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Ficino (TP:L1C1) – se a alma não fosse imortal...

domingo 4 de setembro de 2022

    

Michael Allen

Were the soul   not immortal, no creature would be more miserable than man.

Since man’s mind   is never at rest, his body is frail and he is totally without resources, the life he leads on earth is harsher than that of the beasts. Had nature set exactly the same term to his life as she has to the other creatures, no animal   would be more miserable than man. But man by his worship of God   comes closer to God than all other mortal   things, and God is the author of happiness  .

So it is utterly impossible that man should be the most unhappy of all. However, only after the death of the body can man become any happier. It seems therefore to follow of necessity that once our souls leave this prison, some other light awaits them. Our human minds, “immured in darkness and a sightless dungeon,” may look in vain for that light, and we are often driven to doubt our own divine provenance. But I pray that as heavenly souls longing with desire for our heavenly home we may cast off the bonds of our terrestrial chains; cast them off as swiftly as possible, so that, uplifted on Platonic wings and with God as our guide, we may fly unhindered to our ethereal abode, where we will straightway look with joy on the excellence of our own human nature.

In order to show clearly how best the minds of men can unlock the bars of mortality, witness their own immortality and thus achieve a state of blessedness, I shall try, as best I can, to prove in the following discussion; [first,] that besides this inert mass of our bodies, to which the Democriteans, Cyrenaics and Epicureans limit their consideration, there exists an active quality or power, to which the Stoics and Cynics direct their investigation; and [second,] that beyond quality, which is divisible along with matter’s dimensions and subject to all manner of change, there exists a higher sort of form, which, though it is in a certain sense   changeable, admits of no division in a body. In this form the ancient theologians located the seat of the rational soul. This was the point [in the argument] reached by Heraclitus  , Marcus Varro and Marcus Manilius. I shall also attempt to show that beyond rational soul exists angelic mind, which is not only indivisible   but unchangeable as well. This is the point where Anaxagoras and Hermotimus rested content. But the eye of angelic mind, which seeks for and finds the light   of truth, is ruled by the divine Sun itself. It is towards this that Plato urges, instructs and enjoins us to direct the gaze of the mind, once it has been purified.

Once we have ascended so far, we shall compare in turn these five   levels of being; body (bodily mass), quality, soul, angel and God, Because the genus of rational soul, which occupies the midpoint of these five levels, appeals to be the link that holds all nature together—it controls qualities and bodies while it joins itself with angel and with God— I shall demonstrate: [first,] that it is in fact completely indissoluble, because it holds together the different levels of nature; next, that it is preeminent, because it presides over the framework of the world; and finally, that it is most blessed when it steals into die bosom of the divine. I shall seek to establish drat the condition and nature of soul is such as I have described, firstly by general arguments, secondly by specific proofs, thirdly by signs, and lastly by resolving questions.

Raymond Marcel

Si l’âme n’était pas immortelle, l’homme serait la plus malheureuse de toutes les créatures.

Étant donné l’inquiétude de son esprit  , la faiblesse de son corps et son indigence totale, l’homme mène sur la terre une existence plus pénible que celle des bêtes. Si donc la nature avait fixé à la vie de l’homme et à celle des autres vivants un terme absolument identique il n’y aurait pas d’animal plus malheureux que l’homme. Mais puisqu’il n’est pas possible que l’homme qui rend un culte à Dieu et qui de ce fait est plus proche que tous les autres mortels de ce Dieu, source de béatitude, soit le plus malheureux de tous, et étant donné qu’il ne peut être rendu plus heureux qu’après la mort du corps, il paraît nécessaire que lorsque nos âmes quittent cette prison, il leur reste une certaine lumière. Toutefois comme les intelligences humaines ne se tournent jamais vers leur propre lumière, « emprisonnées qu’elles sort dans leurs ténèbres et dans leur geôle aveugle », souvent nous sommes amenés à douter de notre propre divinité. Brisons, de grâce, âmes célestes  , avides de la patrie céleste  , brisons au plus tôt les liens de nos entraves terrestres, afin que, soulevées par les ailes platoniciennes et guidées par Dieu, nous volions plus librement vers la demeure éthérée où nous aurons le bonheur de contempler l’excellence de notre nature.

Au reste, surtout pour que l’on voie très clairement par quel moyen les intelligences humaines peuvent briser leurs barrières terrestres, juger de leur immortalité, atteindre la béatitude, nous nous efforcerons dans le présent traité de démontrer, selon nos moyens, qu’il existe, outre cette masse paresseuse des corps à laquelle les partisans de Démocrite, d’Aristippe et d’Epicure limitaient leur examen, une certaine qualité efficace et une puissance vers laquelle les Stoïciens et les Cyniques ont poussé leur investigation ; puis, qu’au-dessus de la qualité qui se divise en fonction de la dimension de la mati  ère et qui change complètement, il existe une forme supérieure qui, tout en changeant dans une certaine mesure, n’admet cependant aucune division dans le corps. C’est dans cette forme que les Antiques théologiens1 ont placé le siège de l’âme raisonnable, Héraclite, Marcus Varron et Marcus Manilius se sont élevés jusque-là. Nous montrerons ensuite qu’au-dessus de l’âme raisonnable il y a l’intelligence angélique, non seulement indivisible, mais immuable, à laquelle Anaxagore et Hermotime paraissent s’être arrêtés, et enfin qu’à l’œil de cet esprit angélique qui désire la lumière de la vérité et la reçoit, est supérieur, le Soleil   divin vers lequel notre Platon   nous ordonne, nous enseigne et nous presse de tourner la pointe purifiée de notre esprit. Ainsi lorsque nous serons montés jusqu’à lui, nous comparerons donc entre eux ces cinq degrés de l’ensemble de la réalité, à savoir le corps, la qualité, l’âme, l’ange et Dieu. Or, puisque le genre même de l’âme rationnelle, qui obtient le milieu entre ces cinq degrés, apparaît comme le lien de la nature tout entière, régit les qualités et les corps, s’unit à l’ange et à Dieu, nous montrerons qu’il est absolument indissoluble en tant qu’il unit les degrés de la nature, qu’il est le plus élevé en tant qu’il préside à la machine de l’univers et enfin qu’il est le plus heureux en tant qu’il s’insère parmi les réalités divines. Que la condition de notre âme soit telle, que tel soit son être, nous l’établirons en premier lieu par des raisons générales, deuxièmement par des preuves particulières, troisièmement par des signes et enfin en répondant aux objections.


Ver online : Ficino – Teologia Platônica