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Chantal Duhuy (Tch’an) – rechaço das questões metafísica

quinta-feira 15 de setembro de 2022

    

L’ignorance et le désir égarent, dans le labyrinthe des conceptions fausses et des spéculations inutiles, les hommes qui cependant s’y complaisent.

Une prédication célèbre du Bienheureux précise le contenu de ces questions métaphysiques qu’il rejette parce qu’elles ne mènent qu’à la souffrance et à l’angoisse sans apporter la paix et la sérénité de la certitude mystique.

« Parmi ces religieux et brahmanes, moines, ceux qui, soutenant l’éternité, proclament que le Soi   et le monde sont éternels, cela sous quatre formes ; et les religieux et brâhmanes soutenant d’une part l’éternité, d’autre part la non-éternité; et [ceux] soutenant le fini et l’infini ; et [ ceux ] pratiquant l’art d’esquiver tels des anguilles ; et [ ceux ] soutenant la production sans cause ; et [ ceux ] traitant des premiers âges ; et [ ceux ] soutenant le Soi conscient après la destruction du corps ; et [ ceux ] soutenant le Soi non conscient après la destruction du corps ; et [ceux] soutenant le Soi ni conscient ni inconscient après la destruction du corps; [...] et [ceux...] qui énoncent relativement aux premiers âges et aux âges à venir des dogmes qu’ils posent de façon diverse [ sont encore la proie de l’ignorance et de la soif : ils ne possèdent pas la connaissance juste].
 
« De même, moines, qu’un pêcheur habile ou un apprenti pêcheur recouvre un petit étang d’un filet aux mailles fines, se disant : les êtres vivants de quelque grosseur qui sont dans cet étang, tous sont pris à l’intérieur du filet ; quand ils font des sauts, ils font des sauts tout ligotés [...] tout enfermés, pris à l’intérieur du filet, — de même, moines, les religieux et brâhmanes [...] qui énoncent [...] des dogmes qu’ils posent de façon diverse [...] y sont pris à l’intérieur du filet ; quand ils font des sauts, ils font des sauts tout ligotés [...] tout enfermés, pris à l’intérieur du filet. » (Le filet de Brahman  ) [1].

Face   au problème du soi, il affirme :

« Si je dis qu’il y a un Soi, on l’imaginera comme éternel ; et si je dis qu’il n’y a pas de soi, on s’imaginera qu’à la mort on périt complètement. » [2]

Ailleurs il déclare qu’il est impossible que celui qui a bien compris l’origine de la souffrance et sa suppression

« se cramponne au passé en se demandant : existais-je dans les temps écoulés, n’existais-je pas, qui étais-je... ? ni qu’il s’élance vers l’avenir en se demandant : existerais-je, etc. ? ni qu’il se soucie du moment présent en se demandant : suis-je, ne suis-je pas, etc. ? » [3]

Et lors d’un entretien avec le religieux Vacchagotta, le Bienheureux condamne avec force les spéculations métaphysiques de tous ordres :

« “Le monde est éternel” [...] “Le monde n’est pas éternel” ... “Le monde est fini” ... “Le monde est infini” ... “Le principe vital, c’est le corps” ... “Le principe vital est distinct du corps” ... “Le Tathâgata existe après la mort” ... “Le Tathâgata n’existe pas après la mort” [...] ô Vaccha, c’est là une opinion fausse, c’est là le fourré des opinions, la jungle des opinions, la mêlée des opinions, la bataille des opinions, le lien des opinions ; cela est lié à la douleur, à la détresse, au tourment, à la fièvre brûlante ; cela ne conduit pas au dégoût, ni au détachement, ni à la cessation, ni à l’apaisement, ni à la connaissance surnaturelle, ni à l’Éveil complet, ni à l’Extinction. Tel est, en vérité, ô Vaccha, le danger que je vois et à cause duquel je m’écarte ainsi complètement de ces opinions. [...] C’est pourquoi je dis : “Le Tathâgata est délivré définitivement par suite de l’épuisement, du détachement, de la cessation, de l’abandon, du rejet de toutes les imaginations, de tout ce qui agite l’esprit  , de toutes les tendances à l’orgueil, à l’égoïsme et à la croyance au ‘moi’.” [4] »

Son attitude est bien différente de celle de l’homme ordinaire. En effet

« au moment de la sensation  , l’ignorant conçoit un moi face à un objet qu’il désire ou repousse et cette méprise le livre au désir, lequel l’embourbe davantage dans l’erreur ». Au contraire, « le Tathâgata voit ce qui doit être vu, mais ne forge pas de conceptions [41] au sujet de ce qui est vu, n’est pas vu, doit être vu ; ni au sujet de celui qui voit ni au sujet des choses entendues, connues... » [5]


Ver online : TCH’AN


[1Canon Bouddhique Pâli (Tipitaka ), texte et traduction, Suttapitaka, Dtghanikâya, par J. Bloch, J. Filliozat, L. Rcnou, Adrien-Maisonneuve, Paris, 1949. Dtghanikâya, Le Filet de Brahman, § 90, p. 38-39. Nos résumés et nos coupures sont entre crochets.

[2Samyuttanikâya, (S.N. ) IV, 398, in B., p. 51.

[3S.N. II. 26 et M.N. I. 264-5, cité dans I.C., p. 215.

[4M.N., I, 72, Extrait d’un passage traduit par André Bareau, Bouddha, Éd. Seghers, Paris, 1962, p. 147.

[5B., p. 36; respectivement : S.N. III, 96 et Anguttaranikâya, II, 25.