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Corbin (ICSIA): O Hadith da Visão

segunda-feira 1º de agosto de 2022

      

tradução parcial

Tenhamos bem presente   ao pensamento   um duplo leitmotiv: a resposta   de Deus   a Moisés, registrada no texto corânico: «Tu não me verás» — e o célebre hadith da visão (hadith al-ruya), seja visão em sonho   ou visão extática, onde o Profeta   atesta: «Vi meu Senhor sob uma forma da da maior beleza, como um jovem de abundante cabeleira, assentando sobre o Trono da graça; ele estava revestido de uma veste   de ouro (ou de um manto verde, segundo a variante); sobre sua cabeleira, uma mitra de ouro; a seus pés, sandálias de ouro». Refutação da visão e atestação desta visão: os dois   motivos já formam juntos uma coincidentia oppositorum. Além do mais, a Imagem recorrente tanto no hadith da visão profética quanto na experiência pessoal de Ibn Arabi  , é uma Imagem de puer aeternus, símbolo plástico visionário desta mesma coincidentia oppositorum, bem conhecido dos psicólogos  . Desde então uma tripla questão se ilumina: Quem é esta Imagem? De onde vem e qual é o contexto? Qual grau de experiência espiritual anuncia sua aparição, quer dizer qual realização   do ser é operada em e por esta imagem?

Original

Ayons alors bien présent à la pensée un double leitmotiv : la réponse de Dieu à Moïse, enregistrée dans le texte qorânique : « Tu ne me verras pas » — et le célèbre hadîth de la vision (hadith al-rû’ya), que ce fût vision en songe ou vision extatique, où le Prophète atteste : « J’ai vu mon Seigneur sous une forme de la plus grande beauté, comme un Jouvenceau à l’abondante chevelure, siégeant sur le Trône de la grâce ; il était revêtu d’une robe d’or (ou d’une robe verte, selon une variante) ; sur sa chevelure, une mitre d’or; à ses pieds, des sandales d’or.» Refus de la vision et attestation de cette vision ; les deux motifs forment ensemble déjà une coincidentia oppositorum. Mais de plus, l’Image récurrente aussi bien dans le hadîth de la vision prophétique que dans l’expérience personnelle d’Ibn ’Arabî, est une Image du puer aeternus, symbole plastique visionnaire de cette même coincidentia oppositorum, bien connu des psychologues. Dès lors une triple question se fait jour : Qui est cette Image ? D’où vient-elle et quel en est le contexte ? Quel degré d’expérience spirituelle annonce son apparition, c’est-à-dire quelle réalisation de l’être est opérée dans et par cette Image ?

Autant un théologien comme al-Ghazâlî reste désarmé, sans solution, devant l’Image, et a fortiori devant une expérience visionnaire de l’Image parce qu’il s’en fait une conception toute « nominaliste » et agnostique, et n’a d’autre ressource que de la dénaturer en allégorie   plus ou moins inoffensive, cela justement parce qu’il n’a aucune idée du théophanisme professé par un Ibn ’Arabî, — autant en revanche un disciple de celui-ci, tel ’Abdol-Karîm Gîlî, se trouve à son aise pour l’expliquer et la commenter. Il insiste sur la double dimension de l’événement : réalité plénière de la Forme déterminée, et contenu caché qui ne peut prendre figure que dans cette Forme. Il l’analyse comme une coincidentia oppositorum qui nous impose une homologation de l’infini dans une forme finie, parce que telle est la loi même de l’être. Et la « Face   divine, la « Forme de Dieu », qui se montre ainsi — nous l’avons appris précédemment — c’est aussi la « Face impérissable » de l’être à qui elle se montre, son Esprit  -Saint. Il faut en revenir en effet toujours à ceci : ce qu’atteint un être au sommet même de son expérience mystique, ce n’est pas, ce ne peut être le fond de l’Essence divine en son unité indifférenciée. C’est la raison même pour laquelle Ibn ’Arabî récusait la prétention de certains mystiques, prétendant « devenir un seul et même avec Dieu ».


Ver online : Excertos de "A Imaginação criadora no sufismo de Ibn Arabi"