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Dyczkowski : Consciousness and Generation

dimanche 11 mars 2018

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Alors que le shivaïte cachemirien admet que le monde? est la seule conscience? pure, il soutient qu’elle est telle parce qu’elle est une création réelle de la conscience. L’effet est essentiellement identique à la cause et partage dans sa réalité. La matière et l’univers entier sont absolument réels, comme des formes de conscience « figées » (styāna) ou « contractées » (saṃkucita). "Ce Dieu de la conscience", écrit Kṣemaraja, "engendre l’univers et sa forme est une condensation de Sa propre essence (rasa)." En faisant bouillir le jus de canne à sucre, il se transforme en mélasse, sucre brun et bonbon. De même, la conscience demeure inchangée même si elle assume la forme matérielle concrète des cinq éléments bruts. La même réalité réside donc également dans les formes grossières et subtiles. Par conséquent, aucun objet? n’est totalement insensible. Même les pierres portent une trace (vāsanā) de la conscience, bien qu’elle ne soit pas clairement apparente parce qu’elle n’est pas associée au souffle vital (prāna) et aux autres composantes d’un organisme psycho-physique. Somānanda va jusqu’à affirmer que les objets physiques, loin d’être insensibles, ne peuvent exister? que dans la mesure où ils sont conscients d’eux-mêmes comme existant. Le pot remplit sa fonction car il se sait être son agent. En effet, toutes les choses sont pénétrées par la conscience et ne font qu’un avec elle et partagent donc son omniscience. Ainsi, Śiva Shiva
Śiva
le Seigneur
Śiva e Śakti, Deus e seu Poder, formam uma unidade sem dualidade.
, qui se perçoit sous la forme d’objets physiques, est la seule réalité ultime.

"Le pot le sait parce qu’il est de ma nature?", écrit Somānanda, "et je le sais parce que je suis? de la nature du pot. Je le sais parce que je suis de la nature de Sadāśiva et il le sait parce qu’il est de ma nature ; Yajñadatta [sait] parce qu’il est de la nature de Śiva et Śiva [connaît] parce qu’il est de la nature de Yajñadatta ".

[51] Tout dans ce sens est directement perçu par la conscience absolue, et cette perception directe (pratyakṣa) unifie le connaissable en un tout unique et indivisible. C’est le concept central d’une doctrine développée à l’origine? par Narasiṃha, appelée « non-dualisme de la perception directe » (pratyakṣādvaita). Cela indique que la conscience est essentiellement perceptive et que sa perception de toutes choses opère dans tout l’univers. Dans la mesure où les phénomènes nous sont clairement visibles (sphuṭa), tout est directement perçu par la conscience absolue, avec laquelle notre conscience individuelle est identique. Cette perception directe se déploie partout ; la seule vraie réalité, elle est seule et sans compagnon ni rivale (niḥsapatna). Même s’il reste un, il peut, par sa nature même, percevoir des distinctions (bheda) entre une entité et une autre, sans que cela n’engendre de division en son sein.

Nous distinguons deux entités en termes empiriques sur la base de leur exclusion mutuelle (anyonyābhāva). La distinction relative (bheda) entre eux est essentiellement la différence perçue entre leurs caractéristiques respectives. Malgré cette différence, ils sont unis dans le champ d’une cognition unique dans la mesure où ils sont également deux apparences manifestes. Cette connaissance? est l’essence indivise (rasa) ou la "nature propre" (svabhāva) des deux. Englobés par le « feu de la conscience », il n’y a pas de différence essentielle entre eux. De même que lorsqu’une émeraude et un rubis reflètent la lumière de l’autre, le rubis est vert-rouge et l’émeraude vert-rouge, de même tout est lié à tout le reste dans la cognition unique (vicitra) de la conscience absolue. Maheśvarānanda écrit :

L’état unique d’émotivité du Seigneur Suprême (asādhāraṇabh Abhinavagupta
Abhinava
AG
Abh
Abhinavagupta (950-1020), maître du shivaïsme du Cachemire, aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.
āva) est l’effusion de l’Être pur (mahāsattā). Il est manifeste comme l’éclat (sphurattā) de l’univers qui, si nous réfléchissons profondément, se réalise comme l’unique saveur (ekarasa) de l’essence de la beauté qui est la vibration de la félicité de sa propre nature.

De cette façon, toutes choses sont en réalité une, bien que divisées l’une de l’autre, partageant comme elles la « saveur unique » (ekarasa) de la vibration pure de la conscience.

Original

While the Kashmiri Śaivite agrees that the world is pure consciousness alone, he maintains that it is such because it is a real creation of consciousness. The effect is essentially identical with the cause and shares in its reality. Matter? and the entire universe are absolutely real, as ‘congealed’ (styāna) or ‘contracted’ (saṃkucita) forms of consciousness. “This God of consciousness”, writes Kṣemarāja, “generates the universe and its form is a condensation of His own essence (rasa).” By boiling sugarcane juice it condenses to form treacle, brown sugar and candy which retains its sweetness. Similarly, consciousness abides unchanged even though it assumes the concrete material form of the five gross elements. The same reality thus abides equally in gross and subtle forms. Consequently no object is totally insentient. Even stones bear a trace (vāsanā) of consciousness, although it is not clearly apparent because it is not associated with the vital breath (prāna) and other components of a psycho-physical organism. Somānanda goes so far as to affirm that physical objects, far from being insentient, can only exist insofar as they are aware of themselves as existing. The jar performs its function because it knows itself to be its agent. Indeed, all things are pervaded by consciousness and at one with it and hence share in its omniscience. Thus, Śiva, Who perceives Himself in the form of physical objects, is the one ultimate reality.

“The jar knows because it is of my nature”, writes Somānanda, “and I know it because I am of the jar’s nature. I know because I am of Sadāśiva’s nature and He knows because He is of my nature ; Yajñadatta [knows] because he is of Śiva’s nature and Śiva [knows] because He is of Yajñadatta’s nature”.

[51] Everything in this sense is directly perceived by absolute? consciousness, and this direct perception (pratyakṣa) unifies the knowable into a single, undivided whole. This is the central concept behind a doctrine originally expounded by Narasiṃha called ‘the non-dualism of direct perception’ (pratyakṣādvaita). This states that consciousness is essentially perceptive and that its perception of all things operates throughout the universe. Insofar as phenomena? are clearly evident (sphuṭa) to us, everything is directly perceived by absolute consciousness, with which our individual consciousness is identical. This direct perception unfolds everywhere ; the one true reality, it is alone and without companion or rival (niḥsapatna). Even though it remains one, it can, by its very nature, perceive distinctions (bheda) between one entity and another, without this engendering any division within it.

We distinguish between two entities in empirical terms on the basis of their mutual exclusion (anyonyābhāva). The relative distinction (bheda) between them is essentially the perceived difference between their respective characteristics. Despite this difference they are united within the purview of a single cognition insofar as they are equally both manifest appearances. This cognition is the undivided essence (rasa) or ‘own nature’ (svabhāva) of both. Encompassed by the ‘fire of consciousness’, there is no essential difference between them. Just as when an emerald and ruby reflect each other’s light?, the ruby is reddish-green and the emerald greenish-red, similarly everything is connected with everything else as part of the single variegated (vicitra) cognition of absolute consciousness. Maheśvarānanda writes :

The Supreme Lord’s unique state of emotivity (asādhāraṇabhāva) is the outpouring of pure Being (mahāsattā). It is manifest as the brilliance (sphurattā) of the universe which, if we ponder deeply, [is realized to be] the single flavour (ekarasa) of the essence of Beauty which is the vibration of the bliss of one’s own nature.

In this way all things are in reality one although divided from the one another sharing as they do the ‘single flavour’ (ekarasa) of the pure vibration of consciousness.


Voir en ligne : THE DOCTRINE OF VIBRATION