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Padoux : khecarī - la condition de Śiva

lundi 23 avril 2018

khecarī : « celle qui se meut dans l’espace du cœur » (kha), appelée aussi cidgaganacarī : « celle qui se meut dans le ciel de la Conscience?. »

Le Trika? répartit parfois les énergies de Śiva en quatre cercles, ou roues (cakra), dont celui de khecarî est le plus élevé. Il correspond à l’activité? universelle de l’Énergie suprême, qui a pour essence la Conscience suprême. « khecarī, disent les Śiva Sūtra, II, 5, est la condition de Śiva. Elle se trouve dans l’éveil spontané de la connaissance? », vidyāsamutthāne [71] svābhāvike khecavī śivāvasthā. C’est, explique Kșemarāja dans la Vimarśinī (Ś.S.v., II, 5, pp. 57-59), une condition associée à celle de Śiva, le maître de la Conscience, qui apparaît comme jaillissement, fulguration de sa propre béatitude? et que le yogin atteint, lorsque, délaissant tout désir de pouvoirs surnaturels (siddhi), il s’unit à la seule volonté de Śiva. C’est, selon le Tantrasadbhāva, une condition suprême qui s’atteint par la voie de kula, et nullement le résultat de certaines postures yogiques. C’est en effet un état où toute dualité disparaît, où l’adepte atteint au spanda, c’est-à-dire où il se fond avec la puissance efficace des mantra (mantra-vīrya) qui est l’énergie même prise en sa source, Śakti? indissolublement liée à Śiva (cf. Recherches, ch. VII, pp. 310 sq.). Cette condition est ici désignée comme : khecarīsamatā, l’identité avec khecarī.

Les textes de Hathayoga mentionnent aussi une khecarī mudrā, qui est une posture corporelle particulière tendant à immobiliser le souffle respiratoire (cf. Gheranda Samhitā, III, 25 sq.). On trouve cette mudrā mentionnée dans certains textes sivaïtes (par exemple le NetraTantra, VII, 32) et c’est à cela que fait allusion Kșemarāja dans le passage résumé ci-dessus de la Ś.S.v. Pour le Trika, toutefois, — et cela ne lui est pas propre, c’est une conception tantrique — la mudrā, plus qu’une posture, est un état de conscience auquel parvient le yogin et en même temps un niveau de la Conscience universelle auquel cet état correspond. Les mudrā sont pour lui, autant et plus que des postures, des énergies divinisées (cf. P.T. śl. 13) — ou, mieux encore : elles sont tout cela à la fois, microcosme et macrocosme formant un tout indissoluble.


Voir en ligne : LA PARĀTRĪŚIKĀLAGHUVṚTTI DE ABHINAVAGUPTA