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SOIS !

Nisargadatta : la destinée est comme un film

Entretiens avec Sri Nisargadatta Maharaj (1978-1980)

vendredi 20 juillet 2018

Traduit de l’anglais par Paul Vervisch

V. : Vous nous avez déjà parlé de la destinée qui est comme un film, un négatif impressionné au moment de la conception et qui contient le déroulement de tous les événements de notre vie. Si chacun a son film, si toutes nos vies sont prédéterminées, à quoi bon être vigilant, persévérant, à quoi bon nous efforcer de comprendre ce que vous nous dites. Ce qui doit arriver est de toute façon dans le film.

M. : Le film est achevé mais comment pouvez-vous savoir que votre vigilance et votre persévérance ne sont pas dans le film justement. Vous ne disposez d’aucun moyen de contrôle.

V. : Autrement dit, la sincérité, la confiance, l’intérêt, tout est déjà prédéterminé dans le film. N’y a-t-il aucun moyen de favoriser, d’améliorer, d’accélérer son déroulement ?

M. : Le film se déroule et vous observez ses événements mais vous ne disposez de rien, tout est dans le film.

V. : Il me semble néanmoins me souvenir de situations dans ma vie où j’ai eu? à faire des choix. Des choses? que j’aurais pu faire ou non. Peut-être que cette notion de film est une façon d’envisager ma vie à l’avance. Étant donné ma personnalité j’agirais, selon les circonstances, de manière toujours identique, comme dans un film, mais sans que tous mes choix soient inexorablement fixés à l’avance !

M. : Considérons la projection d’un film de cinéma. Le personnage sur l’écran peut-il faire autre chose que ce qui a été impressionné sur la pellicule ? Non ! Il en est de même pour vous. Vous avez l’impression que vous pouvez effectuer un choix mais ce choix et les raisons de ce choix sont déjà sur le film.

Pouvez-vous changer un seul mot de ce que vous venez de dire ? C’est impossible. Il en est de même pour ce que vous allez à présent dire ou faire. C’est dans le film.

V. : Mais que se passe-t-il dans le déroulement du film d’une personne devenant un Jnani ? Est-ce que le film se poursuit tant que dure le corps du Jnani ou bien y a-t-il une grande tache blanche sur le film ?

M. : Le film ne s’applique pas au Jnani parce qu’il n’a pas de nom, pas de forme et parce qu’il pénètre toutes choses.


V. : Mais au niveau de la forme il est possible, grâce à l’astrologie, de déterminer à l’avance certains éléments du film.

M. : Pour chercher à connaître le futur d’une personne vous pouvez considérer le moment de sa naissance mais ce moment n’a pas de signification. Le moment qui compte est neuf mois avant la naissance. Vous pouvez donner la destinée de l’heure de naissance, pas celle de l’enfant, parce que le moment de sa conception, ni le docteur, ni les parents ne le connaissent.

V. : Donc neuf mois avant la naissance, le film est fixé une fois pour toute, mais par quoi est-il déterminé ? N’y a-t-il pas des lois génétiques, est-ce que l’homme?, d’une certaine façon, ne détermine pas lui-même son film ?

M. : Personne ne le sait. En tout cas, l’homme n’a rien à voir là-dedans. Ce qui est né ne sait pas qu’il vient de naître. Il le saura quelques mois plus tard. Les parents non plus ne savent pas le moment où la chose a pris forme. Personne ne connaît ce moment.

V. : Non, je ne parle pas du moment. Ma question est de savoir si l’homme lui-même ne détermine pas son futur, son film, ou alors s’il existe d’autres agents, Dieu ou les cinq éléments, ou ce que vous voudrez, qui décident de ce que sera le film ?

M. : Rien ne décide ce qui concerne le film. Neuf mois avant la naissance, au moment où l’enfant est conçu, une photo est prise des conditions existant entre les cinq éléments et tout se déroule automatiquement. Personne n’agit ou ne décide — tout cela arrive automatiquement parce qu’à ce moment-là le sens du « je suis? » est absent, il apparaît beaucoup plus tard.

V. : Certains paraissent avoir une heureuse destinée, un bon film — d’autres pas très souhaitable. Dans l’enseignement bouddhiste, on? dit qu’il faut choisir de naître dans une famille qui saura vous éduquer et il est dit que le plus grand péché? est de naître ignorant. Donc, celui qui a écrit cela laisse bien entendre que celui qui va naître a la possibilité de déterminer la famille qui va l’accueillir.

M. : Cela est faux, il n’y a aucun choix et il n’existe rien qui puisse choisir. Bouddha est très grand mais ceci n’est pas vrai, c’est un concept. A l’instant de la conception, la situation de ce monde? et du cosmos sont enregistrés dans cette graine. Dans ces éléments premiers, cette conscience? biologique, tout se passe en un instant. Quelqu’un peut être conçu en Inde et vivre plus tard de l’autre côté du monde... c’est déjà enregistré. Croyez-le ou non !

V. : Comment savez-vous ces choses ?

M. : De la même manière dont je me suis connu, cela a jailli spontanément. Ne croyez pas que je fabrique cette science.

V. : Le film contient tous les événements mais contient-il aussi les réactions, joies, souffrances qui accompagnent les événements ?

M. : Il contient tout dans les moindres détails.

V. : Contestez-vous ce qui a été dit par de nombreux yoguis que certains êtres peuvent connaître à l’avance le film de leur vie ?

M. : Le principe Absolu? — qui n’est associé à rien, pas même à l’être — peut parler de toutes choses.


Voir en ligne : NISARGADATTA MAHARAJ