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SPANDA-KARIKAS

Jaideva Singh : Spanda

The Divine Creative Pulsation

dimanche 3 juin 2018

Français

Spanda est un mot très technique de ce système. Littéralement, c’est une sorte de mouvement ou de battement. Mais appliqué au Divin, cela ne peut pas signifier un mouvement.

Abhinavagupta Abhinavagupta
Abhinava
AG
Abh
Abhinavagupta (950-1020), maître du shivaïsme du Cachemire, aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.
fait clairement ressortir ce point dans ces lignes :

Spandana signifie une sorte de mouvement. S’il y a un mouvement de la nature? essentielle du Divin vers un autre objet?, c’est un mouvement défini, pas quelque chose?, sinon, le mouvement lui-même ne serait rien. Par conséquent, Spanda est seulement un battement, un soulèvement de l’enlèvement spirituel dans la nature essentielle du Divin qui exclut toute succession. C’est la signification du mot Kiñcit dans kiñcit calanam qui doit être interprété comme « un mouvement pour ainsi dire ».

Le mouvement ou le mouvement ne se produit que dans un cadre spatio-temporel. Le Suprême transcende toutes les notions d’espace et de temps. Spanda, par conséquent, dans le cas du Suprême n’est ni un mouvement physique, ni une activité psychologique comme la douleur et le plaisir, ni une activité prāṇic comme la faim ou la soif. C’est le battement de l’extase de la Divine Je-conscience? (vimarśa). La Conscience Divine est un dynamisme spirituel. C’est la pulsation créatrice Divine. C’est le battement de la svātantrya de Śiva Shiva
Śiva
le Seigneur
ou de la liberté absolue.

Si Spanda n’est pas une sorte de mouvement, comment l’application de ce mot peut-elle être justifiée à l’activité du Suprême, car le mot Spanda signifie « un quelconque mouvement ? » C’est l’explication offerte par Abhinavagupta?.

Spandana signifie un quelconque mouvement. La caractéristique de « quelconque » consiste dans le fait que même l’immobile apparaît « comme s’il mouvait », parce que bien que la lumière de la conscience ne change pas le moins du monde, elle semble changer pour ainsi dire. L’immobile semble avoir une variété de manifestations.

Spanda est donc un dynamisme spirituel sans mouvement en soi mais servant de causa sine qua non de tous les mouvements.

La Conscience Divine Infinie Parfaite a toujours la vimarśa ou Conscience de soi. Cette conscience de soi est une activité subtile qui est un dynamisme spirituel, et non une activité physique, psychologique ou praṇique. Comme le dit Utpaladeva Utpaladeva
Utp
Utpala
Utpaladeva (« Seigneur du Lotus Bleu ») ou Utpalācārya (Xe siècle), philosophe shivaïte (śaivasiddhānta) du Cachemire, élève de Somānanda et maître de Abhinavagupta.
dans Īśvarapratyabhijñā :

Le Divin est appelé le Grand Seigneur (Maheśvara) à cause de sa Conscience de soi immuable et toujours présente (vimarśa). Cette conscience de soi dans sa liberté absolue constitue la connaissance? et l’activité Divine (śuddha — pure).

Spanda est seulement un autre nom de conscience de soi ou Vimarśa. Comme le dit Ksemarāja, Spanda connote aussi la svātantrya ou la liberté absolue du Divin (Bhagavataḥ svātantrya-śaktiḥ). Vimarśa, parāśakti, svātantrya, āiśvarya, kartṛtva, sphurattā, sāra, hṛdaya et spanda sont synonymes dans Śaivāgama.

Original

Spanda is a very technical word of this system. Literally, it is some sort of movement or throb. But as applied to the Divine, it cannot mean movement.

Abhinavagupta makes this point luminously clear in these lines :

“Spandana means some sort of movement. If there is movement from the essential nature of the Divine towards another object, it is definite movement, not some sort, otherwise, movement itself would be nothing. Therefore, Spanda is only a throb, a heaving of spiritual rapture in the essential nature of the Divine which excludes all succession. This is the significance of the word Kiñcit in kiñcit calanam which is to be interpreted as “‘movement as it were’.”

Movement or motion occurs only in a spatio-temporal framework. The Supreme transcends all notions of space and time. Spanda, therefore, in the case of the Supreme is neither physical motion, nor psychological activity? like pain and pleasure, nor prāṇic activity like hunger or thirst. It is the throb of the ecstasy of the Divine I-consciousness (vimarśa). The Divine I-consciousness is spiritual dynamism. It is the Divine creative pulsation. It is the throb of Śiva’s svātantrya or absolute? Freedom.

If Spanda is not any kind of movement, how can the application of this word be justified to the activity of the Supreme, for the word Spanda means ‘a somewhat of motion ?’ This is the explanation offered by Abhinavagupta.

“Spandana means a somewhat of movement. The characteristic of ‘somewhat’ consists in the fact that even the immovable appears ‘as if moving,’ because though the light? of consciousness does not change in the least, yet it appears to be changing as it were. The immovable appears as if having a variety of manifestation.”

Spanda is, therefore, spiritual dynamism without any movement in itself but serving as the causa sine qua non of all movements.

The Infinite Perfect Divine Consciousness always has vimarśa or Self-awareness. This Self-awareness is a’ subtle activity which is spiritual dynamism, not any physical, psychological or prāṇic activity. As Utpaladeva? puts it in Īśvarapratyabhijñā :

The Divine is termed the great Lord (Maheśvara) because of His ever-present, immutable Self-awareness (vimarśa). That Self awareness in its absolute Freedom constitutes Divine (śuddha— pure) knowledge and activity.

Spanda is only another name of Self-awareness or Vimarśa. As Ksemarāja puts it, Spanda also connotes the svātantrya or absolute Freedom of the Divine (Bhagavataḥ svātantrya-śaktiḥ). Vimarśa, parāśakti, svātantrya, āiśvarya, kartṛtva, sphurattā, sāra, hṛdaya, and spanda are synonymous in Śaivāgama.


Voir en ligne : SPANDA-KARIKAS