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Henri le Saux (Ecrits) – eu sou Brahma (aham brahma asmi)

sexta-feira 16 de setembro de 2022

    

[...] la grande sentence upanishadique — : Aham brahma   asmi : je suis Brahman   ; il n’y a pas en vérité d’humilité plus profonde ni d’anéantissement plus total de soi, de son moi, que l’humilité et la renonciation à soi que suppose la récitation fervente et sincère de ce mantra, de cette formule sacrée. Car c’est seulement une fois remonté — ou plongé — en mon véritable Soi, mon Soi divin, que j’ai le droit de « répéter » : aham brahma asmi. (Intériorité et révélation, p. 45.)

Qui prononce en foi et vérité le aham brahma asmi, signifie par là-même qu’il ne « reconnaît » plus ce moi superficiel auquel jadis il avait porté tant d’intérêt, qu’il est entièrement passé au moi unique et divin ; et de même le Voyant, le brahmavid, l’atmavid, qui respectueusement et ineffablement répète dans le silence de son cœur cet « aham » [48] mystérieux, plongeant aux profondeurs de l’être   et de Dieu  , que désormais à peine ose-t-il prononcer de sa bouche. (Intériorité et révélation, p. 85.)

Cet Aham, ce Je, ce Purusha  , cet atman   [le « soi », suprême] ce Brahman est pourrait-on dire, de tous les archétypes, le plus fondamental. Il se vit, il se délivre sous les symboles, les mythes et les concepts. Et ce sont les « Voies » (marga  ) spirituelles diverses, suivies avec foi qui, sur les plans affectif, intellectuel et d’action, purifient et décantent cette expression qui se cherche et dont le progrès est la mesure même de l’atteinte de l’homme à soi. (Intériorité et révélation, p. 170.)

Pour pénétrer de l’ego superficiel jusqu’à l’aham [Je] fondamental et définitivement seul réel, un certain nombre de stages ou de paliers se présentent, tous symboliques bien entendu, tous cherchant à expliquer de façon plus ou moins approchée le mystère du retour de chacun en sa source. (28.7.55; La Montée au fond du coeur, p. 141.)

Il y a l’aham qui est pur élan, et l’aham qui est possession. Or qui possède est possédé. La réalisation, c’est la délivrance, mukti   de toute possession d’autre et par autre.

Le Soi  , aham, ne possède nulle pensée et n’est possédé, enfermé par nulle pensée. (22.5.68 ; La Montée au fond du coeur, p. 364.)

A la façon dont la Source n’est pas identifiable au filet d’eau   qui en coule. Je ne peux entendre la Parole du Dieu qui me dirait qu’il est, qui me dirait de lui «Je suis» (comme à l’Horeb) sans avoir d’abord entendu du fond de cet « arché » la parole qui me révèle à moi-même. Si le Je suis que j’entends comme dit par ce Dieu, est après, ce Je suis ne peut être celui de Dieu. Si Dieu est cet Etre à qui n’est ni antérieur ni supérieur — dit la Bible   —- (ni même postérieur ni inférieur dit l’Upanishad  ), il est en ce Je suis même en lequel ie m’éveille à moi. (2.7.71 ; La Montée au fond du coeur, p. 404.)


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