow out as phases in its vibrating rhythm (spanda).

Normally, the individual subject fails to recognise the creative nature of this flow of awareness (jnānadhārā) to and from the object in the act of cognition. He is unaware that he fashions from his own consciousness the various forms which populate his objective field of awareness. On? the universal? level of subjectivity, however, this movement from inner to outer and back is experienced within consciousness as the coming into being and destruction of the entire universe. Consequently, reflective awareness (vimarśa) is characterized as action (kriyā) which is the flux of Becoming, while the Light (prakāśa) is knowledge (jnāna) or passive Being. In other words, awareness is the creative act of making reality known, while the Light is the actuality of its being known. The latter without the former would be an inactive principle, a state of pure potential that could never actualize into an act of awareness. From this point of view the two aspects of awareness are :

Karma Vimarśa. When the act of awareness is directed externally and coincides with the unfolding (vikāsa) of the expansion of the universe (prapanca) out of the absolute.

Kriyā Vimarśa. When this activity is still unlimited and infinite, completely internalized within the absolute as its agency (kartṛtva), undisturbed by any goal of action (kārya) as the pure vibration or stir (saṃrambha) of consciousness.

The Śaiva rejects the Vedāntin’s view that knowledge is incommensurable with action. Knowledge and action together constitute the basis of daily life and the life of all living beings. One is never without the other ; they function hand in hand. At the universal level, the power of action evolves forms out of the pleroma? of consciousness, while the power of knowledge makes them manifest. On the individual level, they represent the objective and subjective poles of all sentient activity. As the inner awareness that ‘I am’ (ahaṃ), knowledge is the stable referent of all actions. It persists undivided throughout all action, however diverse. If it did not, then running, for example, would be impossible, nor would we be able to understand a sentence spoken in haste.

[73] While our own self-awareness (svasaṃvedana) informs us of its existence, action, thus illumined by knowledge, is the awareness that ‘I act’. Together they are the pure awareness of ‘I’ (ahaṃ) as the knowing and acting subjectivity which is the inner Spanda nature of consciousness.


Voir en ligne : THE DOCTRINE OF VIBRATION