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Alain Porte : Comment nommer l’Être ?

samedi 17 mars 2018

Comment nommer l’Être ? Et comment le penser ?

La première interrogation impliquerait que l’Être ait une forme – il n’existe pas de nom sans une forme qu’on puisse ainsi affecter d’un vocable, pas plus que n’est concevable une forme qui se déroberait à une identité vocale.

Il faudrait que l’Être soit une chose? en corrélation avec nos facultés sensorielles. Objet? des sens, l’Être ne saurait l’être ! L’Être n’est pas quelque chose de fini, et le terme d’Infini, qu’on lui attribuerait volontiers, ne ferait que monter à la verticale, en une courbe asymptotique, sans jamais recouper l’infini immatériel, propriété inhérente à l’Être. « Infini » n’aboutirait qu’à un qualificatif supplémentaire, un ornement superflu dans la demeure du silence.

Mais il n’est pas dans la nature? de la langue? sanskrite de pleurer sur les impuissances de la parole. Il est difficile de distinguer, dans les textes, l’élaboration d’un dogme destiné à occulter des carences rationnelles ou l’effusion mystique propre à transcender les contingences. S’il fallait risquer la couleur de la sensibilité qui prédomine, peut-être faudrait-il évoquer une sérénité faite d’un qui-vive absolu?.

L’Un (ekam), l’Homme? Primordial (purusha?), le Témoin (adhyaksha), tels sont les aspects familiers qui incarnent dans la langue ce que nous dénommons l’Être, ou Conscience? universelle, ou Réalité? suprême, toutes manières d’apprivoiser, afin de le mettre à la portée de la pensée, le tissu spirituel immatériel dont la pérennité intangible sous-tend notre existence?, notre présence dans le monde? des formes, du crépuscule de la naissance à l’aube de la mort.


Voir en ligne : LES INFINIS PRÉPARATIFS DE L’ÉTERNITÉ