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Duval (HZ:138-139) – o estético

domingo 25 de setembro de 2022

      

Pour considérer l’esthétique en vérité, un premier souci devait être d’en purifier les interprétations annihilantes.

— « J : Car votre chemin laisse derrière lui avec la métaphysique toute esthétique, puisque cette dernière y trouve son fondement  .
 
M : ... Mais de telle sorte qu’à présent seulement nous sommes en état de méditer le déploiement de ce qui est esthétique en le renvoyant à ses limites » [1].

Il devient maintenant possible d’en venir au “déploiement” esthétique en lui-même comme déploiement de la Vie en sa vérité de puissance d’avènement.

Ainsi, le grec nomme-t-il “aisthetikos” ce qui tombe sous les sens et ce qui est doué de la faculté sensible  . “Esthétique” dit donc l’accord immédiat par quoi l’homme se sent concerné par ce qu’il croit d’abord être autre chose que lui, l’Univers. “Esthétique” dit ainsi l’Affect du Monde et l’affection du Monde pour l’homme. Plus radicalement “Esthétique” dit ce à partir de quoi quelque chose comme “Monde” et quelque chose comme “homme” peuvent apparaître dans leur distinction. “Esthétique” dit donc “ce qui” œuvre la Dimension qui accorde l’homme et le monde, qui accorde la Panréalité universelle avec elle-même. Ainsi, l’énergie vitale vient-elle à s’expérimenter en nous dans l’accord primordial où nous sentons qu’elle nous maintient sous un mode que nous comprenons comme “esthétique”.

Si “l’expérience” est désormais le nom de l’Etre,” nom de l’accord à “ce qui” fait être, “esthétique” est le nom de l’expérience vraie d’un tel accord. Penser l’essence de l’esthétique revient dès lors à penser “ce qui” ad-vient dans notre comportement sensible et affectif, dans notre comportement “esthétique”.

L’expérience foncière de la vie comme expérience esthétique.

Ce qui advient ainsi, nous l’avons déjà reconnu être un vouloir dire primordial de la Vie désirant se dire à elle-même ce qu’elle est et parvenant à le faire dans l’effleurement du Silence qui vibre dans la Panréalité devenue Parole par le corps amphoral de l’homme désubjectivisé. Or, en grec, faire, se faire, se dit “poiein  ”. “Poiein” dit donc pur et simplement l’ouvrage de la Vie qui s’œuvre en nous dans l’Expérience parlante que nous faisons d’elle, ou plutôt qu’elle parvient à faire d’elle-même par nous qu’elle a elle-même voulu être ainsi.

Si expérience est désormais le nom de l’Etre ; si l’esthétique est le nom vrai de l’expérience, il faut dès lors finalement dire que l’essence de l’esthétique, et donc l’essence de ce qui est, est de nature “poiétique”. C’est cela qu’il nous faut montrer plus précisément.


Ver online : Jean-François Duval – Heidegger et le Zen


[1GA12:138 : « J : Denn Ihr Weg läßt mit der Metaphysik zugleich die in ihre gegründete Ästhetik hinter sich.

F : Aber so, dass wir das Wesen der Ästhetischen jetzt erst bedenken und in seine Grenzen verweisen können. »