Página inicial > Oriente > Tradição hindu > LA THÉORIE MÉTAPHYSIQUE DU VERBE ET SON APPLICATION DANS LE LANGAGE ET LA (...)

ALAIN DANIÉLOU

LA THÉORIE MÉTAPHYSIQUE DU VERBE ET SON APPLICATION DANS LE LANGAGE ET LA MUSIQUE

Approches de l’Inde. Tradition & Incidences

sexta-feira 21 de dezembro de 2007, por Cardoso de Castro

    

Extrait de Approches de l’Inde. Tradition   & Incidences. Dir. Jacques Masui  . Cahiers du Sud, 1949

 L’univers est une idée

Du point de vue cosmologique la vibration première envisagée dans son ensemble comme une forme ’indivise correspond à ce que nous appelons une idée.

L’idée, comme les autres aspects de la manifestation, est un rapport de mouvements, mais ce qui caractérise l’idée c’est que ses différents éléments forment un tout indivis. Ces mêmes différents éléments, lorsqu’ils sont perçus analytiquement apparaissent comme forme, substance, etc., mais non plus comme idée. C’est en ce sens que l’on peut considérer la pensée comme le principe, ou comme la synthèse, des différents aspects de la manifestation.

Dans le cas de l’individualité humaine ou microcosme la pensée devient la synthèse des perceptions sensorielles, c’est-à-dire des sphères de perception des cinq   sens qui sont appelées éléments. C’est pourquoi on peut dire que, dans l’homme qui le perçoit comme dans le Créateur qui le conçoit, « lorsque s’arrête la vibration mentale (chittà spandanà), la dualité, c’est-à-dire le monde, disparaît, car l’état non-vibratoire dans lequel la vibration mentale, c’est-à-dire l’idéation (kalpanâ) se dissout est, par définition, la non-dualité. La vibration mentale qui se manifeste comme la forme de l’univers est cause que par réflexion le Soi  , le Brahmâ qui n’est que le spectateur immobile de l’idéation, semble revêtir toutes sortes de formes. D’après cette conception la multiplicité n’est qu’une idéation, c’est-à-dire une vibration-mentale (chittà sphuranà).

Toutefois cette vibration qui est la pensée ne peut se produire sans une base (âshrayà), à faire vibrer. Cette base est l’Être sans dualité qui existe par lui-même. C’est dans cette non-dualité que la vibration-pensée engendre la multiplicité, et c’est par ce procédé que la dualité prend son origine dans la non-dualité ». (Swâmï Shahkara Tïrthà, Paramârthïi satyâ, Siddhântà, 4, 5, p. 34).