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Duval (HZ:173-174) – A compreensão

segunda-feira 26 de setembro de 2022

      

L’intuition   sensible   nous a montré le regard qui accorde la réalité humaine à la Panréalité, et l’ampleur de ce regard nous a fait d’emblée distinguer la relation que l’homme entretient avec le Monde et non pas un simple environnement. Il faut cependant nommer cette “capacité” amphorale qu’a la réalité humaine d’entendre consciemment l’accord esthétique qu’elle a avec la Panréalité du Monde sous un nom plus spécifique : l’Entendement.

— « La faculté de juger est l’entendement, la manière de représenter propre à l’entendement rend l’intuition “susceptible” d’être entendue. » [1]

L’entendement est donc un “pouvoir d’entendre”. Il est capacité d’entendre les données de la sensibilité externe ou interne, et par là d’entendre leur provenance assourdie. L’entendement n’est donc lui-même qu’une modalité propre de “L’esthétique” constitutive de la réalité humaine dans la Panréalité. Il en est la modalité consciente. Comme capacité d’entendre il est ce qui réfléchit   l’accord foncier de l’homme au Monde. Et c’est dans cette “réflexion” pure que s’effectue par l’“aisthèticon” de la réalité humaine le passage du tacite des énergies vitales à l’explicite de leur Dict pur et simple. Par là, l’entendement est la faculté, la puissance, qui en réalité humaine rend la Vie plus présente à elle-même dans la Dimension pure de son effectuation.

— « Cet acte de représenter sous l’aspect de la “généralité”, essentiellement au service de l’intuition, rend plus présent (vorstellig) ce qui est représenté par l’intuition, en ce qu’il comprend une diversité sous une unité et, par cette compréhension est “valable pour plusieurs”. » [2].

Il ne suffit donc pas de dire que l’entendement est simplement une capacité de produire des concepts et de les relier entre eux dans des jugements. Si l’entendement produit de tels concepts, c’est qu’il puise la force de son entente dans une énergie qui le porte à le faire. Cette énergie est ce que nous avons appelé la Vie même. Dès lors, si l’entendement produit des concepts c’est parce que la Vie même en son déploiement panréel veut par la réalité humaine s’entendre elle-même en le pur avènement où elle se déploie. Et “Silence” dit le plus purement cette entente foncière que la Vie fait d’elle-même par la réalité humaine.

— « Comment l’entendement pourrait-il se donner un contenu, alors qu’il n’est qu’une simple fonction de liaison, ordonnée à une intuition qui le lui fournit ? » [3]

et Heidegger   répond :

— « si l’entendement à lui seul doit être à l’origine, non seulement de la forme de tout concept, mais encore du contenu de concepts déterminés, alors cette origine ne peut résider que dans l’acte fondamental de la conceptualisation pris comme tel, c’est-à-dire dans la réflexion. » [4]

Avant de jouer avec les concepts, il faut donc s’en tenir au pur niveau du “concevoir” qui, pur et simplement, donne l’énergie de les produire, énergie qui, en les produisant, se retourne sur soi, se réfléchit en soi-même et se délivre en cette pure “réflexion” à la conscience, parlante, de soi.

Dès lors, les concepts purs et a priori   qui président aux combinaisons de nos jugements ne sont pas l’effet arbitraire de la fantaisie philosophique. Les catégories, “quantité, qualité, relation, modalité...”, sont les formes pures de l’entendement, c’est-à-dire là encore les “figures” en quoi la Vie se configure pour être conservée, mémorisée, commémorée, célébrée, pour ce qu’elle est en toute la surabondance baroque de ses désirs. Les “catégories” sont les tonalités majeures par quoi la Vie même veut être expérimentée pour ce qu’elle est. Elles sont donc bien, comme les nomme Heidegger, des “prédicats ontologiques” [5], des bornes par quoi la Vie même borne son propre chemin pour être entendue le plus hautement, pour s’entendre elle-même en l’appel le plus haut qu’elle s’adresse à elle-même par la réalité humaine qu’elle a elle-même rendue capable de Cela.

Sensibilité et entendement semblent donc bien être les deux souches de notre connaissance et donc, au niveau pur et a priori de celle-ci, les deux moyens par quoi la Vie même en vient à se reconnaître elle-même dans la Roue qu’elle noue avec son propre désir jusqu’à la délivrance de la Parole silencieuse qui, par l’entente de l’entendement, la rend plus présente à elle-même.


Ver online : Jean-François Duval – Heidegger et le Zen


[1GA3:27 : « Das “Vermögen zu urteilen” aber ist der Verstand ; das ihm eigene Vorstellen macht die Anschauung “verständlich”. »

[2GA3:26 : « Dieses “allgemeine” vorstellen, das als solches dem Anschauen dient, macht das in der Anschauung Vorgestellte vorstellig in der Weise, dass es mehreres unter eines begreift und auf Grund dieses Umgreifens “für viele gilt”. »

[3GA3:50 : « Wie soll der Verstand einer Was-gehalt geben können, wo er doch nur eine gebende Anschauung gerade angewiesene leere Funktion des Verbindens ist ? »

[4GA3:50 : « Wenn der Verstand für sich Ursprung, nicht nur der Form jedes Begriffes als eines solchen, sondern auch des Inhaltes bestimmter Begriffe sein soll, dann kann dieser Ursprung nur im Grundakt der Begriffsbildung als solchen liegen, in der Reflexion. »

[5GA3:52 : « Die reinen Begriffe haben die Charakter von ontologischen Prädikaten, die von altersher “Kategorien” genannt werden. »