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Padou : hŗdaya - le coeur

lundi 23 avril 2018

hŗdaya : Abhinavagupta Abhinavagupta
Abhinava
AG
Abh
Abhinavagupta (950-1020), maître du shivaïsme du Cachemire, aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.
mentionne le cœur dès l’introduction de ses deux commentaires sur la P.T. P.T.
Parātrimśikā
C’est qu’il s’agit là d’une notion très importante dans le śivaīsme du Cachemire, et plus spécialement dans le système pratyabhijñā qui est celui d’Utpaladeva Utpaladeva
Utp
Utpala
Utpaladeva (« Seigneur du Lotus Bleu ») ou Utpalācārya (Xe siècle), philosophe shivaïte (śaivasiddhānta) du Cachemire, élève de Somānanda et maître de Abhinavagupta.
. Il est en outre particulièrement normal d’y faire allusion ici puisque l’enseignement secret de la P.T. est celui du « germe du cœur » (hrdayabīja), SAUH.

Le Cœur, c’est le centre même de Śiva Shiva
Śiva
le Seigneur
, du principe transcendant. C’est le lieu de repos du Seigneur, la fulguration de la Conscience?, antérieure à toute manifestation. On le trouve défini de la façon [66] suivante par Utpaladeva? dans les I.P.K. (1.5.14) : « Cette fulguration, réalité infinie, qui est au-delà de l’espace et du temps, c’est l’essence de toute chose? et on l’appelle Cœur du Suprême Seigneur ». Abhinavagupta?, dans son commentaire (I.P.v. IPV
ĪPV
I.P.v.
Īśvarapratyabhijñāvimarśinī
Commentary to the Verses on the Recognition of the Lord
1.5.14, vol. I, p. 263) l’assimile en outre à parā vāk, la Parole suprême, source et fondement de l’Énergie de la Parole.

Dans le P.T.v. P.T.v.
Parātrimśikāvivarana
Parātrimśikāvivarana d’Abhinavagupta
(p. 61), Abhinavagupta définit le Cœur comme « le soi de la Conscience » (samvidātma hŗt), c’est-à-dire ce qui lui est le plus intérieur, car c’est la Conscience qui prend conscience d’elle-même, qui est vivante et source de toute énergie. C’est aussi dans le cœur — non pas dans l’organe de ce nom situé dans sa poitrine, mais dans le centre même de sa conscience et de sa vie spirituelle, dans ce lieu à la fois vibrant et parfaitement immobile — que le yogin s’identifiera à samvid par une intuition compréhensive (hŗdayamgamatā). Les auteurs du Trika? voient dans cette notion fondamentale du système pratyabhijnā la raison de la supériorité de ce système sur les autres, car il assure ainsi la pénétration dans l’intériorité la plus profonde, qui est conscience lumineuse et vivante.

De même que tout repose dans la Conscience, tout repose aussi dans le Cœur.

Sans vouloir remonter jusqu’au Rg-Yeda (sur lequel cf. l’étude de L. Renou dans « Études sur le vocabulaire du Rg-Veda », Ire série, pp. 60-61), on notera que les valeurs du terme hŗd ou hŗdaya, telles que nous les trouvons ici, se rencontrent déjà dans les Upaniśad anciennes, où il est à la fois l’organe physique, la réalité la plus haute, le brahman? (par ex. BĀ. Up. III.9, 19-25, ou encore IV, 1, 7, où le cœur est le réceptacle, le lieu de repos de toutes les créatures : hrdayam ... sarvesām bhūtānām pratisthā), une caverne secrète et le centre de l’intuition de la réalité. (Sur les sens de ce mot dans le Veda et les Upaniśad, on pourra se reporter à l’édition de la Mahānārāyana Up. de J. Varenne, vol. 2, pp. 5862 ; ou encore à J. Gonda, The vision of the Vedic Poets, chapitre XII : Some notes on the function of the « heart ».)


Voir en ligne : LA PARĀTRĪŚIKĀLAGHUVṚTTI DE ABHINAVAGUPTA