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THE DOCTRINE OF VIBRATION

Dyczkowski : Création et Māyā

SPANDA

jeudi 5 juillet 2018

Extrait des pages 79-80

Français

Lorsque le pouvoir de la conscience? engendre un sentiment de séparation entre le sujet et l’objet? avec toutes les limitations qui en découlent, il est appelé « Māyā ». Comme Māyā, il voile la conscience et obscurcit la conscience du sujet individuel de son unité essentielle. Alors que le Vedānta non-dualiste soutient que Māyā est un principe indéfinissable qui donne lieu à l’illusion? cosmique de la multiplicité faussement superposée à l’unité indivisible de l’absolu?, selon à le shivaïsme du Cachemire, Māyā est le pouvoir de l’absolu d’apparaître sous diverses formes. La séparation entre sujet et objet est le produit d’un acte créateur et non d’une illusion :

La variété des sujets et des objets avec leurs différences caractéristiques est rendue manifeste par le pouvoir créateur du Seigneur, Qui les connaît.

La liberté créative (svātantrya) de l’absolu et sa puissance trompeuse de Māyā sont identiques. Quand le pouvoir de la conscience est reconnu comme l’expression spontanée de l’absolu manifesté dans la variété des formes qu’il assume sans compromettre son unité essentielle, il est vécu comme la vibration pure (spanda) de sa liberté. Si, toutefois, l’effusion cosmique (viśvollāsa) de la conscience se compose d’éléments divers et conflictuels, le même pouvoir s’appelle Māyā. Le champ d’action? de la liberté de l’absolu est le royaume de la conscience universelle, tandis que celui de sa puissance de Māyā est le monde? de l’existence? transmigratoire. La différence entre eux est basée sur le degré d’insight que nous avons dans la nature? de la réalité. En raison de ce pouvoir, l’objet semble être projeté en dehors du sujet même s’il est toujours manifeste en lui et qu’il est la réalité intérieure de l’objet. La création de la diversité est donc définie comme « la projection (kṣepa) de sa propre nature dans le Soi du Soi ». Abhinava Abhinavagupta
Abhinava
AG
Abh
Abhinavagupta (950-1020), maître du shivaïsme du Cachemire, aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.
explique :

La création est de faire ce qui brille à l’intérieur, manifeste extérieurement tout en conservant sa nature interne originelle. Par conséquent [l’objet] doit être rendu manifeste par celui par rapport auquel on dit qu’il est interne et qui rend l’interne manifeste à l’extérieur.

Inversement, la destruction momentanée du contenu objectif de la conscience se produit par un renversement du mouvement de l’intérieur vers l’extérieur. L’objet, en d’autres termes, n’est jamais détruit, mais simplement replié dans la réalité intérieure du sujet. Les enseignements du Spanda sont en accord avec la doctrine bouddhiste de la momentanéité seulement dans la mesure où il s’applique à l’objectivité extérieure. Bien que la perception et chaque occurrence phénoménale puissent être analysées en une série de moments (kṣaṇa), la vie quotidienne ne peut pas être entièrement comprise en termes de telles unités de moment. Le changement est une activité dans l’absolu qui ne peut être correctement comprise qu’en termes d’action consciente et non en tant que processus mécanique. Chaque acte fait partie d’un seul mouvement continu qui procède de l’agent — l’Être pur de la conscience introvertie — à son achèvement final dans le résultat, qui est l’objet ou l’acte (karya). La réalité extérieure du devenir est l’effet qui émerge de la cause, la réalité intérieure de l’être, tout comme l’action émerge de l’agent. C’est une vague d’activité qui découle du potentiel infini de l’agent. Chaque événement fait partie du plus grand rythme de l’événement cosmique total. Chaque objet fait partie de l’objet universel et chaque sujet partage l’action du sujet universel. Kṣemarāja écrit :

Ainsi, le Seigneur Shiva
Śiva
le Seigneur
Śiva e Śakti, Deus e seu Poder, formam uma unidade sem dualidade.
crée et détruit seulement l’aspect objectif du percepteur, c’est-à-dire le corps, etc., mais pas l’aspect subjectif qui est la lumière de la conscience « Je » car bien qu’incarné, le sujet est, en réalité, un Seigneur. Ainsi du deux — sujet et objet — ce dernier est périssable tandis que le premier est la liberté de conscience et immortel. Car même lorsque le monde est émané et absorbé [le sujet] ne vacille pas de sa vraie nature. S’il le faisait, l’émanation et l’absorption? du monde ne seraient pas manifestes [car il n’y aurait personne pour le percevoir].

Original

When the power of awareness gives rise to a sense of separation between subject and object with all the consequent limitations it imposes upon itself, it is called ‘Māyā’. As Māyā, it veils consciousness and obscures the individual subject’s awareness of its essential unity. While non-dualist Vedānta maintains that Māyā is an undefinable principle that gives rise to the cosmic illusion of multiplicity falsely superimposed on the undivided unity of the absolute, according to Kashmiri Śaivism, Māyā is the power of the absolute to appear in diverse forms. The separation between subject and object is the product of a creative act and not of an illusion :

The variety of subjects and objects with their characteristic differences is made manifest by the creative power of the Lord, Who knows them.

The creative freedom (svātantrya) of the absolute and its deluding power of Māyā are identical. When the power of consciousness is recognised to be the spontaneous expression of the absolute made manifest in the variety of forms it assumes without compromising its essential unity, it is experienced as the pure vibration (spanda) of its freedom. If, however, the cosmic outpouring (viśvollāsa) of consciousness is felt to consist of diverse and conflicting elements, the same power is called Māyā. The field of operation of the freedom of the absolute is the kingdom of universal consciousness, while that of its power of Māyā is the world of trans-migratory existence. The difference between them is based on the degree of insight we have into the nature of reality. Due to this power the object appears to be projected outside the subject even though it is always manifest within it and is the inner reality of the object. The creation of diversity is accordingly defined as ‘the projection (kṣepa) of one’s own nature into the Self from the Self’. Abhinava explains :

Creation is to make that which shines within, externally manifest while it still preserves its original internal nature. Therefore [the object] must be made manifest by that in relation to which it is said to be internal and which makes the internal externally manifest.

Conversely, the moment-to-moment destruction of the objective content of consciousness occurs by a reversal of the movement from inner to outer. The object, in other words, is never destroyed, but merely withdrawn into the inner reality of the subject. The Spanda teachings agree with the Buddhist doctrine of momentariness only insofar as it applies to outer objectivity. Although perception and every phenomenal occurrence can be analysed into a series of moments (kṣaṇa), daily life cannot entirely be understood in terms of such moment-units. Change is an activity? within the absolute which can only be properly understood in terms of conscious action and not as a mechanical process. Each act is part of a single continuous motion which proceeds from the agent—the pure Being of introverted consciousness—to its final completion in the result, which is the object or deed (kārya). The outer reality of Becoming is the effect which emerges from the cause, the inner reality of Being, just as action emerges from the agent. It is a wave of activity which rises out of the infinite potential of the agent. Every event is a part of the greater rhythm of the total, cosmic event. Every object is part of the universal object and every subject shares in the agency of the universal subject. Kṣemarāja writes :

Hence the Lord creates and destroys only the objective aspect of the perceiver, i.e., the body, etc., but not the subjective aspect which is the light? of ‘I’ consciousness because although embodied, the subject is, in reality, one with the Lord. Thus of the two—subject and object—the latter is perishable while the former is the freedom of consciousness and immortal. For even when the world is emanated and absorbed [the subject] does not waver from his true nature. If he were to do so, the emanation and absorption of the world would not be manifest [for there would be none to perceive it].


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