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Corbin (ARV): o símbolo

segunda-feira 1º de agosto de 2022

      

tradutor(?)

El símbolo no es un signo   artificialmente construido; aflora espontáneamente en el alma   para anunciar algo que no puede expresarse de otra forma; es la única expresión de lo simbolizado como realidad que se hace así transparente al alma, pero que en sí misma transciende toda expresión. La alegoría es una figuración más o menos artificial de generalidades o abstracciones que son perfectamente cognoscibles o expresables por otras vías. Penetrar el sentido de un símbolo no equivale en absoluto a hacerlo superfluo ni a abolirlo, pues se mantiene siempre como la única expresión del significado con el que simboliza. No puede pretenderse jamás superarlo de una vez por todas, a menos precisamente de degradarlo en alegoría, de llenarlo de equivalencias racionales, generales y abstractas. El exegeta debe tener cuidado   con ello, pues se cerraría entonces la vía del símbolo que conduce más allá de este mundo. «Mithâl» es por tanto símbolo y no alegoría. Los esquemas formados sobre la misma raíz han de precisarse en el mismo sentido. «Tamzîl» no es una «alegorización», sino la tipificación, la ejemplificación privilegiada de un arquetipo. «Tamazzol» es el estado   de la cosa sensible   o imaginal que posee esta investidura del arquetipo, y esta investidura, al hacerla simbolizar con él, la eleva a su plenitud de sentido. Esta elevación puede, en ciertos casos, ser motivo de que se la entienda como hipóstasis.

La rigurosa conexión del símbolo con lo simbolizado, diferencia mejor que cualquier otra cosa el símbolo de la alegoría, pues es imposible quebrar esa conexión, extenderla y dispersarla en una red infinita de significaciones, mediante meras sustituciones que, en el mismo nivel del ser y sobre el mismo plano espiritual, se limitan a reemplazar lo ya expresado por algo que siempre podría ser expresado de otro modo. Transmutación de lo sensible y de lo imaginal en símbolo, retorno del símbolo a la situación que lo hizo nacer: estos dos movimientos abren y cierran el círculo hermenéutico. Es por ello que, si la exégesis de los símbolos abre en altura y en profundidad una perspectiva quizá sin límites, ello no supone en absoluto una regressio ad infinitum en el mismo plano del ser, tal como el pensamiento racional podría objetar. Dicha objeción revelaría un desconocimiento profundo de lo que diferencia la particularidad de un símbolo y la generalidad de una alegoría, la eclosión de una visión simbólica y la cristalización del pensamiento en dogma  . No se trata de sustituir el símbolo por una explicación racional, ni de fijar en un enunciado dogmático la evidencia racional así obtenida por reducción. Se trata de alcanzar aquello que fue la experiencia del Alma en un alma, de presentir a qué tiende —no de deducir causalmente de dónde viene— el Acontecimiento   que se denomina «wilâdate rûhânî», nacimiento espiritual.

Original

Le symbole n’est pas un signe artificiellement construit; il éclôt spontanément dans l’âme pour annoncer quelque chose qui ne peut pas être exprimé autrement; il est l’unique expression du symbolisé comme d’une réalité qui devient ainsi transparente à l’âme, mais qui en elle-même transcende toute expression. L’allégorie   est une figuration plus ou moins artificielle de généralités ou d’abstractions qui sont parfaitement connaissables ou exprimables par d’autres voies. Pénétrer le sens d’un symbole n’équivaut nullement à le rendre superflu ni à l’abolir, car il reste toujours [40] la seule expression du signifié avec lequel il symbolise [1]. On ne peut jamais prétendre l’avoir dépassé une fois pour toutes, à moins précisément de le dégrader en allégorie, d’en fournir des équivalences rationnelles, générales et abstraites. L’exégète doit prendre garde qu’il se ferme alors la voie du symbole conduisant hors de ce monde. « Mithâl » est donc symbole et non allégorie. Les schémas formés sur la même racine sont à préciser dans le même sens. « Tamthîl » n’est pas une « allégorisa-tion », mais la typification, l’exemplification privilégiée d’un archétype [2]. « Tamaththol » c’est l’état de la chose sensible ou imaginale qui possède cette investiture de l’archétype, et cette investiture en la faisant symboliser avec lui, l’exhausse à son maximum de sens. L’exhaussement peut en certains cas la faire comprendre comme une hypostase.

La rigoureuse connexion du symbole avec le symbolisé distingue au mieux le symbole de l’allégorie, car il est impossible de briser cette connexion, de l’étendre et de la disperser en un réseau infini de significations, en ne faisant, au même niveau de l’être et sur le même plan spirituel, que substituer au déjà exprimé quelque chose qui pourrait toujours être exprimé autrement. Transmutation du sensible et de l’imaginai en symbole, retour du symbole à la situation qui le fit éclore, ces deux mouvements ouvrent et referment le cercle herméneutique. C’est pourquoi, si l’exégèse des symboles ouvre en hauteur et en profondeur une perspective peut-être sans limite, ce n’est là nullement une regressio ad infinitum sur le même plan de l’être, ainsi qu’un entendement rationnel pourrait en formuler l’objection [3]. Cette objection trahirait une méconnaissance profonde de ce qui différencie la propriété d’un symbole et la généralité d’une allégorie, l’éclosion d’une vision symbolique et la cristallisation d’une pensée en un dogme. Il ne s’agit ni de substituer au symbole une explication rationnelle, ni de fixer en un énoncé dogmatique l’évidence rationnelle [41] ainsi obtenue par réduction. Il s’agit d’atteindre à ce qui fut l’expérience de l’Âme chez une âme, de pressentir à quoi tend — non pas de déduire causalement d’où vient — l’Événement qui s’appelle « wilâdat-e rûhânî », naissance spirituelle.


Ver online : Excertos de "Avicena e o relato visionário"


[1C’est une question très actuelle pour l’herméneutique en général, cf. Jean Daniélou, Origène, Paris 1948, pp. 145 ss. (sur les confusions commises à l’égard d’Origène, entre typologie et allégorie); G. G. Scholem, Les grands courants de la mystique juive, trad. M.-M. Davy, Paris 1950, pp. 39-41; notre étude sur Rituel sabéen et Exégèse ismaélienne du rituel (Eranos Jahrbuch xix), Zurich 1951, pp. 230 ss.

[2D’où le titre persan choisi pour le présent ouvrage dans l’édition réservée à la Collection du Millénaire, « tamthîl-e ‘erfânî [typification de la gnose].

[3Cette objection a été formulée par le commentateur persan de Hayy ibn Yaqzân, cf. notre trad. p. 23 et nos Notes et Gloses pp. 78-79 n. 61-64; comparer notre Étude préliminaire pour... Nâsir-e Khosraw, pp. 70 ss. (sur le ta’wîl comme exégèse symbolique).