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Kabir (CA) – Condição Humana

segunda-feira 5 de setembro de 2022

    

tradução

Este corpo é uma vila onde a alma   é o chefe,
cinco   camponeses aí habitam.
Eles se chamam: visão  , olfato, audição  , paladar e tato  ,
e eles não obedecem ao chefe!
 
Ó Pai  , não quero mais habitar   esta vila:
Ele me pede contas a cada instante  ,
este escriba que tem nome «Consciência  »!
 
Quando Dharmaraja pediu as contas,
restava muito a pagar:
Então, os cinco camponeses fugiram;
e a alma ficou prisioneira no tribunal...
 
Disse Kabir  : Ó Santos, escutais,
pagais vossas dívidas no campo   mesmo,
Se por esta vez Ram faz graça   a seu servidor,
ele não recairá mais no Oceano da Existência.

Quem desvendou o segredo deste Tecelão?
Ele veio ao mundo para aí estender sua trama:
Entre a terra   e o céu, fixou seu ofício,
da lua   e do sol, fez suas duas agulhas.
 
Tomou mil fios em toda sua extensão  ,
até este dia, está em seu trabalho  , mas como é duro   e longo!
Disse Kabir, pela união   do Karma  ,
ele tece bom fio e mal fio, o hábil Tecelão!

Charlotte Vaudeville

Ce corps est un village dont l’âme [1] est le chef,
cinq paysans y demeurent.
Ils s’appellent : vue, odorat, ouïe, goût et toucher,
et ils n’obéissent pas au chef !
 
O Père, je ne veux plus habiter ce village :
Il me demande à chaque instant des comptes,
ce scribe qui a nom « Conscience » !
 
Quand Dharmarâja [2] a demandé les comptes,
il restait beaucoup d’arriérés à payer :
Alors, les cinq paysans ont pris la fuite ;
et l’âme est restée prisonnière au tribunal... [3]
 
Dit Kabîr : O Saints, écoutez,
payez vos dettes dans le champ même [4],
Si pour cette fois Râm fait grâce à son serviteur,
il ne retombera plus dans l’Océan de l’Existence  .
 
[S. K. mârû 7.]

Qui n’a percé à jour le secret de ce Tisserand [5] ?
Il est venu dans le monde pour y tendre sa trame :
Entre la terre et le ciel, il a fixé son métier,
de la lune et du soleil, il a fait ses deux navettes.
 
Il a pris mille fils dans toute leur longueur,
jusqu’à ce jour, il est à son travail, mais que c’est dur et long !
Dit Kabîr, par le joint du Karman,
il tisse bon fil et mauvais fil, l’habile Tisserand !
 
[Bîjak, ramaini 28.]

Ver online : Kabir


[1Il s’agit du jîva, l’âme spirituelle.

[2Nom du dieu de la mort, Yama, en tant que justicier.

[3Les cinq sens se sont dissous avec le corps, mais l’âme a dû payer les dettes du corps, et reste liée, par le poids de ses « œuvres », au monde de la souffrance et de la mort.

[4Libérez-vous, dès ce monde, du lien du karman en implorant le secours de Râm.

[5La plupart des commentateurs de Kabîr ont vu dans le « Tisserand » (julâhâ) un symbole de Râm, l’Être suprême, et dans sa trame, la tnâyâ, par laquelle il crée le monde. Cette explication cependant ne paraît pas tout à fait satisfaisante.

Dans la littérature des Nath-Yogî, auxquels Kabîr a emprunté beaucoup de ses métaphores, le julâha symbolise souvent l’esprit, marias (hindî man), qui est le sens interne, siège et promoteur des passions. Man est conçu comme une puissance métaphysique, lié à la mâya : avec elle, au moyen du karman, il tisse le monde des formes illusoires. C’est lui qui, entre le Brahman et le jîva, tisse le voile de l’existence empirique. Ici, il semble qu’on puisse préférer cette interprétation.