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Hulin (DSDT:C6) : le Seigneur

samedi 10 mars 2018

(Dattātreya reprit :) « Ces paroles, ô Rama, remplirent de joie? Hemacūda. A nouveau, il interrogea sa chère épouse : « Dis-moi qui est ce suprême Seigneur auprès de qui je dois prendre refuge. Qui est ce créateur universel dont l’essence est la liberté et qui régit le monde? entier ? Certains l’appellent Visnu, d’autres Śiva Shiva
Śiva
le Seigneur
Śiva e Śakti, Deus e seu Poder, formam uma unidade sem dualidade.
, d’autres Ganeśa, ou encore le soleil, Narasimha, le Buddha Bouddha
Buddha
Buda
boudhisme
buddhism
budismo
, le Jina, Vāsudeva, le souffle, la lune (Şoma), le karman, la Nature?, les atomes -, etc. Innombrables sont ses noms. Cette cause du monde a été conçue de bien des manières différentes. Parmi toutes ces entités, laquelle dois-je considérer comme le véritable Seigneur ? Je suis? convaincu que tu n’ignores rien de tout cela car le bienheureux Vyāghrapāda connaissait le visible et l’invisible et sa science resplendit à travers ta personne, toute femme que tu sois ! O toi aux paroles d’ambroisie, explique ces choses à celui qui a confiance en toi et qui t’aime ! »

« Hemalekhā se réjouit de cette question et répondit : « Cher époux, je vais te révéler la véritable nature du Seigneur. Sois attentif à mes paroles. Le Seigneur est celui qui tour à tour suscite et dissout l’illusion? cosmique (jagajjālapralayotpādakrt). On l’appelle tantôt Visnu, tantôt Śiva, tantôt Brahmā Brahmā
Brahma
Brama
, ou encore le soleil, la lune, etc. Chacun le détermine à sa manière. Mais, en réalité, il n’est ni Visnu, ni Śiva, ni Brahmā, ni aucun autre (dieu). (Les çivaïtes) se représentent Śiva avec cinq faces et trois yeux. Ils voient en lui le créateur, un être conscient et pourvu d’un corps, comme peut l’être un potier, par exemple. Dans l’expérience ordinaire, en effet, tout agent se présente comme conscient et pourvu d’un corps. On n’y rencontre pas d’agent inconscient et désincarné. L’essentiel de l’activité relève cependant ici de l’aspect « conscience? ». Ne voit-on pas dans le rêve l’âme individuelle (jīva) abandonner le corps grossier et créer tout ce qu’il lui plaît à l’aide d’un corps fantasmatique (caitanyamaya) ? Le corps n’est donc qu’un instrument dont le véritable agent, qui est un sujet conscient, se sert pour produire divers effets. Les âmes individuelles, en effet, sont tributaires d’instruments, parce que leur liberté est incomplète. Mais le Seigneur, créateur du monde, jouit d’une liberté plénière. Il édifie l’univers entier sans avoir besoin de quoi que ce soit. En vérité, donc, on ne doit pas se le représenter pourvu d’un corps. Autrement, comme un agent ordinaire, il aurait besoin de matériaux. Et un créateur du monde qui utiliserait le temps, l’espace, etc. comme autant de matériaux, ne serait rien de plus qu’une âme individuelle. Sa souveraineté plénière, ainsi que sa qualité de créateur de toutes choses, seraient en effet compromises par le fait que ces matériaux préexisteraient à la création elle-même. Ce n’est donc pas en se servant de quelque chose? comme un corps visible que le Seigneur crée l’univers. En réalité, mon cher époux, nous sommes obligés de conclure qu’il ne possède pas de corps grossier.

« L’intelligence grossière des hommes se trouble quand elle est mise en présence de cet être incorporel dont la nature est radicalement différente (de la nôtre). Mais Lui — véritable pierre philosophale (cintāmani) pour ses adorateurs — se manifeste dans les lieux et sous les aspects corporels particuliers qu’imagine leur piété. En fait, le suprême Seigneur est conscient de part en part et la conscience absolue forme son corps. Celle-ci n’est autre que la Grande Déesse Tripurā, l’Impératrice du cosmos. L’univers entier, mobile et immobile, se reflète en elle, comme une ville dans un miroir. Il semble distinct d’elle, alors qu’il en est en réalité inséparable. Et puisque la conscience absolue constitue le noyau de vérité commun (aux diverses conceptions du Seigneur), il riy a pas lieu de se représenter les unes commes supérieures, les autres comme inférieures. Toutes ces notions de supériorité, etc., ne concernent que sa forme inférieure. Les sages ne doivent diriger leur adoration que vers sa forme transcendante, dépourvue de parties. Mais celui qui en est incapable pourra se tourner vers la forme grossière qu’aura façonné son imagination. Si son hommage est désintéressé il obtiendra le Bien suprême. On aurait beau chercher pendant des millions de renaissances, on ne trouverait pas d’autre voie. »


Voir en ligne : LA DOCTRINE SECRÈTE DE LA DÉESSE TRIPURA