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Corbin (ICSIA): A Imaginação criadora como teofania, ou o «Deus do qual é criado todo ser»

segunda-feira 1º de agosto de 2022

      

tradução parcial

É necessário antes de tudo, de nos fazer relembrar os atos da cosmogonia eterna concebida pelo gênio de Ibn Arabi  . Um Ser Divino solitário em sua essência incondicionada, da qual só conhecemos uma coisa: precisamente a tristeza   desta solidão   primordial, que o faz aspirar a se revelar nos seres que o manifestam a ele mesmo na medida que que ele se manifesta a eles. É esta Revelação que percebemos; é ela que nos é necessário meditar para conhecer quem somos. O leitmotiv enuncia não a fulguração de uma Onipotência autárcica, mas uma nostalgia profunda: «Eu era um Tesouro   oculto, amei a ser conhecido. Eis porque produzi as criaturas a fim de me conhecer nelas». Esta fase é representada como a tristeza dos Nomes divinos   se angustiando no desconhecimento, porque ninguém os nomeia, e é esta tristeza que vem distender esta Aspiração divina (tanaffos) que é Compaixão (Rahma  ) e existenciação (ijad), e que no mundo do Mistério é Compaixão do Ser Divino com e para si mesmo  , quer dizer para seus próprios Nomes. Ou ainda, origem e princípio são uma determinação do amor, o qual comporta movimento   de ardente desejo (harakat shawqiya) naquele que é amoroso. A este ardente desejo, o Suspiro divino aporta sua distensão.

Original

Il est nécessaire avant tout, de nous remémorer les actes de la cosmogonie éternelle conçue par le génie d’Ibn ’Arabî. Un Etre Divin esseulé en son essence inconditionnée, dont nous ne connaissons qu’une chose : précisément la tristesse de cette solitude primordiale, qui le fait aspirer à se révéler dans des êtres qui le manifestent à lui-même pour autant qu’il se manifeste à eux. C’est cette Révélation que nous percevons ; c’est elle qu’il nous faut méditer pour connaître qui nous sommes. Le leitmotiv énonce non pas la fulguration d’une Omnipotence autarcique, mais une nostalgie foncière : « J’étais un Trésor caché, j’ai aimé à être connu. C’est pourquoi j’ai produit les créatures afin de me connaître en elles. » Cette phase est représentée comme la tristesse des Noms divins s’angoissant dans l’inconnaissance, parce que personne ne les nomme, et c’est cette tristesse que vient détendre cette Spiration divine (tanaSos) qui est Compatissance (Rahma) et existentiation (îjâd), et qui dans le monde du Mystère est Compassion de l’Etre Divin avec et pour soi-même, c’est-à-dire pour ses propres Noms. Ou encore, origine et principe sont une détermination de l’amour, lequel comporte mouvement d’ardent désir (harakat shawqîya) chez celui qui est épris. A cet ardent désir, le Soupir divin apporte sa détente.

D’emblée, par une analyse où il découvre expérimentalement dans son propre être le mystère de l’être, le théosophe évite l’opposition théologique entre Ens increatum et ens creatum comme tiré du néant, opposition telle que l’on ne sait si jamais a pu être réellement défini le rapport qu’entretient le Summum Ens avec le néant dont il ferait surgir   la créature. La Tristesse n’est pas le « privilège » de l’être créaturel ; elle est dans l’Etre créateur lui-même, elle est le motif même qui fait de l’Etre primordial, devançant toutes nos déductions, un Etre créateur ; elle est le secret de sa créativité. Et sa création ne surgit pas du néant, d’un autre que Lui, un non-lui, mais de son être foncier, des puissances et virtualités latentes dans son être non révélé. Aussi bien, le mot tanaffos implique-t-il aussi le sens de briller, apparaître à la façon de l’aurore. La Création est essentiellement révélation de l’Etre Divin à lui-même d’abord, luminescence opérée en lui-même ; elle est une théophanie (tajallî ilâhî). Aucune idée ici de creatio ex nihilo   pour ouvrir un abîme sur lequel aucune pensée rationnelle sera désormais impuissante à jeter un passage, puisque c’est elle-même, foncièrement discriminante, qui oppose et met à distance ; pas même une fissure pouvant s’agrandir en espace d’incertitude infranchissable aux arguments et aux preuves. La Spiration divine exhale ce que notre shaykh désigne comme Nafas al-Rahmân ou Nalas Rahmânî, le Soupir de Compatissance existentiatrice ; ce Soupir donne origine à toute la masse « subtile » d’une existentiation primordiale désignée sous le nom de Nuée (’amâ). D’où le sens de ce hadïth : « On demandait au Prophète : Où était ton Seigneur avant de créer sa création (visible) ? — Il était dans une Nuée ; il n’y avait pas d’espace ni au-dessus ni au-dessous.»


Ver online : Excertos de "A Imaginação criadora no sufismo de Ibn Arabi"