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Padoux : anuttara

lundi 23 avril 2018

anuttara : c’est ce qui n’a pas de supérieur, ce qui est sans égal, sans second, insurpassable, le meilleur, ou le plus haut. C’est donc, sur le plan cosmologique, le premier principe, le plus élevé. Pour le Trika?, c’est la Conscience? suprême, la plus haute réalité au delà de laquelle il n’y a rien, sans limitation, parfaitement autonome et libre. J’ai donc cru pouvoir (dans mes Recherches) traduire ce terme par Transcendant. Mais cette traduction, d’ailleurs admissible, à mon sens, peut prêter à critique. Y a-t-il, en effet, une transcendance dans le Trika qui est un système d’ābhāsa où toute la manifestation préexiste dans le principe suprême et où lui-même demeure toujours et partout présent dans l’univers qui émane de lui et qu’il sous-tend ? (cf. par exemple le P.T.v. P.T.v.
Parātrimśikāvivarana
Parātrimśikāvivarana d’Abhinavagupta
, pp. 20-21 et 27).

Anuttara, pourtant, est aussi et même surtout la pure Conscience en tant qu’hors de toute manifestation : ce qui est au delà des 36 tattva (P.T.v., p. 19), « lumière immense, en repos, océan sans vague de conscience absolue ». Or, c’est cet aspect là du premier principe que souligne le Trika lorsqu’il utilise le terme anuttara. Ici (p. 1) Abhinavagupta Abhinavagupta
Abhinava
AG
Abh
Abhinavagupta (950-1020), maître du shivaïsme du Cachemire, aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.
le définit de même comme le pur sujet conscient brillant par lui-même et s’opposant en cela à tout ce qui n’est pas lui et qui lui est, de ce fait, inférieur. D’où la traduction d’abord utilisée, à laquelle j’ai substitué ici celle de Sans-Égal.

En effet, anuttara, s’il peut désigner la pure transcendance (et dans l’émanation phonématique, où il est le phonème A, on entendra alors avarna au sens de « non-phonème » : de ce qui transcende les phonèmes), désigne également le premier principe en tant que cit-śakti : énergie de la pure Conscience (et A est alors avarna au sens de akāra, le phonème A : premier phonème, source de tous les autres et principe de l’univers auquel il est immanent). Cette distinction, qui est en même temps non-distinction, s’exprime aussi dans le rapport kula/akula et prakāśa/vimarśa (cf. infra, notes 19, 33, 254). Les définitions qu’Abhinavagupta? donne dans le P.T.v. (pp. 19 sq.) d’anuttara en soulignent bien les divers aspects ; de même Jayaratha, dans le commentaire du T.Ā.
T.Ā.
T.A.
Tantrāloka
Tantraloka
TANTRĀLOKA D’ABHINAVAGUPTA
, III, 67 sq. (vol. 2, pp. 75 sq.). Sur ce point, cf. Recherches, ch. V, pp. 192-198.


Voir en ligne : LA PARĀTRĪŚIKĀLAGHUVṚTTI DE ABHINAVAGUPTA