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Silburn : Conscience ou Shiva

dimanche 22 avril 2018

Dans le śivaīsme, la Conscience? absolue ou le suprême Śiva renferme tous les contrastes et n’exclut rien :

« Ce que l’on? nomme Conscience n’est autre que... la nature? même de l’univers entier avec ses modalités d’être et de non-être », trouve-t-on dans la Śivasūtravimarśim (I. 1).

« (Ces) clartés au sein de la Clarté, et (ces) ténèbres au sein de la Ténèbre, clartés et ténèbres au plus haut degré — je salue cette Splendeur sans pareille ! » chante Abhinavagupta? à la première stance de sa Laghuvŗtti.

Le Samvidullâsa dit de même :

« La Réalité? śivaïte est d’une manière indescriptible nonchalance pleine d’ardeur, ténèbres intenses identiques à la lumière?, vacuité? faite de plénitude. » (MM., 140.)

Et pourtant il n’y a point d’opposés dans l’Un, en ce sens que, selon Somânanda, « la nature divine demeure identique en toutes choses?. Si l’on y distingue des états supérieurs et inférieurs, c’est à l’intention de gens imbus de convictions erronées. » Privés de l’évidence qui accompagne la vision mystique, intuitive et globale, ces hommes? forgent arbitrairement des contrastes : pur-impur, bien-mal?, alors que la même puissance divine et la même Conscience infinie se trouvent partout indifféremment dans le pur et dans l’impur. (S.D. I. 48.)


Abhinavagupta fait, lui aussi, appel à la « grande intégration » (mahāvyāpti). Ce terme désigne à la fois la diffusion omnipénétrante de la Conscience dans le Soi puis dans l’univers en ses divers aspects, et aussi une intégration totale lorsque l’univers est réintégré à l’énergie divine et celle-ci à la Conscience incomparable (anuttara), l’ensemble se perdant en Paramaśiva (Tantraloka III. v. 205).
Pour Abhinavagupta, nos connaissances ne sont unifiées que par le Seigneur puisqu’il est « l’unique conscience lumineuse par soi ». (P.S. 40.)

Extrait de Hermès I, p. 57-58


Voir en ligne : LILIAN SILBURN