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Coomaraswamy : poursuivre le Soi ?

lundi 24 novembre 2008

Allar & Ponsoye

Dans la question du Bouddha Bouddha
Buddha
Buda
boudhisme
buddhism
budismo
citée plus haut : « Ne serait-il pas mieux pour vous que vous poursuiviez le Soi [1] ? » il y a un contraste précis entre le pluriel du verbe et le singulier de l’objet?. C’est l’Un que doit trouver la multitude. Considérons les nombreux autres textes bouddhiques dans lesquels les « soi », respectivement composé et mortel et unique et immortel, sont mis en opposition. La question est posée, tout, comme elle l’avait été dans les livres brahmaniques : « Par quel soi (kêna âtmanâ) l’atteint-on le monde? de Brahma Brahmā
Brahma
Brama
 ? » La réponse est donnée dans un autre passage, où la formule habituellement employée pour décrire la réalisation de l’état d’Arhat conclut : « Par le Soi qui est Identique à Brahma » (brahma-bhûtêna-âtmanâ), tout comme elle l’est dans les Upanishads Upanishad
Upanishads
Upanixade
Upanixades
 : « C’est en tant que Brahma qu’il retourne à Brahma [2] ». De ce monde il n’est aucun retour (punar âvartana) par nécessité de renaissance. D’autres passages distinguent le Grand Soi (mahâtman) du petit soi (alpâtman), ou le Soi splendide (kâlyânâtman) du soi impur (pâpâtman) ; le premier est le juge du second [3]. « Le Soi est le Seigneur Shiva
Śiva
le Seigneur
Śiva e Śakti, Deus e seu Poder, formam uma unidade sem dualidade.
du soi et son but [4] ». Dans la parole : « Pour celui qui l’a atteint il n’est rien de plus cher que le Soi [5] », on reconnaît la doctrine des Upanishads selon laquelle « seul le Soi est véritablement cher [6] », le « Aime-toi Toi même [7] » hermétique et la doctrine chrétienne selon laquelle « un homme?, par charité, doit s’aimer lui-même plus que personne d’autre [8] » ; lui-même, c’est-à-dire le Soi pour l’amour duquel il doit se nier soi-même. (Ananda? Coomaraswamy Coomaraswamy
AKC
ANANDA KENTISH COOMARASWAMY (1877-1947)
, Hindouisme et Bouddhisme)

Original

In the Buddha’s question cited above, ’"Were it not better if ye sought the Self ?” the contrast of the plural verb with its singular object is precise. It is One that the many are to find. Let us consider some of the many other Buddhist contexts in which our “selves”, respectively composite and mortal and single and immortal, are contrasted. The question is asked, just as it had been in the Brahmanical books, "By which self (kena āttnanā) does one attain the Brahma-world ?” The answer is given in another passage, where the usual formula? descriptive of the Arhat’s attainment concludes "with the Self that is Brahma-become” (brabma-bhūtena ātmana) ; just as in the Upanishad "It is as Brahma that he returns to Brahma”. From that world there is no returning (punar āvartana) by any necessity? of rebirth. Other passages distinguish the Great Self (mahātman) from the little self (alpātman), or Fair Self (kalyānātman) from foul (pāpātman) ; the former is the latter’s judge. "The Self is the Lord of the self, and its goal”. In the saying "For one who has attained, there is naught dearer than Self” we recognize the doctrine of the Upanishads that the "Self alone is truly dear” the Hermetic "Love thy Self”, and the Christian doctrine that "A man, out of charity, ought to love himself more than he loves any other person”, i.e. that Self for whose sake he must deny himself.


Voir en ligne : ANANDA COOMARASWAMY


[1Sutta Nipâta, 508 : Ko sujjhati muchchati bajjhati chah ? kên’attanâ gacchati brahmalokam ? Les réponses que comportent évidemment ces questions sont Yakkha comme dans Sutta Nipâta, 875 et brahmabhûtêna attanâ comme dans Angutara Nikâya, II, 211 : les réponses brahmaniques, Aitarêya Aranyaka, II, 6, prajnânam brahma, sa êtêna prajnênâtmanâ... amritah samabhavat, Brihadâranyaka Upanishad, IV, 4, 6, brahmaiva san brahmâpyêti (avec le commentaire de Shankra, disant que c’est du Paramâtmâ seulement que l’on peut affirmer l’asservissement et la délivrance) sont essentiellement les mêmes ; cf. Bhagavad Gîtâ, XVIII, 54, brahma-bhûtah prasannâtmâ. Rendre kên’attanâ par « par quoi ? » seulement est caractéristique des amoindrissements de Lord Chalmers. De la même façon, le PTS Dictionary omet soigneusement des références positives concernant attâ et ignore mahattâ. Mrs. Rhys David a discuté le rapport mahattâ = mahâtmâ (par ex. Review of Religion, VI, 22 f.), mais ignore la nature du mahiman (« majesté ») sur quoi repose l’épithète.

[2Angutara Nikâya, ll, 211, brahma-bhûtêna attanâ viharati ; de même Brihadâranyaka Upanishad, IV, 4, 6, brahmaiva san brahmâpyêti.

[3Angutara Nikâya, I, 57, 58, 87 (attâ pi attanam upavadati), 149, 249, V., 88 ; Sutta Nipâta, 778, 913 ; cf. Manu, XI, 230 ; République, 440 B ; I Cor., IV, 4. C’est le « Ayenbyte of Inwyt ».

[4Dhammapada, 160, attâ hi attano nâtho ; 380, attâ hi attano gati (cf. Brihadâranyaka Upanishad, IV, 3, 32 ; Katha Upanishad, III, 11 ; Maitri Upanishad, VI, 7, âtmano’tmâ nêtâ amritâkhyah ; Rig Vêda Samhitâ, V, 50, 1, vishwo dêvasya nêtuh, viz. Savitri). Cf. Samyutta Nikâya, III, 82, 83, yad anattâ... na mê so attâ, « Ce qui est non-Soi, ce n’est pas mon Soi » ; le Soi (âtman) est sans ego (anâtmya), cf. Taittirîya Upanishad, II, 7.

[5Samyutta Nikâya, 1, 75, n’êv’ajjhagâ piyataram attanâ kwachi... attakâmo ; Udâna 47 ; Angutara Nikâya, 12, 91 (cf., II, 21), attakâmêna mahattam abhikkhankatâ. Samyutta Nikâya, I, 71, 72, comme Bhagavad Gîtâ, VI, 5-7, montre dans quelles circonstances le Soi est cher (piyo) ou n’est pas cher (appiyo) de l’ego. Dans Angutara Nikâya, IV, 97, d’autre part, attâ hi paramo piyo, l’homme « trop épris de lui-même », est ce que l’on entend d’habitude par « égoïste ».

[6Brihadâranyaka Upanishad, I, 4, 8 ; II, 4 ; IV, 5.

[7Hermès, Lib., IV, 6 B.

[8Saint Thomas d’Aquin, Sum. Theol., II-II, 26, 4 ; cf. Dhammapada, 166 (le premier devoir de l’homme est de travailler à son propre salut).