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Daumal (Bharata) – o conhecimento de si

domingo 11 de setembro de 2022

    

Extrait de la « Brihadâranyaka-upanishad   », IV, 4, 10-21.

En d’aveugles ténèbres entrent
ceux qui se vouent au non-savoir ;
en des ténèbres encore plus noires
ceux qui du savoir se contentent.
 
« Sans joie » est le nom de ces mondes
enveloppés d’aveugles ténèbres;
c’est vers eux qu’au départ s’en vont
les gens sans savoir ni raison.
 
S’il se connaissait soi-même  , l’homme,
s’il pouvait dire : ceci est moi,
pour quel but, par désir de quoi
se mettrait-il en fièvre de son corps ?
 
Celui qui s’est trouvé, dont s’est réveillé l’être  
enfoui dans les profondeurs de cette carcasse,
celui-là, il est tout actif, celui-là est l’auteur de tout,
à lui le monde — il est lui-même monde.
 
Ici-bas même, nous devons connaître cela;
sinon, c’est l’ignorance, la grande perdition.
Ceux qui connaissent cela deviennent immortels,
les autres s’enfoncent seulement dans le malheur.
 
Une fois qu’on l’a reconnu,
ce soi, ce dieu  , tout à coup,
ce maître du passé et du futur,
on ne s’en détourne plus.
 
Cela d’où l’année se déroule
en rondes de jours,
les dieux le confessent lumière des lumières
et vie immortelle.
 
Cela, fondement des Cinq   et cinq règnes,
et sur quoi l’espace repose,
c’est cela que je pense comme Soi,
pour moi qui sais, Parole sacrée, — pour moi sans mort, chose immortelle.
 
Souffle du souffle, et vue de la vue,
et ouïe de l’ouïe,
pensée de la pensée — ceux qui le connaissent
ont discerné la Parole antique, originelle.
 
Par la pensée, il faut le percevoir.
Rien ici-bas n’existe séparément.
De mort en mort celui-là va
qui voit les choses comme séparées.
 
En unité il faut la percevoir,
cela l’immense, cela le stable,
hors de trouble, passant l’espace,
le Soi sans naissance, le grand, le stable.
 
Quand le sage l’a reconnu,
qu’il accomplisse son savoir, lui brâhmane.
Qu’il n’égare sa pensée en mots nombreux :
c’est affaiblissement de la parole. [1]

Ver online : René Daumal


[1Traduire, ici, c’est souvent choisir. « Soi » pour âtman, « Parole sacrée » pour brahman, « dieux » pour dévâs, laissent de côté un jeu subtil entre les diverses valeurs de ces mots. Cette traduction n’a d’autre prétention que d’offrir un sens directement accessible au public non sanskritiste. (R. D.)