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ŚAṄKARA ON THE ABSOLUTE

Alston : l’ignorance

A ŚAṄKARA SOURCE-BOOK VOLUME I

mercredi 13 juin 2018

Extrait de l’Introduction (pages 64-66)

Français

Śaṅkara reconnaît que aux Upanishads Upanishad
Upanishads
Upanixade
Upanixades
, le Mahābhārata et les Purānas, la forme-semence non-manifestée de l’activité des différentes créatures est connue par une variété de noms collectifs différents, dont les principaux il cite : akkara, avidyā, avyākṛta, māyā, prakṛti, bīja, nidrā, tamas? et śakti. Ainsi, la graine non manifestée de l’activité et de l’expérience laissée par les actes des créatures dans les périodes-monde antérieures, qui évolue en partie dans le monde manifesté, peut être appelée avidyā ou nescience. Et dans ce sens spécial, le mot avidyā peut être synonyme des mots māyā, prakṛti et śakti. Pour la plupart des disciples de Śaṅkara, c’était le sens principal du mot avidyā, sanctionné par les Epics et Purānas et traçable çà et là dans les textes de Śaṅkara. Et il a longtemps été traditionnellement considéré comme étant ce que Śaṅkara lui-même entendait normalement par ce terme, d’autant plus que certaines œuvres qui font usage du mot en ce sens ont été attribuées à son nom. L’ignorance? (avidyā, ajñāna) a ainsi été établi comme un pouvoir (śakti) qui subit la transformation [64] ou l’évolution (parināma) pour assumer la forme des objets du monde, et la « surimposition? mutuelle » du Soi et du non-soi à travers laquelle l’âme individuelle s’imagine être limitée et liée est affirmée être le résultat de l’activité de ce pouvoir cosmique.

Si nous gardons strictement les propres textes de Śaṅkara, cependant, nous trouvons la « graine du monde » (jagad-bīja), ce nom non-manifesté traditionnellement connu sous différents noms tels que māyā, prakṛti, avyākṛta et d’autres, est lui-même une surimposition résultant de l’ignorance (avidyā-kalpita). Ce n’est pas que les surimpositions de l’individu dépendent de l’activité d’une puissance cosmique présidée par le Seigneur Shiva
Śiva
le Seigneur
. Au contraire, toute la notion d’un monde objectif? et d’un contrôleur divin qui le gouverne n’a de sens que du point de vue de l’expérience de veille d’une expérience individuelle qui elle-même dépend de la surimposition, comme nous le verrons.

Mais si l’ignorance consiste seulement dans l’incapacité d’appréhender le Soi dans sa vraie nature? suivie par la surimposition du non-soi et l’échec subséquent à discriminer le Soi du non-soi surimposé, qu’advient-il de la vision théiste traditionnelle mentionnée plus haut ? D’autres âmes peuvent-elles exister? ? Peut-il vraiment y avoir un monde extérieur au percepteur et un projecteur et un contrôleur divins, comme semblent le faire certains des textes védiques ? Pour comprendre l’attitude de Śaṅkara à ces questions, nous devons nous rappeler que pour lui la distinction entre le point de vue (dṛṣṭi) ou l’état (avasthā) de l’ignorance ou de l’ignorance du Soi et l’état de l’illumination (bodha) ou la connaissance? du Soi (ātma-vidyā) est fondamental. Dans l’état d’ignorance, tout ce qui est perçu est une réalité exactement dans la forme à laquelle elle est perçue, à moins qu’elle ne soit niée par une cognition correctrice. Mais quand l’ignorance est détruite par la discipline du Vedanta et la grâce du Maître illuminé, alors l’ignorant s’éveille à sa vraie nature en tant qu’Être et Conscience? infinis. Il n’y a donc plus aucune possibilité de surimposition, pas plus que l’on ne peut encore prendre une corde pour un serpent une fois que la corde a été clairement perçue comme telle. Un semblant d’expérience empirique peut cependant continuer jusqu’à la chute du corps physique ; dans cette phase, l’éveillé perçoit son état incarné, mais n’est pas trompé dans la croyance en la pluralité.

Original

Śaṅkara recognizes that in the Upanishads, the Mahābhārata and the Purānas, the unmanifest seed-form of the activity? of the various creatures is known by a variety of different collective names, chief of which he instances akṣara, avidyā, avyākṛta, māyā, prakṛti, bīja, nidrā, tamas and śakti. Thus the unmanifest seed of activity and experience left by the deeds of creatures in previous world-periods, which evolves in part into the manifest world, may be known as avidyā or nescience. And in this special sense the word avidyā may be synonymous with the words māyā, prakṛti and śakti. For most of Śaṅkara’s followers, this was the chief sense of the word avidyā, sanctioned by the Epics and Purānas and traceable here and there in Śaṅkara’s texts. And it has long been traditionally regarded as being what Śaṅkara himself normally understood by the term, particularly as certain works which make free use of the word in this sense have been ascribed to his name.6 Nescience (avidyā, ajñāna) has in this way been set up as a power (śakti) which undergoes transformation [64] or evolution (parināma) to assume the form of the objects of the world, and the ‘mutual superimposition’ of the Self and the not-self through which the individual soul imagines itself to be limited and bound is affirmed to be the result of the activity of this cosmic power.7

If we keep strictly to Śaṅkara’s own texts, however, we find the ‘seed of the world’ (jagad-bīja), this unmanifest name and form traditionally known by various names such as māyā, prakṛti, avyākṛta and others, is itself a superimposition resulting from nescience (avidyā-kalpita).8 It is not that the superimpositions of the individual depend on the activity of a cosmic power presided over by the Lord. On the contrary, the whole notion of an objective world and of a divine controller governing it makes sense only from the standpoint of the waking experience of an individual experience which itself depends on superimposition, as we shall see.

But if nescience consists only in failure to apprehend the Self in its true nature followed by superimposition of a not-self and subsequent failure to discriminate the Self from the superimposed not-self, what happens to the traditional theistic world-view mentioned above ? Can other souls exist ? Can there really be a world exterior to the perceiver and a divine projector and controller of it, as some of the Vedic texts seem to maintain ? To understand Śaṅkara’s attitude to such questions we have to remember that for him the distinction between the standpoint (dṛṣṭi) or state (avasthā) of nescience or ignorance of the Self and the state of enlightenment (bodha) or knowledge of the Self (ātma-vidyā) is fundamental. In the state of nescience, everything perceived is a reality in exactly the form in which it is perceived, unless and until it is negated by some correcting-cognition. But when nescience is destroyed through the discipline of Vedanta and the grace of the enlightened Teacher, then the ignorant one awakens to his true nature as infinite Being and Consciousness. There is then no possibility of any further superimposition, any more than one can again take a rope for a snake once [65] the rope has been clearly perceived as such. A semblance of empirical experience may, however, continue until the fall of the physical body ; in this phase the enlightened one perceives his embodied state but is not deluded into belief in plurality.


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