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ĪŚVARA PRATYABHIJÑĀ KĀRIKĀ OF UTPALADEVA

Utpaladeva : l’existence de Dieu

Verse 2

samedi 9 juin 2018

Français

Verset 2

Autre que la personne qui prend une entité insignifiante comme Soi, qui essaierait soit de nier ou soit d’établir l’existence? du Dieu Tout-Puissant qui existe éternellement, qui a le pouvoir indépendant de faire et de savoir, et qui est, en fait, le sien [réel] Soi ?

Commentaire

L’autorité parfaitement indépendante dans tout faire et connaître est la Divinité. L’autorité repose dans cette Conscience? infinie et pure qui brille comme le Soi de tout être et qui possède la capacité de faire et de savoir. Le Soi réel de tout être n’est donc autre que Dieu. Aucune personne sage, prenant la Conscience pure comme Soi, ne nierait donc l’existence de Dieu, parce que la Conscience est éternellement établie par elle-même. Les limitations apparentes imposées à un être humain? par ses corps grossiers et subtils - c’est-à-dire par sa forme physique et son esprit? finis - disparaissent dès qu’il réalise la vraie nature? de son Soi fondamental à travers une observation intérieure effilé et ferme, aidée par une conscience aiguë et super-vigilante.

Les penseurs qui prennent des substances insensibles comme le corps physique ou le système d’animation et de respiration ou le sens inné de la compréhension ou même le vide? du sommeil sans rêve ou toute autre chose? qui ressemble à l’une de ces entités comme leur Soi réel peut essayer de réfuter ou pour prouver l’existence de Dieu. Mais ceux qui ne connaissent que la Conscience pure comme leur Soi essentiellement réel ne se livreraient jamais à aucun de ces deux exercices intellectuels.

Les penseurs qui sont complètement athées dans leurs points de vue et nient l’existence de Dieu et d’Ātman?, le Soi, ne prennent que le corps physique comme leur Soi. Les penseurs semi-athées, y compris beaucoup de bouddhistes et de Sāmkhyas, nient également l’existence de Dieu en tant que contrôleur? suprême de l’existence phénoménale. Des penseurs comme le Nyāya-Vaiśeṣikas considèrent que Dieu est une autorité qui travaille selon les lois du destin et de la restriction (niyati), dont l’action? dépend du mouvement des atomes conformément aux lois de causalité. Ils n’acceptent pas Dieu comme une autorité absolument indépendante et le seul maître de tous les phénomènes?. Ils proclament également que le plus haut état d’accomplissement est une Je-Conscience absolument tranquille et inactive, dépourvue de toute activité? et fonction mentale, et considère cette condition comme l’état le plus élevé du Soi. Les Advaita? Vedatins n’admettent pas non plus l’activité ou le pouvoir de « faire » comme la nature d’Ātman, le Moi conscient. De tels penseurs essaient souvent de diverses manières, par la méthode philosophique, d’établir l’existence de Dieu.

Les partisans du monisme Śaiva, cependant, soulignant la réalisation intuitionnelle ainsi que la pensée philosophique, ne tentent ni de nier ni d’établir l’existence de Dieu. Prenant la Conscience plus fine, plus pure et plus puissante comme leur Soi et l’expérimentant comme la Réalité? toute-puissante, ils ne peuvent pas nier son existence éternelle. En le voyant déjà établi éternellement, en vertu de sa conscience toujours consciente de soi et infinie, ils ne ressentent aucune nécessité? de rétablir l’existence de Dieu par l’utilisation d’arguments logiques.

Que reste-t-il donc à proposer à travers ce nouveau traité philosophique sur le shivaïsme ? Cette requête est répondue dans le verset suivant.

Original

Verse 2

Other than the person taking some insentient entity as his Self, who would try to either deny or establish the existence of the eternally existent Almighty God, who has the independent power of doing and knowing?, and is, in fact, one’s own [real] Self ?

Commentary

The perfectly independent authority in all doing and knowing is the Godhead. Authority rests in that infinite and pure Consciousness that shines, as the Self of each and every being and possesses the capacity to do and to know. The real Self of every being is therefore none other than God. No wise person, taking pure Consciousness as his Self, would therefore deny at all the existence of God, because Consciousness is eternally established by itself. The seeming limitations imposed on a human being by his gross and subtle bodies—that is, by his finite physical form and mind—vanish as soon as he realises the real nature of his basic Self through a keen and firm inward observation, aided by a sharp and super-vigilant awareness.

Thinkers who take any insentient substances such as the physical body or the system of animation and breathing or the inner sense of understanding or even the void of dreamless sleep or anything else that may resemble any of these entities as their real Self may try either to disprove or to prove the existence of God. But those who experience pure Consciousness alone as their essentially real Self would never indulge in either of these two intellectual exercises.

Thinkers who are completely atheistic in their views and deny the existence of both God and Ātman, the Self, take only the physical body as their Self. Semi-atheistic thinkers, including many Buddhists and Sāmkhyas, also deny the existence of God as the supreme controller of phenomenal existence. Thinkers such as the Nyāya-Vaiśeṣikas consider God to be an authority working under the laws of destiny and restriction (niyati), whose action depends on the movement of atoms in accordance with the laws of causation. They do not accept God as an absolutely independent authority and the sole Master of all phenomena. They also proclaim the highest state of attainment to be an absolutely tranquil and inactive I-Consciousness, devoid of all mental activities and functions, and take this condition as the highest state of the Self. Advaita Vedāntins likewise do not admit activity or the power ‘to do’ as the nature of Atman, the conscious Self. Such thinkers often try in various ways, through philosophical method, to establish the existence of God.

The propounders of Śaiva monism, however, stressing intuitional realisation as well as philosophic thinking, neither attempt to deny nor to establish the existence of God. Taking the finer, more pure, and potent Consciousness as their Self and experiencing it as the all-powerful Reality, they cannot deny its eternal existence. Seeing it already established eternally, by virtue of its being the ever Self-aware and infinite Consciousness, they do not feel any necessity to re-establish God’s existence through the use of logical arguments.

What, then, remains to be propounded through this new philosophical treatise on Saivism ? This query is answered in the following verse.


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