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Lucille : les trois sortes de pensées

dimanche 15 avril 2018

Français

Dennis :
Il me semble que « penser » est l’un des plus grands obstacles à l’illumination. Tous les maîtres disent qu’il n’y a, en vérité, rien à faire - mais manas? ne l’aura pas ! Comment devrions-nous faire face à la réflexion ?

Francis :
Il y a trois sortes de pensées :

1. Pensées pratiques, utiles dans la conduite de nos affaires ou de notre vie quotidienne, comme, par exemple, « j’ai besoin de carburant ». Ce type de pensée ne devrait pas être supprimé (nous ne voulons pas que notre voiture manque de carburant !). Une fois qu’il a été dûment pris en compte et que les mesures requises ont été prises, ces pensées nous quittent spontanément.

2. Les pensées liées à l’Ultime, à notre compréhension de la perspective non-duelle, telles que "il n’y a, en vérité, rien à faire". Ces pensées viennent de l’Ultime. Si nous les accueillons, ils purifient l’esprit de son conditionnement dualiste et finalement nous ramènent à leur source. Ils apportent la clarté et nous donnent une ébauche de la félicité inhérente à notre vraie nature?.

3. Les pensées liées à la notion d’être une entité personnelle, tels que les désirs, les peurs, les doutes, qui comprend le rêve de jour et d’autres sortes de vœux pieux. Certaines pensées de ce troisième type sont apparemment inoffensives et, pour cette raison, difficiles à détecter au début. Une forte émotion propice à la souffrance et à la disharmonie comme la jalousie ou la peur sera facilement détectée, alors que je pourrais me permettre, sans m’en apercevoir, de m’imaginer sur les plages de la Côte d’Azur avec une belle compagne.

C’est une erreur commune et fréquente de considérer n’importe quelle sorte de pensée comme un obstacle à la réalisation de soi. Les pensées du troisième type sont les seules qui sont des obstacles à l’établissement sciemment dans l’Absolu?. Il y a deux façons de gérer ces pensées lorsqu’elles se présentent :

A. Si nous ne sommes pas encore convaincus que nous ne sommes pas une entité personnelle limitée, chaque fois que nous remarquons une telle pensée, nous devrions essayer de trouver sa source, l’ego. Bien sûr, notre tentative d’attraper l’ego échoue, comme le souligne Ramakrishna, qui nous conduit directement au centre inexistant de l’oignon. En ce moment, l’ego disparaît et nous expérimentons notre liberté innée (pour ce qui semble être un très court moment). Cet aperçu de la vérité renforce notre conviction que nous ne sommes pas une entité personnelle.

B. Une fois que nous sommes convaincus que nous ne sommes pas une entité personnelle, les pensées du troisième type continuent habituellement à se reproduire pendant un certain temps, de la même manière que l’inertie maintient un moteur électrique en marche après que son cordon d’alimentation ait été débranché. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’étudier l’origine de ces pensées ; nous pouvons simplement les laisser tomber dès que nous les remarquons.

Original

Dennis :
It seems to me that ’thinking’ is one of the greatest obstacles to enlightenment. All the masters say that there is, in truth, nothing to be done - but manas will not have it so ! How should we cope with thinking ?

Francis :
There are three kinds of thoughts :

1. Practical thoughts, which are useful in conducting our business or our daily life, like, for instance, "I need to get some gas". This type of thought should not be suppressed (we don’t want to run out of gas !). Once it has been given due consideration and the required steps have been taken, these thoughts leave us spontaneously.

2. Thoughts related to the Ultimate, to our understanding of the non-dual perspective, such as "there is, in truth, nothing to be done". These thoughts come from the Ultimate. If we welcome them, they purify the mind from its dualistic conditioning and eventually take us back to their source. They bring about clarity and give us an adumbration of the bliss which is inherent to our real nature.

3. Thoughts related to the notion of being a personal entity, such as desires, fears, doubts, which includes day-dreaming and other kinds of wishful thinking. Some thoughts of this third kind are apparently innocuous and, for this reason, difficult to detect in the beginning. A strong emotion conducive to suffering and disharmony such as jealousy or fear will be easily detected, whereas I may indulge for some time, without noticing it, into picturing myself on the beaches of the French Riviera with a beautiful companion.

It is a common and frequent error to consider any kind of thought as an obstacle to self-realization. The thoughts of the third kind are the only ones that are obstacles to being knowingly established in the Absolute. There are two ways to deal with these thoughts as they arise :

A. If we are not yet convinced that we are not a limited personal entity, whenever we notice such a thought, we should attempt to find its source, the ego. Of course, our attempt to catch the ego fails, as Ramakrishna points out, which takes us directly to the non-existent center of the onion. At this moment, the ego vanishes and we experience our innate freedom (for what looks like a very short moment). This glimpse at the truth reinforces our conviction that we are not a personal entity.

B. Once we are convinced that we are not a personal entity, the thoughts of the third kind usually keep reoccurring for some time as a matter of habit, in the same way as inertia keeps an electrical motor running after its power cord has been unplugged. In this case, there is no need to investigate the origin of these thoughts ; we can simply drop them as soon as we notice them.


Voir en ligne : FRANCIS LUCILLE